vendredi 31 août 2012

I'm your man


©Paulette (t.3 le mariage de Paulette) - Wolinski - G. Pinchard
S'il y a bien quelque chose que j'entends souvent au sujet de l'homme qui partage ma vie, c'est que je dois me réjouir de l'avoir. Comme me disait ma grand-mère lorsque je l'ai rencontré "ne gâche pas tout cette fois!" (oui, ma grand-mère a le commentaire délicat). Et pour un peu il faudrait même que je sois reconnaissante de ce petit miracle quotidien qu'on appelle parfois l'égalité (ou presque) des rôles au sein de notre couple. Spécimen rare semble-t-il d'homme normal...

Pas d'emballement, des siècles, des milliers d'années d'homo habitus machistus n'ont pas brusquement sauté une génération pour faire de lui un homme à l'égal de la femme (héhé, permettez le clin d'oeil) mais il semble moins affecté que d'autres par certaines attentes propres au sexe fort (je "héhé" à nouveau). Pas de soupe (aux poireaux) qui l'attend sur le gaz au retour du boulot, pas de linge plié fleurant bon le frais (mais entassé ça sûrement), pas (souvent) de tenue de soubrette et surtout pas de "toi avant moi". Pas non plus d'homme maltraité durant l'écriture de cette réflexion ni avant ni après. Juste un homme et une femme partageant une tranche de vie.

Je n'ai pas envie de me livrer à une critique de la gent masculine que j'apprécie fort par ailleurs et surtout à sa juste valeur (héhé n°3). Mais je ne peux m'empêcher de lever le sourcil encore valide qui me reste à l'idée que mon compagnon de vie serait une perle rare (que je suis évidemment la seule à ne pas voir). Les esprits chagrins diront que je ne vois jamais que le verre à moitié vide mais moi je dirais plutôt que je ne veux pas passer mon temps à me réjouir de ce qui est normal. Monsieur sort les poubelles, fait les courses, le repas, s'occupe de sa fille, travaille à temps plein, fait certains des caprices de Madame et puis ce qu'il veut aussi. Madame fait le linge, gère les plannings divers, l'enfant, certains des caprices de Monsieur et puis je fais ce que je veux aussi. Je ne satisfais pas les moindres demandes, je ne suis pas dans une position où je fais tout pour garder L'HOMME auprès de moi. Je n'ai pas grand chose à prouver. Je ne pense pas que le charme "brut" soit suffisant mais je ne crois pas non plus que c'est à moi, la femme, d'être exclusivement en démonstration, au boulot, en demande, dans la crainte de ne pas suffire et donc de perdre l'autre. Si tu veux quelque chose moi je dis "bouge ton cul" et si je veux quelque chose de toi je dis "bouge ton cul". Oui je suis comme ça. Après 13 ans de vie commune je ne crois pas à la perle rare qui fait mes caprices et le ménage, je crois simplement que tous les hommes ne sont pas dominés par une certaine idéologie du mâle dominant ni éduqués par des mères soumises à cette même idéologie (et qui dès lors ne leur ont pas mis de coups de pieds aux fesses). Je pense vivre avec quelqu'un qui a compris qu'une vie commune est faite de tâches communes, enfants compris. Et si je sacrifie parfois à la tradition de la mère qui en fait deux fois plus que le père c'est aussi parce que je suis une mère qui le veut. Mon sang ne fait qu'un tour lorsque j'entends que j'ai de la chance d'avoir un "homme présent", un "père impliqué" et gnagnagna et gnagnagna. L'enfant ça se fait à deux non? Bon, ben ça s'éduque à deux.

Remercier pour ce  qui devrait être acquis me semble le comble. Pas de chance pour l'autre partie de mon couple. Il aimerait, c'est vrai, bien évidemment que je le reconnaisse dans ses mérites (et rassurez-vous je le fais parfois quand il ne m'écoute pas). Enfin, pour enfoncer le clou du mythe de cet homme il faut savoir qu'il comprend AUSSI que je ne le fasse pas.

