lundi 17 février 2014

40/52

A portrait of my children, once a week, every week, over a year

Lola: Parfois j'aperçois fugacement l'adolescente ou la jeune fille et mon coeur fait des bonds
Alma: Happy Camper

lundi 10 février 2014

39/52

A portrait of my children, once a week, every week, over a year

Lola: Déjeuner
Alma: Oooooooh

lundi 3 février 2014

38/52

 A portrait of my children, once a week, every week, over a year

Lola: Attitude
Alma: Curviligne

lundi 27 janvier 2014

37/52

A portrait of my children, once a week, every week, over a year

Lola: Serge Lama
Alma: Apprendre une douche

lundi 20 janvier 2014

36/52

 
A portrait of my children, once a week, every week, over a year

Lola: Le troisième oeil
Alma: Harmonica et chocolat

vendredi 17 janvier 2014

Malaise

Chers et chères Ministres,
Chers et chères concitoyens, concitoyennes,
Amis lecteurs,
Sombres inconnus,

Permettez que je prenne quelques lignes pour faire la donneuse de leçon, la travailleuse en colère et me payer le luxe d'une petite carte blanche toute personnelle. Je vais une fois de plus parler d'enfants, non des miens, mais ceux des autres. Peut-être le vôtre, celui d'une de vos connaissances, très certainement un enfant de notre société. Une société fort peu maternante et contenante. Serait-ce même poussif de dire une société maltraitante? Et si tel est le cas, nos politiques en sont les complices voire les responsables. Et font de moi une complice tout autant qu'eux en m'obligeant à exercer mon travail dans ces conditions.

Je l'aurais bien écrit sur le ton à Florence Forresti celui-ci (vous pensez bien que dans le social il y a matière à rire) mais parfois l'heure est grave. Et le cri désespéré.

Il m'arrive de lire les commentaires en dessous des articles de presse sur le net qui concernent mon secteur professionnel (je sais, c'est bête). Une fois la rage et la colère passées, je me sens terriblement triste de constater que ces commentaires stupides et parfois violents sont avant tout le reflet d'une méconnaissance complète du secteur de l'Aide à la Jeunesse et de ses arcanes. Difficile de jeter la pierre au quidam de service quand on peut se demander si la ministre en charge (celle-ci ou les précédentes à vrai dire) sait elle-même de quoi il s'agit. Un petit tour pour mourir moins bête?

Les Services d'Aide à la Jeunesse s'adressent aux nouveaux-nés, aux bébés, aux enfants, aux adolescents et à leurs parents, responsables premiers de ces chères petites têtes blondes, brunes, crépues, rasées, sales, pleines de poux ou fleurant bon les bonbons. Ces enfants et leurs familles traversent des difficultés plus ou moins graves voire sont en danger. Notre rôle est d'évaluer, orienter et coordonner l'aide vers les services ad-hoc. C'est une aide spécialisée ce qui signifie que cette intervention se fait lorsque les services de premières lignes ont échoué à répondre à ces drames du quotidien. Nous soutenons, encourageons, négocions cette aide parce que nous travaillons dans la collaboration. Point n'est question ici de forcer une aide dont les gens ne voudraient pas ou n'en comprendraient pas le sens. Il peut arriver qu'une situation de danger grave et imminent ne trouve pas d'issue favorable dans ce cadre. Le Tribunal de la Jeunesse et le SPJ peuvent alors prendre le relais à leur manière, par la contrainte, ce qui n'exclut en rien le dialogue. Cela peut être salutaire comme cela peut être un échec.

