lundi 23 septembre 2013

...

"Tu n'écris plus?".

Si j'écris, encore, beaucoup. Des tas d'ébauches, d'idées et de petites réflexions mais qui ne sortent pas. Et il y a eu la maladie cette année. Et ça n'a plus été possible. Parce que pendant longtemps les doigts n'ont plus eu la force de presser les touches. Et il n'y a plus eu d'envies. Et puis le doute aussi. Ecrire quoi et pour qui? Il y en a qui écrivent si bien, qui sont plus malins, plus drôles, avec une orthographe plus respectueuse de la langue française, plus informés, plus précis. Le gros doute quoi. Et puis. De nouveau cette envie. Parce que je vais mieux. Parce que j'en ai besoin et que dans le fond on se fiche un peu - je me fiche un peu - de savoir si c'est bon ou pas ces mots jetés là comme ça. Cette année il y a eu la maladie mais il y a eu aussi une belle enfant qui est née et des émotions comme jamais. Des morts aussi. Des avis et des critiques. Des gens méchants et des gens bien et des tas de gens qui ont été bien silencieux. Finalement cette solitude - forcée - elle a permis de mettre ce flot de sentiments de côté. Malgré moi. Pour une fois de ne plus être envahie, à défaut d'être apaisée. C'est drôle d'écrire ça à l'automne mais c'est un peu le printemps dans ma tête. Il y a des mots qui viennent, encore tout bas, encore doucement mais ils arrivent. Et ça me fait du bien. De me retrouver.

dimanche 22 septembre 2013

17-18-19/52







"a portrait of my children, once a week, every week in 2013"

Alma: Elle a eu un an.
Lola: Elle se cache, elle ne veut plus que sa maman la prenne en photo.
Alma: Elle mâchonne, tout.
Lola: il y a des jours où la robe pâquerette est indispensable pour regarder Scooby Doo.
Les soeurs: font la paire.

Mise à jour de ces dernières semaines. The 52 Project n'était en rien abandonné mais mon disque de démarrage - plein à craquer - ne permettant plus de décharger mon flux délirant de photo, il a fallut attendre l'intervention salvatrice d'un disque externe. Merci mon père!

vendredi 6 septembre 2013

16/52



"a portrait of my children, once a week, every week, in 2013"

Lola: elle lit au coin, son coin.
Alma: plaine de jeux, elle ne mange presque pas de sable, presque.

lundi 26 août 2013

15/52


A picture of my children, once a week, every week, in 2013

Lola: de longs cheveux sauvages, qu'elle veut couper
Alma: de petits cheveux d'une couleur indéfinie, si doux à laver.

dimanche 18 août 2013

14/52



"a portrait of my children, once a week, every week, in 2013"

Lola: C'était long une semaine sans elle, c'est si bon de l'entendre raconter ses histoires.
Alma: C'est pénible les poussées dentaires

jeudi 15 août 2013

11-12-13/52




 

"a portrait of my children, once a week, every week, in 2013"

Beaucoup de retard. Vacances et connexions Internet erratiques oblige.

Lola: Elle est douce / Elle me coupe le souffle
Alma:  Je m'y perds / Son petit coin, discrètement
Les soeurs : se rapprochent, se découvrent, s'apprivoisent, s'aiment, chaque jour un peu plus.


lundi 22 juillet 2013

10/52




"a portrait of my children, once a week, every week, in 2013"

Lola: à l'eau
Alma: au frais


Week 29/52 Portraits of my Children at Che and Fidel

lundi 15 juillet 2013

9/52


 

"a portrait of my children, once a week, every week, in 2013"

Lola: elle regarde Les Zouzous en attendant son Papet, prête pour une semaine de vacances
Alma: ses yeux bon sang! 

(Alma est photographiée par son père)
Week 28/52 Portraits of my Children at Che and Fidel

lundi 8 juillet 2013

8/52


"a portrait of my children, once a week, every week, in 2013"

Cette semaine les portraits ont été réalisés par le père - nouvel appareil oblige.  Elles sont belles dans ses yeux.