Il est difficile de trouver celui ou celle qui partagera votre vie. Un couple est fait de compromis mais aussi de clichés et d'attentes. J'ai parfois envie de croire aux histoires à l'eau de rose mais je ne pourrais qu'être déçue. Je me réjouis plutôt d'avoir rencontré quelqu'un avec qui il est possible de survivre à la routine et parfois même d'y ajouter un peu de magie.

Ces jours derniers, je couve précieusement ma progéniture attendue sous (très) peu, mère en attente, un peu anxieuse et pleine de demandes. Et je suis apaisée parce que cet homme, ce père, a fait discrètement les mille et une tâches demandées (parfois insensées) afin de me faire plaisir. Il n'avait aucune autre raison de le faire. (Prince) Charmant hein?

Je l'aime parce qu'il m'aime comme je suis, même quand ça le rend fou.
Je l'aime parce qu'il me dit qu'il n'aime pas Leonard Cohen et que je ne pense qu'à lui en l'écoutant.

(fais toi plaisir, clique sur le lien)

samedi 21 juillet 2012

With a little help from my friends



...Tonight I'll dream while I'm in bed
When silly thoughts go through my head
Of the bugs and alphabet
And when I wake tomorrow I'll bet
That you and I will walk together again
I can tell that we are gonna' be friends
Yes I can tell that we are gonna' be friends...

Jack Johnson - We're going to be friends

J'ai un ami que j'ai rencontré il y a bientôt 26 ans. Il a été un peu de tout (à la belge en ce jour de fête Nat') pour moi. Un copain, un ami, un premier amour, un ennemi, un obscur objet et aujourd'hui un parrain pour ma fille. Parfois on partage tout, parfois on prend l'air, parfois on se dispute, parfois on ne se comprend pas et parfois personne ne nous comprend. On ne prend rien pour acquis même si on ne croit pas que certains liens peuvent avoir une fin. Et si j'ai parfois des regrets, je ne voudrais pour rien au monde changer cette drôle d'histoire. Tu es mon meilleur ami tu sais.

Les potes, les amis, les meilleurs amis, les connaissances, les relations, les proches. Autant de catégories qu'il faudrait parfois un tableau Excell pour s'y retrouver. Ou juste partir du principe qu'il y a ceux avec qui c'est cool et puis les autres. Cool comment au juste? Genre cool on va boire un verre et on bave sur les autres? Ou cool t'es là quand j'ai besoin de toi? L'ami c'est celui à qui on dit tout et qui est toujours dispo, ou pas? Parce que là c'est limite exigence en mode esclavagisme. Où que c'est la frontière entre la transparence totale et les limites conventionnées? Des amis pour faire certains "trucs" et pas d'autres?