Pourquoi? Parce que le public, les gens, les familles ET les travailleurs sont humains. Aucun système n'est infaillible quand il touche à l'humain, notre nature est faite ainsi. Autrement dit les enfants battus peuvent être loyaux, les parents présentant des pathologies psychiatriques ne sont pas toujours dans la réalité du système qui les interpelle, que les priorités de la survie font parfois l'impasse sur l'éducation, le bon sens (mais pas le sens pratique) et entraînent ces personnes fragilisées vers des routes improbables à nos yeux. Il n'est jamais possible de prévoir les actes des uns et des autres. Nous pouvons anticiper mais cela reste de l'ordre de la supposition et de l'espoir. De l'ordre de la confiance aussi. Et dans la vraie vie il arrive qu'un enfant meurt à peine quelques heures après avoir été vu par son délégué. Et cela même quand toutes les procédures sont respectées et les dossiers à jour. Non, on ne peut pas retirer tous les enfants à leurs parents imparfaits au nom du principe de précaution. Et même si nous le pouvions, nous n'aurions pas les moyens de les prendre en charge (restons logiques à défaut d'être censés). Est-ce là la société que nous souhaitons? Un contrôle absolu de l'individu? Il faut accepter ce fait (ce n'est pas une idée mais une réalité): le risque zéro n'existe pas. Ce qui peut être changé ce sont les moyens octroyés aux services d'aide. De véritables aides comme des outils de travail, des équipes plus nombreuses, des places d'accueil, des réponses administratives moins lentes et pointilleuses, des remplacements. Pas en surnombre - nous ne sommes pas exigeants à ce point là - parce que notre aide n'a pas comme sens de colmater la brèche hémorragique. Enfin, ne devrait pas. Notre travail au quotidien dépasse très largement les compétences pour lesquelles nous prenons fonction. Nous courrons au delà de nos terres et suppléons au delà du suppléable.

Aujourd'hui les équipes sont fatiguées de travailler avec des sparadraps qui, vous vous en douterez, n'ont que peu d'effet sur l'hémorragie décrite plus haut. Elles sont fatiguées de travailler parfois sans aucune protection de loi ni de soi-même. Même en faisant l'impasse sur nos bobos personnels (burn out, turn over, remplacements qui n'arrivent jamais, ...) nous sommes parfois pris dans de ridicules questions pratico-pratiques. La réalité du terrain c'est bête à dire mais parfois c'est une imprimante pour vingt-cinq intervenants, pas de répondeur téléphonique, des difficultés pour obtenir un agenda, c'est le manque de feuilles pour écrire, le manque de papier dans les toilettes, c'est un ascenseur sur trois pour cinq étages. Ça et tout le reste. Les travailleurs sont eux-mêmes dans une situation précaire. Et malgré tout, mes collègues font un travail formidable, admirable et trouvent parfois des solutions inattendues mais des "solutions" parce qu'il n'est pas question de laisser tomber.

Vous aurez peut-être entendu parler de la grève de ce 17 janvier 2014. C'est une action un peu désorganisée dans son démarrage mais qui fait suite à l'intrusion (une nouvelle fois) dans notre monde de celui du judiciaire. Non pas que nous soyons au dessus des lois et si manquements il y a, ils doivent être mis en lumière. Ces irruptions ne sont sans doute pas nouvelles mais elles ont cette tendance à devenir de plus en plus récurrentes. Et elles laissent dans la bouche du travailleur un goût amer. Cette impression qu'une société décadente et démissionnaire se cherche un coupable et que ce coupable c'est nous. Ne pas nous donner les moyens de mettre en place des aides respectueuses, nous raboter le peu de moyens que l'on a encore et puis se tourner vers nous quand il faut s'assurer que nous ne sommes pas les responsables des actes des jeunes et des familles que nous suivons, c'est trop. Trop is te veel.

Aujourd'hui on expulse, on privatise, on rogne les budgets de l'enseignement, de la culture, des allocations familiales, du chômage, on stigmatise. Nous créons une précarisation financière, sociale et intellectuelle. C'est une politique globale de repli sur soi qui refuse d'assumer ses responsabilités et qui nous lâche. Faut-il le rabâcher encore et encore mais les enfants d'aujourd'hui seront les adultes demain. Hypothéquer leur futur c'est hypothéquer le notre. Faire l'économie sur le dos des parents serait tout autant une erreur qu'il convient de ne pas minimiser. Être un parent qui n'a rien à offrir ou à perdre c'est être un parent qui n'a rien à transmettre. L'humiliation, le rejet et l'enfermement ne sont pas des réponses à la souffrance.