Lola: elle sourit à son père
Alma: elle ne s'arrête jamais

Week 27/52 Portraits of my Children at Che and Fidel

dimanche 30 juin 2013

7/52



"a portrait of my children, once a week, every week, in 2013"

Lola: elle adore ses pinces Petits Poneys
Alma: elle grimpe

Week 26/52 Portraits of my Children at Che and Fidel

lundi 24 juin 2013

6/52



"a portrait of my children, once a week, every week, in 2013"

Lola: elle boudait
Alma: elle n'était pas très en forme

Week 25/52 Portraits of my Children at Che and Fidel

lundi 17 juin 2013

5/52


 

"a portrait of my children, once a week, every week, in 2013"

Lola: elle saute, elle rit
Alma: elle découvre, elle chipote

Week 24/52 Portraits of my Children at che and fidel

dimanche 16 juin 2013

The witching hours

"With a modern literal meaning of "midnight," the term witching hour refers to the time of day when supernatural creatures such as witches, demons, and ghosts are thought to appear and to be at their most powerful and black magic to be most effective. It may be used to refer to any arbitrary time of bad luck or in which something bad has a greater likelihood to occur (e.g., a baby crying, or a computer crashing, or stock market volatility)". Ainsi parle Wikipedia. 

Il y a dans la vie d'une mère deux heures particulièrement sacrées et particulièrement pénibles, entre 17h et 19h. Le 5 à 7. Pas le 5 à 7 de l'Happy Hour où se saouler est à la portée de tous (et encouragé). Même s'il y a un peu de ce genre d'effet, pour une chialade de ton moutard et ben tu peux avoir les deux qui chialent en même temps. Tu peux même si tu veux pas. Ni le 5 à 7 où tu t'envoies ton amant. C'est d'ailleurs celui là qui t'as conduit à ce 17 à 19, deux enfants plus tard (si l'amant est ton mec bien sûr - si ton amant est le père mais pas ton mec n'en dit pas plus, je n'ai pas le temps). Pas de regrets, juste un souvenir, lointain. Très lointain. Il existe donc un 5 à 7 des mères. Il ne faut pas avoir des enfants particulièrement pénibles pour savoir de quoi il s'agit. La recette du cocktail explosif: des enfants en fin de journée feront l'affaire, un père qui travaille, une mère (qu'elle travaille ou pas). En fait les protagonistes de tous les jours. En somme, un cauchemar à la portée de tout un chacun.

Je me suis demandé l'autre jour avec une amie/mère (je ne suis pas seule!) ce qu'on faisait de notre temps avant d'avoir des enfants. Impossible de nommer une activité quelconque mais je peux assurer que j'avais le sentiment de ne pas avoir assez de temps. Ha. Mince, je me foutrais des claques. A part faire les courses (et encore), faire le linge (parfois), qu'est ce que j'avais à foutre d'autre que de boire et fumer, me taper une bonne bouffe et mon mec (pas forcement dans cet ordre). J'avais tout mon temps. Mince (oui ça aussi je l'étais). Je me rappelle d'une chose tout de même, je me faisais la réflexion, "qu'est-ce que je foutais quand j'étais à l'école", que je n'avais rien à prendre en charge ni à assumer, juste à traîner mes guêtres de 8h10 à 16h10 grand max à l'école. Tiens, c'est intéressant, à chaque stade de ma vie, je me rends compte que je glande de moins en moins. Quelles conclusions tirer pour les années encore à venir?

Bref, je m'égare (j'ai un peu de temps, tandis que je tapes ces lignes mes deux filles et leur père font la sieste, je suis presque en vacances). Donc. Durant ces deux petites heures (qui semblent durer un siècle) plus rien ne compte. Nez dans le guidon je m'attelle à mon rôle de mère. La partie la plus prenante: ne pas perdre son sang froid pour ne pas finir roulée en boule dans un coin de la cuisine, occupée à jeter des coquillettes aux enfants, en espérant qu'ils ne me dévorent pas toute crue d'ici le retour du père et en pleurant qu'on ne m'y reprendra plus à faire des enfants (puisque j'en ai deux, je n'ai manifestement tiré aucune leçon de ma première maternité). Non non, les coquillettes c'est dans l'assiette et avec une cuillère, je suis une mère trop au top! (Ça n'a l'air de rien dit comme ça et pourtant).