Les amis ne sont pas toujours ceux à qui on s'attend, pas toujours dans la durée ou dans le temps. Ils vont et viennent, se renouvellent, se perdent et se retrouvent, parfois. Certains privilégient le nombre, d'autres la qualité. La distance ou la proximité. Ceux avec qui l'on se fâchent ne sont pas toujours ceux qui s'éloignent. Ceux qui s'éloignent restent parfois très proches dans le coeur. Certains n'étaient pas destinés à grandir avec nous, d'autres sont encore à découvrir. 
© Beverly Hills 90210 - Fox
L'amitié c'est parfois se taire même quand on a envie de hurler, faire le vide quand on a envie de juger. C'est le silence parce qu'on aime et qu'on respecte l'autre. C'est aussi dire certaines choses, briser des tabous comme personne ne peut le faire. Mettre les pieds dans le plat ou jeter le pavé dans la mare. C'est accepter qu'on puisse se tourner le dos et se réconcilier, plus tard. Les potes, les amis, les proches sont ceux avec qui il sera toujours possible de mettre des mots ou échanger un regard et aller de l'avant. C'est tout et son contraire. 
Les amis ce sont les clous de ton cercueil parce que tu les as choisi et que tu ne peux pas les juger comme ta famille. Si ce n'est toi ils ne seraient pas là. Tu ne peux pas leur en vouloir d'être là. C'est pas ton mère ou ta mère, ce que tu veux bien prendre d'eux ou accepter ne tient qu'à ton libre choix. 
Les amis sont effroyables parce qu'ils sont le pire des miroirs. Et s'ils ne sont pas toujours justes ils ont le mérite de renvoyer de toi ce que tu veux bien donner aux autres. On peut être déçue du résultat. Ou étonnée, surprise, heureusement surprise et heureuse. S'ils sont là c'est que t'en vaux la peine. Et s'ils ne sont pas parfaits, toi non plus. Ce n'est pas grave. 
Sur Facebook t'en as 547, dans la vraie vie c'est 4. Tant mieux parce que dans la vraie vie, tu n'as pas le temps de fêter tous les anniversaires, d'être de tous les restos et t'as pas la tune (ni la créativité) pour le cadeau qui tue trois fois par semaine. 
J'ai des amis que je connais depuis presque toujours et d'autres que j'ai découvert il y a peu de temps. J'adore mes potes, je suis plutôt nulle pour le dire et je mise tout sur le fait qu'ils le comprennent sans qu'on se le dise. C'est pas de la confiance ça? J'imagine qu'il en va de même pour eux et tant pis si ce n'est pas le cas. Je ne veux pas passer mes amitiés au scalpel, je veux laisser un peu de spontanéité et prendre ce petit risque parfois excitant de laisser les  sentiments faire leur chemin. Je merde parfois, je blesse, je parle trop ou pas assez. J'aimerais m'en foutre mais ce n'est pas vrai. J'essaie d'être suffisamment vraie pour que ceux qui m'ont choisie comme amie puissent avoir confiance dans mon entièreté. 
Perdre des amis n'est jamais un plaisir et laisse toujours des traces (des regrets, des rancoeurs, de la peine?). Il n'y a pas de hasard et c'est peut-être mieux? Il y a longtemps un ami m'a dit que rien ne durait. Je crois qu'il n'avait pas envie de se sentir prisonnier des liens qui nous unissait. Finalement même la distance qui nous sépare aujourd'hui est un lien. Je ne sais pas si nous pourrions nous retrouver après toutes ces années, on ne se connaît plus (ou peut-être que oui?) mais je ne peux m'empêcher de penser avec douceur à lui. Et puis je pense à autre chose parce qu'il n'y a aucune raison de traîner de vieilles casseroles...

J'ai des amis qui habitent loin, qui habitent tout près, qui sont smart, qui sont lifestyle, qui sont bohèmes, qui sont intellectuels, qui sont superficiels, qui sont engagés, qui sont paumés, qui sont beaux, qui sont moches, qui sont chiants, qui sont drôles, qui sont émouvants, qui sont parents, qui seront parents, qui sont vieux, qui sont jeunes, qui m'énervent, qui me laissent perplexes, qui ont bon goût, qui ont mauvais goût, qui m'épuisent, qui me remontent le moral, qui me font rire et qui sont là.


Mes amitiés ne ressemblent à aucune sitcom. Ca me va comme ça.


vendredi 20 juillet 2012

Ar Ker' Breizh


Pour mon amour qui m'a appris à aimer les endroits perdus...




