On est pas sympas parce qu'on fait grève. On sanctionne notre public déjà fragilisé. Certes. Mais c'est un paradoxe qu'il va falloir assumer. Comment offrir une aide valable sans de véritables moyens pour la mettre en place? Respecter notre public c'est aussi se battre pour lui. Et pour nous. Et puis pour vous aussi. Nous partageons cette société. Si notre cause vous indiffère, pensez à vous-même alors. Demandez-vous qui s'occupe de vos moches, vos dingues, vos maltraités, vos délinquants en devenir, vos enfants abusés. Ceux que les politiques abandonnent chaque jour un peu plus. Et nous avec.

lundi 13 janvier 2014

35/52

A portrait of my children, once a week, every week, over a year

Lola: Reine des princesses
Alma: Princesse de la Reine

lundi 6 janvier 2014

34/52

 A portrait of my children, once a week, every week, over a year

Lola: Elle danse auprès de son arbre
Alma: Elle cherche le chat

mercredi 1 janvier 2014

Dans le sens contraire de la marche

 “Why fit in when you were born to stand out?”

Bienvenue 2014.  Non pas que 2013 ait été particulièrement pourri mais chargé, dense, intense et pas toujours dans le sens le plus agréable. Alors le changement, pourquoi pas? (avec ou sans mon accord 2014 est là à vrai dire). Ce n'est pas un jour sur le calendrier qui va tout y faire mais à défaut de bonnes résolutions que je ne tiendrai pas, je me rafraîchis la tête. Et Frais du jour va prendre un peu le large parce que sous la douche il y a une phrase qui s'est imposée à moi, "dans le sens contraire de la marche". Peut-être parce que souvent j'agace, je ne souris pas beaucoup à la fête et j'ai la critique facile. Il y a des gens qui pensent que je ne fais que râler et que je suis un peu méchante aussi. 2014 sera l'occasion de ne détromper personne. Surtout pas les gens qui m'aiment. J'irai à mon habitude, dans le sens contraire de la marche. Et si certains feront la soupe à la grimace, d'autres auront vite fait de s'apercevoir que ce sens n'est pas si contraire, tout comme moi. Tant qu'à y faire, c'est une petite résolution quand même.

lundi 30 décembre 2013

33/52

A portrait of my children, once a week, every week, in 2013

Lola: Les yeux noirs
Alma: Lecture matinale

Les derniers portraits de 2013, mais pas du 52 Project. J'ai décidé de poursuivre sur une année complète parce que 33/52 ça laisserait une impression de trop peu.

samedi 28 décembre 2013

Emergency Exit

“I like nonsense, it wakes up the brain cells. Fantasy is a necessary ingredient in living.”
Dr. Seuss
Juste au cas où certaines mères se sentiraient terriblement mal de ne pas chanter Joy To The World en torchant le moutard ou en cuisinant le traditionnel purée-steak haché en cette période de congés scolaires, j'écris ces quelques mots. Car bien que mon coeur fonde en contemplant ces deux merveilles de beauté et de vivacité que sont mes filles, ces moments Lila Pause sont entrecoupés de périodes de profond ras-le-cul où j'envisage très sérieusement de fuguer. J'aimerais que ce soit pour aller boire des mojitos bien tassés ou un blanc bien sec en grillant clope sur clope. Même pas. Il s'agit d'une fuite gratuite.

Parce que parfois j'ai envie d'avoir la paix. Ni cris, ni pleurs, ni réclamations, ni câlins, ni "bras", ni questions, ni miaulements - ça aussi. Parce qu'il m'arrive d'avoir envie de chier toute seule, la porte fermée.

Demain est un autre jour.

lundi 23 décembre 2013

32/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2013

Lola: elle réclame / Cowgirl en pyjama
Alma: elle griffonne / Miss mandarine

Extra spécial Noël, monochromes prises par le papa

vendredi 20 décembre 2013

Round Up #2 - chronique de mère

Petit tour d'horizon, plantée sur ma chaise, les yeux perdus dans le net. Mince, ça parle maternité, enfant et jouet. Plutôt de saison du côté de chez moi. J'oblige personne.