Oui parce que pour ceux qui n'ont pas d'enfants, ces deux heures peuvent paraître anodines. Ce sont d'ailleurs ceux qui vous appellent à ces heures là: "je te déranges pas?". Si à mort! Mais je décroches quand même pour avoir le sentiment de ne pas être seule au milieu de la tempête. Et puis de toutes façons le coup de téléphone ne s'éternise jamais, entre les coquillettes et la purée de légumes, une mère est fort peu à l'écoute des problèmes ou des bonheurs de son entourage. Et l'entourage sans enfants se lasse vite d'être interrompu 12 fois dans sa phrase par des : "non pas comme ça, rends ça à maman, attention à ton verre, laisse ta soeur tranquille, ...". A moins que la sus-dite personne soit en recherche d'une vie de famille virtuelle, ce dont 5 minutes plongée dans la vie en question la dégoûteras à jamais d'en avoir une à elle.

Entre 17 et 19 les enfants sont fatigués, ils sont sales, ils sont SURexcités, ils ont envie de maman, de bonbons, de papa, d'une surprise (et pas d'un cadeau comme dirait mon aînée, notez la subtile nuance). En hiver ils veulent aller à la plaine de jeux qui est fermée, en été quand le soleil brille ils veulent un dessin animé. Et souvent, très souvent, cette joie qui vous envahi à l'idée de retrouver votre merveilleuse progéniture après ces quelques heures de séparation fait place à la réalité, vos enfants ne sortent pas d'une publicité des années cinquante sur le bonheur familial. Vos enfants sont des humains qui ne répondent à aucune télécommande. Vos enfants sont ce qu'ils sont. Il devient possible alors que le moindre événement génère de titanesques crises de larmes ou de colères sans que le bon sens ait quelque chose à y voir. J'illustre: descendre à l'arrêt de tram habituel, la chute des feuilles en automne, le chat qui dort sur le radiateur comme tous les jours, la compote à la mangue et pas à la fraise choisie par l'enfant lui-même. Etc. Des choses essentielles et puissantes ça c'est une certitude.

Bien sûr comme je suis une bonne mère - comme toutes les autres mamans - je garde toujours mon calme. Férue de Dolto et de Proximal attachement je suis à l'écoute de mes enfants. Je les comprends. Je suis patiente et j'endure ces heures avec le sourire figée de la mère extasiée devant la créativité de sa progéniture (pleurs en tadem, vomis en cascades, demandes farfelues/délirantes). Je m'éclate! J'assume! Et je compte les heures, les minutes, les secondes qui me séparent encore du père (dès 18h je passe appels sur appels de manière frénétique, hurlant de mon ton le plus calme OU ES-TU? QUAND RAMENES-TU TA G***?. Car oui bien sûr, il y a une autre certitude pour réussir ce cauchemar éveillé, c'est l'absence du père. Le père, cette figure d'autorité, travaille. Lui. Il a des réunions/des courses/une maîtresse (votre 5 à 7 n'exclut en rien le sien)/d'autres priorités. Et bien sûr lorsqu'il rentrera et vous trouvera à moitié échevelée, l'oeil hagard, répétant un discours incohérent au sujet de coquillettes, il ne comprendra pas. Ce qu'il verra? Les regards heureux de ses enfants. Il les prendra dans ses bras, les embrassera et hop! "Tu vois, il suffit de ne pas s'énerver...".