Le cul planté dans mon canapé à la mode de Peumérit, je regarde la ligne bleue des Vosges de Bretagne, ses petits toits authentiques, ses pommiers, sa lumière de fin de journée et je me dis que la vie c'est pas mal quand même. Mon elfe est profondément endormie, mon amour fait le tour de la propriété (avec chevaux s'il vous plaît) et ma progéniture en devenir sautille "tranquillement" dans mon ventre. Manque plus que la petite bière fraîche de l'apéro et ce serait divin. On pourrait croire que des vacances avec enfant malade (plus de 39° de fièvre, pas de petits joueurs ici!) seraient gâchées. Mais non. Ce que mon environnement émotionnel m'aura appris au long de ces dernières semaines - mais peut-être est-ce ces derniers mois ou ces dernières années - c'est qu'il faut savoir reconnaître de la quiétude où il y a en a. Quelque chose du genre "... accorde moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer les choses que je peux et la sagesse de voir la différence...". Qu'importe la pluie ou la fièvre, qu'importe que l'on aille deux ou dix fois à la plage, qu'importe le wifi qui lâche et l'angoisse de toute cette nature (belle et sauvage) environnante, qu'importe que cette heure entre chien et loup amène des pans entiers de nostalgie. Mon insatisfaction est impuissante à y faire quoi que ce soit, tout juste gâcher ce qu'il reste de bon, pour moi et pour les autres. Contre mauvaise fortune bon coeur? Peut-être que ces hasards me forcent à reconsidérer ce que j'appelle le plaisir. Une vie est aussi faite de moments perdus et d'endroits perdus. Alors je soigne ma fille, je sors prendre l'air quand je peux, je bois du thé, je marche en faisant grincer les planchers anciens de cette antique maison bretonne, je regarde la pluie tomber et le soleil sécher les pommiers. Les chevaux viennent chercher les caresses lorsqu'on passe la porte, mon amour rêve de four à pain traditionnel et sympathise avec les locaux qui racontent à loisir les histoires de ces vieilles pierres. On mange des crustacés frais (du jour), on respire les algues et on collectionne coquillages et cailloux. Demain on mangera une part de Far au jardin (aux pruneaux pour que ce soit plus excitant bien sûr). Soudainement tout ce temps au ralenti, loin de l'agitation et des remous, loin des autres, loin des besoins qui ne sont pas les nôtres. Comme une bulle, ma famille. L'occasion de découvrir que l'elfe parle une forme de breton, qu'elle aime le camembert si c'est sur la tartine de son père et que nous sommes heureux. Ah oui, elle aime Scooby Doo aussi, parce que les monstres ne sont jamais que des déguisements qu'il suffit d'enlever pour ne plus avoir peur. 

C'était de belles vacances.

vendredi 22 juin 2012

Like it (or not)


J'aime
l'odeur de la terre mouillée par la pluie,
la douceur des poils derrière l'oreille de mon chat,
le mélange de la glace vanille et du chocolat fondu sur la langue,
le chant des hirondelles par la fenêtre tôt le matin,
l'eau glaçée quand il fait chaud,
le crépitement du feu de bois,
le parfum de la nuque de ma fille,
le hasard qui fait bien les choses,
la résistance et le craquement,
les bras de mon homme,
l'odeur du café et du pain grillé,
le vernis à ongles rouge pomme d'amour,
la raideur des draps d'une chambre d'hôtel,
la bouche de mon enfant qui tête,
la buée sur le verre de vin blanc frais,
le battement de paupière qui ralentit le temps après l'amour,
le crissement de la neige sous les pas,
la couleur safran,
les taches de rousseur après le soleil,
le rire de ma fille,
le glaçon qui croque sous la dent,
le bois d'olivier poli,
le bruissement des feuilles de peuplier dans la brise,
la nostalgie du temps présent,
le chatouillement des pattes d'une coccinelle sur la main,
le diable qui marie sa fille,
l'odeur camphrée de la rootbeer,
la fraîcheur des petits matins,
le sommeil après les larmes,
le souffle coupé par les premières notes d'un concert,
les rais de lumière dans les branches de bouleau,
l'odeur de la peau après une journée à la plage,
les mouvements de ma fille dans mon ventre,
les épices et le yaourt,
le rouge à petits pois blancs,
le ronronnement du chat,
le thé dans la porcelaine anglaise,
la force de ma fille quand elle me serre dans ses bras,
le bleu touareg,
les vieilles photos de personnes inconnues,
les confidences au milieu de la nuit,
le sel, le poivre et le citron,
le Liberty,
le mouvement des coquelicots dans le vent,
le  chant des cigales dans un champ écrasé de chaleur,
les contre jours et les contre temps,
par exemple.