A year of parenting de Grant Snider est un clin d'oeil à mon sens plutôt juste en quelques cases sur ce que devenir parents change dans nos vies.

Echolalia  de Timothy Archibald est un remarquable projet documentaire, plutôt unique, entre un père et son fils autiste. Ce travail semble avoir été l'occasion pour ce père de construire des ponts entre lui et Eli, entrer dans son esprit et découvrir ce qui le fait vibrer. Ce travail n'est pas le simple shooting par le père de son fils mais une collaboration entre eux sur de brefs moments, programmés. L'un et l'autre on pu échanger  - à leur manière - autour de cette prise d'images d'Eli et des objets avec lesquels il entretient une relation fétichiste.

Toy stories  de Gabriele Galimberti est une chronique imagée des enfants et de leurs jouets à travers le monde. Une façon de prendre conscience de l'universalité du jouet, quel que soit la pauvreté ou la richesse, au travers du sens qu'il a pour l'enfant (la possession, la protection, le lien au parent, ...). Certains de ses autres projets photos valent le coup d'oeil.

Amazing parents ou comment des parents créatifs font rêver leurs enfants et marrer les plus grands.

Emily on Scary Mommy c'est un chouette billet sur le regard que les mères se portent entre elles, des plus rôdées sur les plus jeunes bien sûr (de qui se moque-t-on?). Mais Scarry Mommy c'était d'abord les chroniques personnelles d'une mère au foyer dont le blog est devenu avec le temps celui d'une communauté de parents unis autour d'une idée principale: la parentalité n'a pas besoin d'être parfaite! Aujourd'hui le site web permet aux mères de déposer des confessions de manière anonyme (The Confessional) sans que jugement il y ait (alleluia!). C'est bien sûr aussi un lieu d'échanges entre elles sur des sujets variés (les bébés agités, les plus grands regrets pré-maternité, les belles-mères insupportables et le reste) et le blog original, écrit par Jill (et d'autres auteurs) existe toujours.

Bump du blog The Food of Love est un coup de coeur. En fait ce blog entier est un coup de coeur mais je l'ai découvert avec cette histoire imagée de la naissance (preview à la sortie de son livre). Les sujets abordés me parlent et j'aime plutôt cette vision ouverte des questions touchant à la maternité.  

Clic!

mercredi 18 décembre 2013

31/52

A portrait of my children, once a week, every week, in 2013
Lola: son beau sapin
Alma: tranquille

mardi 10 décembre 2013

Madiba

Quand j'étais petite, j'ai hérité d'un tee-shirt. Il était déjà usé pour l'époque (on devait être début ou mi-80'), avec le contour de l'Afrique, colorée de jaune et vert avec des barreaux. Il y avait la tête d'un type un peu gros en travers et il était écrit "Free Mandela". J'ai porté ce tee-shirt de nombreuses années. Je me suis attirée de nombreux sourires en le portant. J'ai toujours adoré ce tee-shirt. Puis j'ai grandi, j'ai appris et je l'ai aimé encore plus. Le tee-shirt et l'homme.

Je me sens très affectée par son décès. J'ai cherché des mots pour partager ce sentiment mais ils m'échappent. C'est un peu confus. Et puis ce matin, en écoutant La Première j'ai su. En fait c'est Thomas Gunzig qui l'a su. Parce qu'à vouloir dire de belles choses c'est vrai qu'on s'emmêle les pinceaux et on fini par dire des conneries. Au plus simple, au plus efficace, car trop d'hommage tue l'hommage... (il ne faut pas avoir peur de cliquer, le lien ne mène pas à Robben Island).

Et pour ceux qui trouveront que cela manque de poésie, il restera toujours la lecture d'Invictus.

"Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade.
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul".