Il a des solutions pour survivre! Mais oui bien sûr! La première étant de ne pas se demander 6 secondes avant l'heure fatidique du repas quoi préparer à manger (tout de même, je ne nourris pas mon Elfe exclusivement à la coquillettes-jambon). C'est un point sur lequel j'ai plutôt tendance à échouer lamentablement. Il faut bien que mon organisation psycho-rigide ait une faille. En cas de tragédie, j'ai entendu dire par une mère qu'elle avait finalement mis sa fille au jardin "pour qu'elle prenne l'air" (quel spectacle pour le reste de la fratrie!). Attention hein, pas côté rue ni en hiver sinon les voisins pourrait vous dénoncer aux services sociaux (ha!). Je connais une autre mère qui a finalement compris que rentrer vite c'était accélérer le processus donc maintenant elle traîne/fait les courses. C'est parfois coûteux en chaussures (pas à l'usure mais à l'achat évidemment). Sinon il reste les sms de survie (pour ça il faut se trouver une mom-friend et se tenir informée de nos succès respectifs à chaque 15 minutes écoulées). Il y a bien sûr la nounou. Beaucoup plus coûteux encore que les magasins et finalement à vaincre sans péril on triomphe sans gloire (j'adore cette citation, je la placerais bien toutes les trois lignes). La plus simple mais très extrême est simplement de ne pas faire d'enfants. Ou d'être un père.

Que les foules se rassurent, c'est trop de la balle la vie de famille, c'est juste que durant ces deux heures là le bonheur peut être difficile à percevoir ou à comprendre. Venez à 20h, les enfants sont couchés (ils sont toujours très beaux à ce moment là) et les parents sifflent l'apéro -  nécessairement alcoolisé - de manière très décontractée. Et pour les très angoissés, oui bien sûr que j'aime mes enfants. J'ai même eu la chance de ne pas faire partie de ces mères qui doivent faire face aux pleurs de coliques et aux "décharges" du stress de la journée (enfin ça un peu mais si peu). Tous les retours scolaires (ou même les 5 à 7 du week-end) ne sont pas un enfer. Mes filles sont des charmes et le babillage de mon aînée dans le tram fait sourire nombres de mes co-voyageurs. Bien sûr que le "drame" peut aussi prendre sa source dans mon humeur et ma fatigue. Mais que serait le monde si l'on ne pouvait blâmer les autres pour ses propres soucis. Pour ma défense, déjà avant d'avoir des enfants je n'aimais pas ces heures. Entre chiens et loups. Il y a quelque chose dans l'atmosphère de presque mélancolique. Entre une joie intense et une tristesse rêveuse. Sauf que maintenant il n'est plus question de se la jouer madame Bovary, tout en langueur et grosse paresse. En avant marche, le sein, les dessins animées, les jeux de sociétés, les bains, les drames, les coquillettes, les carnets d'avis, les bobos, les questions existentielles, les câlins. Car oui, au milieu de ce chaos arrive souvent cette douce phrase: "un câlin maman".

Courage. 2 heures. 120 minutes. 3600 secondes.

lundi 10 juin 2013

4/52



"a portrait of my children, once a week, every week, in 2013"

Lola: elle a dansé le twist
Alma: elle s'est mise debout, un peu


Week 23/52 Portraits of my Children at che and fidel

dimanche 2 juin 2013

3/52


"a portrait of my children, once a week, every week, in 2013"

Lola: elle attend, parfois sagement
Alma: elle est au taquet

Oui c'est flou. C'était aussi un moment terriblement bon avec les soeurs D. C'est une histoire de souvenir non?

 Week 22/52 Portraits of my Children at Che and Fidel

lundi 27 mai 2013

2/52



"a portrait of my children, once a week, every week, in 2013"


Lola: elle aime les poneys
Alma: elle aime Lola



Week 21/52 Portraits of my Children at Che and fidel

jeudi 23 mai 2013

1/52



"a portrait of my children, once a week, every week, in 2013"

Lola: elle a des chaussures rouges
Alma: elle a des yeux bleus



Cette semaine j'ai eu envie d'accrocher mon wagon au train du 52 Project (A Portrait a Week). J'aime cette idée de prendre mes enfants en photos chaque semaine, pendant un an. Il n'y a rien à gagner si ce n'est le plaisir de se tenir à cet engagement et dans 52 semaines de regarder ce journal imagé. Ces derniers mois ont été pour moi plutôt chaotiques et j'ai parfois le sentiment que mes souvenirs sont un peu flous. Ce projet est aussi une manière de me rappeller tout le bon de ces premiers mois à 4, de ces premiers mois avec l'Elfe et la Grenouille.