Et toi?


dimanche 20 mai 2012

Ma petite vertu





L'histoire de Petite Vertu et des 7 Péchés  Capitaux.






L’Envie (invidia en latin) : la tristesse ressentie face à la possession par autrui d'un bien, et la volonté de se l'approprier par tout moyen et à tout prix (à ne pas confondre avec la jalousie). Gnarc gnarc gnarc, je suis pas une (fille) gentille. J'envie certaines blogeuses qui se permettent un total relâche sur la toile, que je me ferais bien parfois. Total vulgaire, total scato, total sexe, total no complex. Ouaip, parce que le reste personne n'y trouvera rien à redire tandis que le sexe ça chatouille (enfin tu m'as comprise). C'est peut-être l'occasion sur ce billet de tenter le coup. Posséder le bien d'autrui, me prendre la langue de vipère, le langage de pute. Répondre avec 10 ans de retard à un connard qui me traitait de "coucou" (celui qui pond dans le nid des autres, n'en touche pas une et profite du résultat) "ben ouais regarde je m'approprie des trucs qui sont pas d'moi et ça change rien à ta vie, conclusion: ferme ta gueule". Trève d'aménités, ce petit lâcher langagier m'a soulagée d'un poids. 

L’Orgueil (superbia en latin) : attribution à ses propres mérites de qualités ou de comportements qui sont des dons de Dieu (intelligence, vertus, etc.). J'aime pas me répéter (en fait ça c'est pas vrai te dira ma mère) mais j'ai déjà parlé de ça dans un billet précédent. Je peux le dire encore si vraiment il le faut, je suis géniaaâââaaale et j'en suis fière! (ouais je suis odieuse de prétention!). Mes vertus font du S (ce sont bien les seules choses chez moi) et mon intelligence passe du S au XL selon le sujet et le taux d'alcool (souvent inversement proportionnellement d'ailleurs). Et Dieu n'est pour rien dans tout ça. Mon patrimoine génétique je le dois à mes parents ainsi que les bases de mon éducation. Pour le reste, je me suis débrouillée toute seule. Alors clairement je pue l'orgueil. M'en fiche, j'ai un bon déo.

L’Avarice (avaritia en latin) : accumulation des richesses recherchées pour elles-mêmes. Quoi, genre la paire de shoes que t'as pas besoin et que tu te paies quand même sous l'étiquette "on ne vit qu'une fois" (comme dans "mon compte à vue qui ne voit qu'une fois par mois le dessus de la ligne rouge"). Le truc qu'il te faut pour compléter ta collection à la con que tu collectionnes même pas mais si t'es comme moi - un brin psychorigide - il te faut la série complète pour mieux dormir (erreur, la dépense inutile passée, elle te tiendra éveillée et coupable). Genre le tee-shirt soooooo sexy et soooooo trop petit que tu achètes quand même pour quand t'aura minci? Genre "comme j'ai pas lâché un centime ces dernières semaines et que j'ai fais des économies je vais les claquer dans des trucs supers inutiles - parce que soudainement cet afflut de tunes ça me perturbe"? Avoir pour avoir, plutôt 21th century huh!

La Colère (ira en latin) : produit des excès en paroles ou en actes : insultes, violences, meurtre. Je gueule pas, j'explique. J'insulte pas, je nomme les choses telles qu'elles sont. Je suis pas violente, je teste la résistance de la vaisselle aux chocs inattendus sur un plancher. Je tue pas (non ben non, ça je fais pas - même pas les petites bêtes rampantes, trop poilues, trop velues). Oui, la gestion de la colère pour moi est ce qu'on peut apeller une "issue" en anglais (quand on joue la carte du bilinguisme, ça fait chic et ça noie le poisson). Et si ça suffit pas je me console en disant que c'est un peu un côté idéaliste qui fait de moi une folle furieuse quand je rencontre l'injustice (à voir si cette injustice est justifiée - autre débat). Bref, je suis dans le déni.