William Ernest Henley







30/52

A portrait of my children, once a week, every week, in 2013

Lola: "Saint Nicolas va m'apporter"... une robe de princesse pour me déguiser (et la tresse à Raiponce).
Alma: "Saint Nicolas va m'apporter"... une coccinelle pour bien rouler.

mardi 3 décembre 2013

pause café

 Un lundi matin. Je sors d'un entretien et je passe ma tête dans le bureau de ma collègue et amie. Elle sort juste de réunion. Ça va? Bof, je lui touche un mot de mon week-end où je pense avoir atteint la première marche du podium des mères de merde. Je lui raconte mon échauffourée dominicale avec ma smala. Bref. Et toi? Elle a sa petite mine. Bof. Dimanche c'était manifestement pas un jour terrible pour elle non plus. Elle me parle d'une cuillère qui a traversé la pièce et de sa colère à la hauteur de son découragement. Je lui raconte l'histoire d'un cartable rose qui un matin a traversé le salon. On descend à la machine à café. Un numéro 9 et un numéro dix. On sort prendre l'air. Elle est triste et pas tout à fait convaincue. Je crois pas qu'elle ait envie de partager le podium avec moi. On parle de réparation et d'être mère. Un peu des pères aussi. Une collègue nous rejoins. Vous parlez de quoi? Oh tu sais, les cuillères, les cartables, tout ça quoi. Ah oui, je vois. Chez moi ce sont les devoirs qui ont traversés la pièce. Et puis j'ai senti que je débordais et que c'était pas encore assez alors j'ai jeté ça et puis ça. Puis je l'ai balancée sur le palier. L'autre jour quand je suis passée chez son père il a vu ma tête et m'a proposé de la garder pour la nuit. Bonne idée. On rit un peu. On se lève. Deux collègues reviennent d'avoir été prendre une soupe (enfin je crois). Tiens vous parlez de quoi les filles? Ah ben justement... Je regarde l'une des deux et je lui demande si par hasard ça lui serait pas déjà arrivé de déborder un peu avec ses gosses (en fait je connais la réponse). Elle rit et répond "p***** ma fille l'autre jour mais je l'aurais encastrée mais c'est pas possible! Tu sais ce qu'elle m'a fait...". L'autre se marre "à fond!". Je n'ai pas entendu toute la suite parce qu'une joyeuse cacophonie régnait, "et mon fils alors... (...) et j'étais accroché à la baignoire de toutes mes forces... (...) et je lui ai dit...". On les entendaient encore rire quand on est sorties de l'ascenseur.

Hier, je crois, elle m'a dit que finalement j'avais raison. Ça n'excuse rien de ne pas être la seule à - parfois - être nulle avec ses gosses. Mais ça fait du bien de ne pas se sentir la seule. 

Ce matin, dans mon bureau, une jeune mère de 19 ans pleure. Elle veut confier son bébé à sa mère. Elle n'en peut plus, "c'est trop difficile, c'est trop de responsabilités vous savez, je n'y arrive pas et personne ne me comprend...". 
En fait, si.

Il n'y a pas de morale à cette histoire. 

lundi 2 décembre 2013

29/52

 A portrait of my children, once a week, every week, in 2013

Lola: elle aime le bain
Alma: elle aime le canapé

dimanche 24 novembre 2013

28/52


A portrait of my children, once a week, every week in 2013

Lola: Une enfant heureuse
Alma: Papillon


samedi 23 novembre 2013

Astro * shopping

...ou comment l'astrophysique me sauve (parfois) de folies dépensières inutiles. Et parce qu'il m'arrive parfois de brièvement penser à la finitude des choses, aux priorités et à mon compte en banque.

Il y a bien longtemps j'ai vu un reportage sur les planètes comme seul peut en diffuser France 5, Arte ou la RTBF aux heures creuses. Passionnant. Depuis, quand je pense aux étoiles, aux planètes, aux galaxies et aux univers, faut que j'aille piocher dans ma boîte d'Alprazolam. Je ne suis pas une scientifique de nature mais par contre je suis une grande angoissée.