J'ai évidemment - à peine - 20 semaines de retard (le projet commence en janvier) mais quelle importance? Ci-dessous le lien vers le blog de Jodi, la locomotive du projet 2013.
Week 20/52 Portraits of my Children at Che and Fidel

mercredi 22 mai 2013

Jugement (mais pas le dernier)


Souvent, je me sens obligée de me justifier d'un choix que je fais en matière de maternité. Ou je me sens coupable de faillir à mes devoirs amitico-publitico-relationnels. Ca tient beaucoup à ma nature anxieuse, un peu aux cons qui m'entourent. Parfois j'ai envie de me foutre une claque. Ce que mon mec, ou une amie, se charge de faire - virtuellement on s'entend, au travers d'une parole simple et directe du style "mais tu t'en fous de ce que pensent les gens". C'est vrai, je devrais m'en foutre mais on sait combien, en bon animal social, il est difficile d'ignorer le regard (et le jugement) de l'autre.

Alors je vais m'offrir ce petit moment d'auto-justification, un peu de gratification (nous ne sommes jamais mieux servis que par nous-mêmes) et peut-être permettre à d'autres de mieux se sentir soit parce qu'ils réfléchiront avant de juger, soit de se sentir moins seules dans ce quotidien troublant qui est celui d'une mère.

J'ai longtemps cru qu'il était possible - pour moi - d'être une mère, une femme, une amie qui assurerait sur tous les plans et que si j'avais - aux dires de certain(e)s - un peu foiré sur ce coup là après ma première grossesse, j'allais faire mieux cette fois. Autant le dire de suite, j'ai juste persévéré dans ce que j'étais, avec une différence majeure, j'ai pris conscience de ce que je faisais. Et contrairement à ce que j'avais cru lors de mon congé de maternité de l'elfe, j'ai bien fait. Je suis une mère, une femme et une amie.

J'ai mis plusieurs années à comprendre que d'être ces trois femmes pouvait se faire en même temps. Là où était mon erreur, c'était de croire que ce "en même temps" devait être permanent. Quand j'allaite ma fille, je n'ai pas besoin d'être sexy ni d'être une amie à l'écoute. J'allaite ma fille. Hop hop, je remballe mon sein, je fais faire le petit rot, j'essuie le trop plein et je peux être disponible pour les autres, ou pas. Je peux être chacune de ces femmes tour à tour, parfois même deux d'entre elles en même temps et si vraiment le temps le permet, les trois à la fois (mais là vraiment faut que la conjonction des astres soit très favorable). Pas la peine d'objecter que je suis tout le temps les trois, oui c'est vrai aussi mais mon propos est de souligner qu'il y a toujours une de ces femmes qui prend le dessus sur les autres (à la plaine de jeux couverte je ne peux être qu'une mère juive et c'est vraiment pas le moment de me parler de vos problèmes parce que je suis perpétuellement au bord de l'attaque cardiaque devant ce que certains appellent des jeux et moi des "accidents en puissance" - Bref, j'ai déjà parlé de ma nature anxieuse).

Cette question me tient particulièrement à coeur parce que je la pense être au coeur de nombres de difficultés aujourd'hui pour les femmes à savoir qui elles sont et à pouvoir s'épanouir pleinement. Il y a encore une énorme fracture dans le combat entre la femme libérée (de quoi?) et la mère (prisonnière, de qui?). Cette fracture est source de souffrance ou de questionnement pour beaucoup d'entre nous, rendant nos choix parfois fort dissonants, entre coeur et raison, poussées par la société à devoir "bien faire". Oui mais c'est qui cette société qui va nous dire ce qui est bien?