L'Impureté ou la Luxure (luxuria en latin) : plaisir sexuel recherché pour lui-même. C'est pas pour lui que je le cherche, c'est pour moi - nan j'déconne j'ai pigé. Mais bon le sexe c'est un peu une affaire privée, non? Même si avec une gosse et une deuxième en route tu te doutes que je crois plus trop aux abeilles, aux choux ou aux roses. Peu de chance que je fasse ici l'état de ma luxure (j'adore ce mot), je blog sous la censure de ma moitié. C'est pas comme s'il lisait mes p'tites bafouilles mais les mecs ont des radars quand il s'agit de repérer bobonne qui cause libido et qui pourrait mentionner un truc ou deux en passant. Bref, parler de moi c'est parler de lui. Ne pas parler de lui c'est parler d'un autre, je veux pas d'ennuis (tu me comprends, on avait dit de 5 à 7 uniquement). Tenons nous-en à "merci, ma luxure (rhâââ j'adore) se porte bien".

La Gourmandise (gula en latin) : ce n'est pas tant la gourmandise au sens moderne qui est blâmable que la gloutonnerie, cette dernière impliquant d'avantage l'idée de démesure et d'aveuglement que le mot gourmandise. Genre je me fais un paquet de Miracoli (sauce fromage) pour 3 à 4 personnes à moi toute seule? Genre je me fais une boite de ravioli de 800 gr  à moi toute seule (sinon 'y a pas défi!). Genre tant qu'il y en a j'en mange? Genre je sais que c'est pas bon pour moi mais j'en ai tellement envie? Genre "on laisse jamais un cupacke sur le terrain, on n'abandonne pas les siens"? Totalement démesurée et aveugle! Parfois je me dis que je vais finir comme le gros dans SE7EN, la gueule dans mon assiette de spaghettis (capellini grazie!). N'en déplaise à la TMS ONE qui doit désormais me peser chaque mois et qui a fait de mon poids une affaire personnelle. Elle devrait pas. Est-ce que je m'en fais moi?

La Paresse, anciennement l'acédie (acedia en latin). Il s'agit de paresse morale. C'est un mal de l'âme qui s'exprime par l'ennui, l'éloignement de la prière, de la pénitence et de la lecture spirituelle. Heureusement que Wiki fournit la définition avec parce que je suis trop naze de l'effort pour aller voir ce qu'il en est (ne le dites pas à ma grand-mère mais après 6 ans de latin je ne savais pas traduire acedia). Je suis tellement paresseuse que je suis hyperactive dès l'aube. J'aime évacuer les tâches encombrantes de manière à ne plus en toucher une le reste de la journée. Tâche grandement compliquée par la présence de ma fille qui se fout de mes ambitions de glandeuse. Sinon, pour la paresse morale, heu... "Dieu, sa vie, son oeuvre" je l'ai pas terminé, assez chiant sur la fin. Je bosse ma spiritualité à l'occasion - entre deux lessives. 

Paf! 7 péchés/7 péchés! Je me suis pas loupée. Pour une fois que je cartonne avec un sans faute. Finalement je me sens plutôt bien comme athéïste, je serais un fail total comme croyante. C'est vraiment des trucs de crétins chrétiens tout ça.


Ps: je sais que t'y as cru mais naaaaannnn c'est pas moi sur la photo. Enfin...peut-être après mon accouchement. Ouais, sûrement même. 

Pps: Merci Wikipédia pour ces petites définitions faciles à piger, faciles à digérer. 

samedi 19 mai 2012

V.O. sous titrée papier

Je me fais souvent la réflexion après un film, s'il est adapté d'un roman, que soit le roman doit être/est meilleur, soit l'adaptation est mauvaise. Si tous les livres ne sont pas bons - et dans ce cas cela laisse peu de chance au film de l'être - pas mal de bons livres finissent de manière désastreuse sur le grand et petit écran. C'est dommage. En même temps c'est peut-être ce mauvais film qui va me donner envie de lire le livre. Sans doute parce que j'aime lire. Sans doute parce que je ne peux pas croire que quelqu'un ait pris la peine de mettre en scène un roman qui ne vaudrait même pas sa lecture. 