Alors en substance le documentaire parlait de la création de l'univers, de son expansion et de sa fin avec la quasi certitude que notre planète sera avalée par une géante rouge. "En astronomie, une géante rouge est une étoile ayant évolué en dehors de la séquence principale, devenant ainsi géante.  Il est estimé que le Soleil deviendra une géante rouge d'ici environ 5 milliards d'années. La taille de notre étoile dépassera alors l'orbite de la Terre, le Soleil aura un rayon au minimum de 200 fois celui actuel"UNE GÉANTE ROUGE je disais donc. Bref on finira archi-cuits dans l'écrasante brûlure du soleil. En général je passe beaucoup de temps à tenter d'effacer de ma mémoire ce reportage. Sauf, je dis bien sauf, quand viennent les périodes critiques de dépenses inutiles. Il y a en a de plusieurs sortes parce que la tentation est aussi infinie que l'univers. Les moments rien, où la dépense est occupationnelle  (par exemple faire une balade en ville avec le bébé ou coincée à la maison avec le bébé et faire un tour sur le net). Les moments récompenses (où ma logique s'exprime à contre sens) quand j'ai passé une longue période à ne pas dépenser, à sagement économiser et que je prends conscience que j'ai bien plus que je ne l'imaginais sur mon compte en banque. Je me récompense de cette bonne fortune en la dépensant. Cette période est souvent suivie de la prise de conscience que ces économies étaient en vue d'un pépin qui ne manque pas d'arriver par la suite. Et last but not least les dépenses de fêtes (en foutre plein la vue, compenser les manquements de l'année, envie de faire plaisir, abondance).

En 2012, je m'étais épargné de grosses dépenses en vue de la fin du monde. Oui j'avais cette fois réfléchi à contre sens en ne dépensant pas puisque je n'en profiterais pas au lieu de dépenser à loisir en me disant que c'était là l'occasion ou jamais. Bien m'en prit, la fin du monde n'a pas eu lieu. 

2013 sent la fin et toutes les fêtes qui vont avec me titillent le portefeuille. Je vais donc allumer ma télé et espérer qu'ARTE rediffuse de passionnants reportages sur notre mini mini mini planète dans l'univers INFINI et autres thématiques économiques. Parce que finalement tout finira en cendres alors à quoi bon dépenser?

mercredi 20 novembre 2013

Image

France 2 un mardi soir, je regarde cette émission sur les nazis. Illustrations d'archives parfois peu connues. C'est une scène en noir et blanc avec ce drôle de rythme des images d'un autre temps. 30 secondes. Campagne un peu boisée, camp et barbelés. Une mère qu'on sépare de force de son enfant. Elle lui tourne le dos, il court derrière elle. Il est petit, 4 ou 5 ans. Elle se tourne vers lui, elle le repousse, le soldat la repousse. Elle s'éloigne à nouveau de son enfant et repart vers le groupe de femmes qui attend. L'enfant court vers elle. Coup de fusil, l'enfant tombe à plat ventre. Il est mort.

Elle avait l'air si froide cette mère en tournant le dos à son enfant. On ne voit pas son visage, on n'entend pas ses pensées ni battre son coeur. Il avait l'air si petit et si perdu ce garçon, courant derrière elle. On n'entend pas ses cris. Et ce soldait qui paraît immense. Ca m'a flingué ma soirée. 

mardi 19 novembre 2013

27/52

 

A portrait of my children, once a week, every week in 2013

Lola: on peut être ce que l'on veut, un peu de tout.
Alma: Pizza Party

samedi 16 novembre 2013

Conversations avec Lola # Le plan

- Ce serait bien mon petit chat de faire une petite liste de toutes ces choses qui te font envie, de regarder celles que tu préfères et puis de faire les lettres à Saint Nicolas et Père Noël.

- ...

- Il y a quelque chose que tu veux vraiment?

- ...

- Quelque chose comme...

- Les Monster High maman. Mais toi tu ne les aimes pas alors Père Noël il va pas les apporter.

- Hum... sans doute que non mon petit chat...

- Attends maman, j'ai un plan! (air de confidence, nez retroussé et doigt pointé)

- Un plan?

- Oui, tu vas voir. On va faire venir tout le monde tout le monde, tous mes papys et mes mamys et mes soeurs et mes amis et mes cousines aussi et tout le monde va se réunir au salon!

- Oh oh!