En fin de congé de maternité puis parental (rien que ces deux types de congés sont des paradoxes en eux-mêmes) pour ma grenouille je n'ai pu m'empêcher de jeter un coup d'oeil dans le rétro et de tirer quelques conclusions sur ce que j'ai fait de mon temps. La première chose qui me frappe c'est qu'avec autant de mois devant moi après mon accouchement j'avais des idées plein la tête et des projets à vous retourner les placards. Dans la réalité: que dalle! Et dans le peu de temps qui me restait avant l'entrée en crèche et le retour au boulot - quand j'ai pris conscience du temps écoulé - j'avais pas envie de le passer à faire du réassort de mes gardes robes. Autant pour mes projets de tri, renvoyés à ce qu'ils sont, mes éternelles promesses jamais tenues à mon moi psycho-rigide. Dans la réalité, ma vie s'est mise a tourner - exclusivement - autour de cette petite grenouille aux yeux de schiste.

Et c'est là que ça coince. Avec tout ça, j'ai mis de côté mes sorties, j'appelle moins mes potes, je ne vais plus aux concerts pour le moment, ni aux spectacles. Je trouve qu'avec un nouveau né puis un tout petit ce n'est ni respectueux de son confort ni du mien. Si vraiment je dois le faire, dans ces moments là je me sens obligée, je me mets beaucoup de pression, je ne profite de rien et l'osmose avec mes filles les rendant totalement perméables à cet inconfort, ça tourne casaque. Bref, je passe des moments dégueulasses, tout ça pour faire bien, pour faire semblant que ma vie n'a pas changée depuis leurs naissances respectives et que je continue "comme avant". Oui, sauf que pour moi c'est pas "comme avant". Ce qui pose problème? Pas la sortie, pas l'enfant, non comme d'habitude c'est le qu'en dira-t-on" des biens pensants. J'ai voulu plaire à l'autre et prouver que je suis cap'! Entreprise vouée à l'échec puisque ces sorties ne seront bien sûr pas assez récurrentes ou de qualité, parce que parfois elles sont annulées pour cause de maladies infantiles ou de fatigue majeure et que franchement quand tu en es réduite à vouloir prouver quelque chose qui va à l'encontre de tes convictions, tu te sens conne. Faut pas vendre un produit si tu n'y crois pas, tu n'es simplement pas crédible. La seule chose que t'arriveras à vendre finalement (et encore c'est au diable) c'est ton bon sens.

Chloé, ressaisis-toi!

Quand j'ai choisi de faire un enfant (puis une autre) j'ai fait le choix de mettre la vie que je menais jusque là entre parenthèse, voire d'en changer tout simplement, tant il est vrai que "rien ne sera plus jamais comme avant". Alors bien sûr ma vie sociale n'est pas morte et enterrée mais je suis moins disponible parce que mon centre d'intérêt immédiat c'est la grenouille - 8 mois - et son pendant de 4 ans, l'elfe. J'ai juste envie d'être là pour elles. Je me sens bien là-dedans. Je privilégie mon allaitement à "tirer mon lait comme ça je peux mettre ma fille ailleurs". Je me rends compte que j'aime passer du temps avec elle et tant pis si je n'ai pas vu beaucoup de monde sur la semaine. J'aime nos journées cocooning. Progressivement mes "horaires" sont devenus les siens. Autant en emporte mes sorties à gauche à droite, le bébé dans sa poche kangourou, en dépit du temps et de l'heure. Bref, je suis devenue une de ces mamans dépendantes des "moments sieste", de l'heure de la panade (légumes puis fruits), des moments d'éveils, de changes, ... J'aime cette fusion. Mieux, depuis cette seconde maternité je n'ai plus peur qu'on me taxe de mère fusionnelle. J'ai compris que cette fusion elle fait peur aux autres, qui ne la comprenne pas ou qui la jalouse (ou qui sont psychanalystes). Je suis apaisée par cette proximité, rassurée par ce qu'elle apportera à ma fille quand il faudra mettre un peu d'espace entre nous. Je sais qu'elle saura reconnaître la force du lien et de la confiance, qu'elle l'utilisera pour mieux prendre son élan. Je sais que cette fusion me donnera confiance pour ce qu'elle est, de l'amour maternel non censuré par les codes sociétaux.