- Oui! Tu vas voir! Et on va tous parler.

- On va parler de quoi?

- On va parler que tu veux pas que j'ai des Monster High.

- C'est vrai.

- Et bien on va beaucoup parler. On parle bien hein, on ne crie pas. Et on parle, on parle que tu veux pas. Et puis tu vas réfléchir. Tu vas bien dormir pour réfléchir et quand tu vas te réveiller tu vas dire oui. Peut-être. D'accord maman?

- ...

- Celle avec les oreilles de loup et les dents hein! Parce que tu sais maman elles font peur les Monster High mais moi j'ai pas peur! Non, même pas peur.

- Maman va réfléchir 
(Phiiiiiiiiiiiiiiiil, va falloir qu'on parle de Noël et de la cohérence parentale!).

ps: oui oui, celle-là, à l'extrême droite. 









jeudi 14 novembre 2013

Ces gens là / Bonjour misère

Quand il arrive à mes parents de parler de mon travail, il arrive souvent qu'on leur dise: "quel travail difficile, quel courage!". Alors j'ai envie de répondre : "merci" (c'est mon métier, je suis payée pour). Quand il arrive à mes parents de parler de mon travail, il arrive souvent qu'on leur dise: "rien ne l'oblige à porter la misère du monde". Alors j'ai envie de répondre: "non, c'est vrai mais il faut bien que quelqu'un le fasse" (c'est mon métier, je suis - mal - payée pour). Et puis j'ajouterais bien que je ne le ferai pas toute ma vie non plus. Il ne faut pas se mentir, le social ça use.  

C'est vrai quoi, la misère du monde "c'est moche" comme dirait mon aînée. La misère a ça de certain, elle ne va pas en s'améliorant. Et la foi en l'être humain non plus. Si la misère a la noirceur d'un Ken Loach, elle n'en a pas sa poésie. Les gens pauvres, les gens malheureux, les gens maltraitants ne sont pas plus touchants que les autres. Ces gens là madame ils sont comme tout le monde, sauf qu'ils sont dans mon bureau. Ces gens là ne sentent pas bons, parfois même ils puent. Ces gens là ne comprennent rien à ce qu'on leur dit et n'en font qu'à leur tête, jusqu'au moment où il faudra briser leur coeur pour les aider. Ces gens là ne vous écoutent pas, ils savent. Ces gens là ont des tas de maladies et parfois c'est vraiment pénible de leur serrer la main. Ces gens là sont parfois bêtes, parfois tragiques et parfois pathétiques. C'est parfois difficile de démêler la misère sociale de la misère intellectuelle. Parfois ce n'est pas possible et c'est évident de pourquoi. 

Je ne suis pas indifférente, je me protège.

Quand les gens (les autres, dit fonctionnels) se demandent comment on peut faire ce métier, ce qui me vient à l'esprit c'est que je ne sais pas. Je me poserais plutôt la question de savoir comment font tant de gens pour tourner le dos à la misère et s'endormir paisiblement. Ce qui est sûr c'est qu'un travailleur social ça ne manque pas d'humour ni de second degré. Ça ne manque pas de recul non plus.

L'horreur (qui fait frissonner les bonnes gens) n'est pas toujours là où l'on imagine et sa gradation est surprenante. Se taire quand on a envie de hurler, avoir envie de partir en courant avec les bébés, de sauver les familles du système qui s'apprête à les broyer (et savoir que nous en sommes les premiers rouages), douter, être lassé par les situations qui se répètent, les familles qui se déchirent, les enfants placés, en faire trop ou pas assez et cette mauvaise foi crasse (est-ce vraiment ça?). Mentir, toujours mentir parce que les solutions existent mais qu'elles ne sont pas à disposition. Et puis parce que travailler avec l'être humain rend ce travail incertain du début à la fin. Ça s'appelle l'insécurité. Et à tout moment on peut être poursuivi pour ne pas avoir fait ce qu'il faut. Oui mais, on ne peut pas imposer aux gens de faire ce que l'on veut. Ça s'appelle le paradoxe de la collaboration. 