Je ne suis pas seule et je ne fais pas rien. Je ne suis pas folle non plus et parfois je fais la gueule parce que j'ai envie de faire "autre chose" que mon job de mère. Tout choix a des côtés négatifs et je suis crevée (je crois même n'avoir jamais été aussi crevée de toute ma vie), je suis humaine quand même. Je chiale, j'en peux plus, je me sens coincée et tout ça et le reste. Je suis - certes - un peu esclave de mes choix mais pas en raison de ce qu'ils sont, plutôt parce que choisir une porte, c'est tourner le dos à une autre. J'ai juste choisi temporairement de modifier mes priorités parce que c'est le sens d'une maternité pour moi. Être dans l'ici et maintenant avec mon enfant pour le(s) voir grandir.

Cette vision de la maternité n'engage que moi. Il y a bien sûr autant de choix que de mère, même si je reste persuadée que le formatage aux attentes pousse nombreuses d'entre elles à faire de faux choix (dans un sens comme dans l'autre). Cela me concerne tout autant, entre maternage proximal et burn out maternel, je joue volontiers la carte de la confusion. Mais je me passerai de faire un commentaire acerbe ou jugeant sur les autres mamans. Tant mieux si certaines s'éclatent à revenir au travail, à sortir au resto, à prendre leurs bébés partout où elles vont, à porter talons et taille 36 comme si elles avaient encore 18 ans. En ce qui me concerne, tout cela (re)viendra plus tard. Bon, il y a aura peut-être quelques amis qui se seront lassés d'attendre. Et la taille 36 ne sera peut-être plus qu'un 38 (ou un 40). J'aurai sans doute manqué quelques bonnes sorties cinéma et des concerts. Quelques bons verres. Bah. Il y  a des choses qu'on n'aime plus avec le temps qui passe et ça n'a rien à y voir avec le fait d'être une mère. J'appellerais bien ça "grandir" mais ça serait condescendant.

Finalement, je ne pense pas qu'il soit nécessaire de se justifier de sa façon de vivre la maternité. J'attends simplement du respect de la part de ceux qui m'entourent, qui me connaissent, qui me fréquentent vis-à-vis de mes choix. Comme je les respecte dans les choix qu'ils posent, qu'ils me plaisent ou non. Et je regrette parfois de devoir en arriver à penser "sans être parent soi-même il y a des choses impossibles à comprendre". Je m'étais juré de ne pas le dire mais depuis que je suis mère je me rends compte de la vérité cruelle de cette assertion.

Round Up #1 - Chronique de canapé

Un petit tour d'horizon des derniers "trucs" du côté de chez moi, en pyjama dans le canapé. 


La découverte du mois, Instagram. Mieux vaut tard que jamais? J'ai non seulement découvert la joie d'inonder et d'emmerder le monde avec mes photos mais aussi l'ensemble d'une communauté prête à faire de même. Et si Facebook est un lieu de perdition où il est possible d'avoir des amis qui ne vous disent pas bonjour (voire ne vous reconnaissent pas) dans la vraie vie, Instagram est le lieu où se faire des relations parfois à l'autre bout du monde que vous ne rencontrerez jamais mais avec qui vous partagez des moments de votre vie. Très clairement la dépersonnalisation de l'intime à son comble, une mise en scène permanente. J'adore. 

J'ai eu l'occasion de craquer pour Mabo Kids et ses lignes épurées et pour le coton bio et le look retro de Dis une couleur. A mon grand étonnement le sac à dos de Fjäll Räven fait son retour. Quand j'ai acheté le mien - il y a 4 ans - ma moitié et le parrain de ma fille se sont moqués GRAVE de mon achat. Haha, la mode m'a finalement donné raison! Un petit tour à la Little Fashion Gallery pour se faire une idée. Et puis j'adore encore et toujours Donna Wilson (et je ne semble pas être la seule). Bref, si t'as envie de claquer de la thune, le marché des "kids" n'attends que toi (et ta carte VISA). Mais comme disait Coco Chanel "la mode se démode, le style jamais". A bon entendeur...

N'ayant pas plus de capacité de concentration qu'une laitue (ce n'est que temporaire je l'espère), je suis en difficulté dans mes lectures mais comme rien ne m'arrête, je suis comme à ma grande habitude plongée dans plusieurs bons romans à la fois. Beloved de Toni Morrison, Lointain souvenir de la peau de Russel Banks, Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer. De loin en loin je potasse aussi La fatigue émotionnelle et physique des mères de Violaine Guéritault et Devenez meilleur négociateur que vos enfants! de Laurent Combalbert - c'est dire dans quel état je me trouve parfois. C'est un aveu, oui.

Recette de grand-mère mise à l'épreuve grâce à la Grenouille qui s'avère avoir la peau plus délicate que du papier parchemin. Nous nous sommes donc mis aux bains natures. Désormais sa majesté se baigne dans du lait d'avoine maison (petit filtre à thé dans lequel trempe l'avoine bio - nature bien sûr). Dans les moments de grande fragilité dermique  elle est enduite de lait maternel (comprenez lait maternel - oui, oui, mon lait). Efficacité prouvée et résultats plus effectifs qu'avec les crèmes même les plus spécialisées. Moins cher aussi. Cléopatre, le retour.

L'autre avantage d'Instagram est de pouvoir découvrir quelques beaux blogs, qu'ils soient de photos, de projets, d'anecdotes. Quelques uns font maintenant partie de mes rendez-vous quotidiens. Liste non exhaustive dans le blog roll de ma page. #tempsàperdre.

Comme je ne veux lèser personne des anecdotes trépidantes de mon voisinage direct, je livre sans détours ni trucages les dernières nouvelles. Si par hasard vous avez écouté Vivacité, vous aurez peut-être entendu que des irréductibles ixellois de la rue Banning luttent contre les nouveaux lampadaires. Ce sont mes voisins. Pas moi, mes voisins. Les faux et inutiles combats, il n'y a que ça de vrais pour souder les liens d'une communauté. Sinon j'ai un autre chouette voisin qui aime tondre sa pelouse le samedi soir à 21h20. C'est une toute aussi chouette idée pour créer du lien avec le voisinage (la qualité du lien reste à définir). Dans ma rue il y a aussi 3 chantiers avec interdiction de se parquer. Je tenais donc à souligner les qualités organisationnelles manifestement requises pour exercer une fonction à la commune. Faut vraiment détester la campagne pour avoir envie de supporter ce quotidien citadin. Bah, comme on dit, live and let live. Ps: j'aime la ville...chuuuuuuuut...

Le petit plus de ses dernières semaines - après quelques jours très orageux (ou étaient-ce quelques semaines) avec mon Elfe qui s'essaie à la communication sur le ton de l'effronterie, on a eu ce petit moment mère-fille suspendu dans le temps; L'une contre l'autre, dans le soleil de l'après-midi à regarder le jardin de mes grands-parents et ses fleurs. Elle y voyait des bourdons à combattre et des histoires à n'en plus finir. Je m'y rappelais des souvenirs à son âge. Elle a 4 ans maintenant. Et puis la Grenouille est pratiquement à quatre pattes. Merde, c'est quand qu'elle s'est mise à grandir sans que je le vois? Elle a une dent maintenant. Mère c'est un job à temps plein.

Last but not least, le point météo. Avant, la Belgique c'était 4 saisons sur la journée, maintenant c'est une saison - celle de la pluie - sur toute l'année. Je me demande si je ne devrais pas viser le commerce des bottes et parapluie, kek'chose me dit qu'il y a de l'oseille à se faire.

mercredi 24 avril 2013

Sketches of my childhood - les Mimosas




    


1. la vie continue                                2. la fenêtre est fermée   
3. le cerisier des cousins                     4. Sous les livres, les fleurs   
5. printemps dehors                            6. printemps dedans   
7. maison d'enfants                             8. maison de chapeaux
9. à l'eau par terre                             10. à l'eau de lumière
11. tout en haut                               12. tout en bas


souvenirs de mes grands-parents