Alors non, je ne suis pas obligée de le faire ce métier. Et au-delà des considérations matérielles - gagner ha! sa vie - il faut bien que quelqu'un se préoccupe de ces gens là. Je peux arrêter demain et ils seront toujours là. Je peux continuer encore longtemps et il y aura tous ceux que je ne connaîtrai pas et que je n'aiderai pas. Je ne sauverai pas le monde mais est-ce pour ça que je ne dois pas y contribuer? Là maintenant, il y a ceux avec qui je travaille et si une de mes actions peut porter ses fruits alors je pourrai dormir un peu plus tranquille. Dans un monde égoïste. Moi.

mercredi 13 novembre 2013

Hashimoto mon amour

You sometimes think you want to disappear,
But all you really want is to be found

C'est un coeur chiffonné, en boule, comme du papier froissé qu'on ne cesserait de serrer, encore et encore, sans pitié. Cette terrible sensation que rien ne vous tient plus. Partout où le regard se porte il semble que rien ne puisse l'accrocher, personne ne puisse vous approcher. Cette peur que cela ne finisse jamais ou que tout soit fini.

Les journées s'écoulent et rien ne vient les bousculer. Tout y est à l'arrêt. Tout y est gris. Presque calme s'il n'y avait cette étrange panique. Assise au milieu d'un tourbillon, sans parvenir à attraper les chants et les cris alentours. Voir les papillons et pleurer quand même. Sans savoir pourquoi, se sentir prisonnière. Retenir les parois de la boîte et se demander comment respirer. Le poids d'une pierre qui tombe. Et puis, il n'y a plus d'envie. Si ce n'est ça, c'est quoi alors? Se rouler en boule, pour se tenir chaud.

La fatigue. Une terrible ennemie. Une sensation indescriptible qui vient du tréfonds du corps et que rien ne semble pouvoir soulager. Comme une substance gluante qui vous retient, vous emprisonne, vous isole aussi. Rien ne l'apaise, pas même les heures de solitude à contempler le vide. Pas même les heures de sommeil qui ne réparent rien, qui comblent l'ennui et une certaine déprime. De la langueur à n'en plus finir et du chagrin aussi.

Ruminer. Attendre. Ne pas supporter. Se sentir frustrée. Avoir envie de courir, bouger, hurler et même pour ça être trop épuisée. Tout ce temps tellement rêvé et ne rien pouvoir en faire. Avoir mal, sentir son corps qui nous trahit. La peur qui remplace doucement les mots et nous rend muette d'effroi parfois. Et toujours cette solitude dont on ne veut pas mais qu'on fait semblant de faire sienne pour se résoudre à ce sentiment qu'on va disparaître.

A peine pouvoir être mère, être parfois un monstre. Ne pas se reconnaître, se faire peur et faire peur aux autres. De la honte, de la confusion, de la stupeur. Des mois en vrac.

Du temps pour guérir et pouvoir mettre des mots. Une occasion d'exorciser les peurs, la mort, la maladie, la colère, le ras-le bol. Parce que malgré tout, tout ce temps je n'ai jamais cessé de me dire, même confusément, parfois désespérément, "un jour ce sera derrière toi". Bientôt, oui bientôt ce jour là.

lundi 11 novembre 2013

26/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2013
Lola: coin cuisine
Alma: you're talking to me?

lundi 4 novembre 2013

23-24-25/52

a portrait of my children, once a week, every week, in 2013

Transition/ un déménagement et quelques semaines de retard plus tard

Lola: My Little Pony/ Des larmes et des rires/ les bonnes vieilles habitudes
Alma: Elle aime rire/ Une nouvelle maison/ Puzzles  

mardi 15 octobre 2013

22/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2013

Lola: Halloween est à la porte
Alma: Passion Cuisine

lundi 7 octobre 2013

21/52

A portrait of my children, once a week, every week, in 2013

Lola: elle a le portage maternel
Alma: elle a le lever-de-sourcil maternel

mardi 1 octobre 2013

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A portrait of my children, once a week, every week,  in 2013

Lola: absorbée
Alma: vie sauvage