Le film est souvent réducteur de ce qui fait le charme du livre, les détails. Ceux qui colorent l'imagination à la lecture, donnent le corps, le décor et qui sont sacrifiés à la réalisation. C'est vrai, ils sont "inspirés de...". Oui mais pourquoi  "s'inspirer de" si c'est pour ne pas retrouver ce qui fait l'essence et le sens même du livre? Sans cela même quelque chose d'inspiré sonne creux aux yeux, aux oreilles et aux tripes. Les messages sont souvent oubliés au profit de l'action dans les romans tirés de littérature de science-fiction ou les scènes gores sont multipliées au dépend de l'horreur la plus subtile qui vous remonte l'échine pendant la lecture à la seule force de l'imagination. Le sexe ou l'amour mielleux prend la place de la complexité et la nuance des sentiments. Ce qui est mis en avant est ce qui parlera au plus grand nombre ou ce que le scénariste a trouvé nécessaire ou indispensable. Ce n'est pas toujours ce qui m'a touché. Et c'est toujours ce qui me déçoit. Et pourtant, même en sachant cela, je désire parfois tellement que ces romans, ces essais, ces livres qui m'ont fait vibrer soient adaptés au grand écran. Que les images surgies dans ma tête prennent vie! Je ne suis pas difficile. Je lis à tous les râteliers, dédaignant peu de styles, certains étant plus appréciés que d'autres c'est vrai, je reste ouverte. Je suis bon public, le trop intellectuel m'ennuie, le cousu de fil blanc m'endort. J'ai à coeur de connaître mes classiques et de découvrir les nouveautés, le buzz littéraire de la rentrée. J'aime l'histoire, les sciences, les mystères, le romantisme. Et même la philosophie. J'ai peur à la lecture d'un thriller, je ne suis pas avare d'imagination. La littérature américaine contemporaine et les tranches de vie sont mes péchés mignons. 

Exemples! Pour les moins cinéphiles ou les moins lecteurs et pour laisser libre court à la critique de ceux qui diront toujours "oui mais si elle appelle ça de la littérature, alors forcement...". Je m'en fiche. Les livres c'est comme la musique, c'est une affaire de goûts personnels. Ce que je n'aime pas n'est pas forcement mauvais. Ce n'est simplement pas mon goût. J'essaie de vivre et laisser vivre la culture de chacun (dans ce contexte hein, il y a des exceptions à tout!). L'important à mes yeux étant plus la démarche de curiosité que le résultat lui-même. C'est un peu un principe d'éducation, tu n'es pas obligé de manger mais il faut goûter avant de dire qu'on n'aime pas. Bref, je m'égare, je reviens à mes tonnes de papiers et mes kilomètres de pellicules. 
J'ai un faible pour Michael Cunnigham. J'ai adoré "La maison du bout du monde". J'ai rêvé qu'il soit adapté et...mon rêve est devenu réalité. Le film sonnait creux et Colin Farell (que j'abhorre) interprétait le personnage phare. Une déception. Je regarde désormais mon livre avec pitié, je lui en veux un peu de ne pas avoir su transcender l'écran. Je lui pardonne aussi un peu quand je vois "Les heures", a contrario une très bonne adaptation (qui m'a amenée à découvrir la version papier de Cunningham). 
J'ai reçu il y a bien longtemps "Ensemble, c'est tout" d'Anna Gavalda. Magnifique. Depuis tout le monde l'a lu, parce qu'il est sorti au cinéma avec Tautou et Canet et bon, on ne peut pas faire l'impasse. C'est pas si mal adapté pour une fois mais la joie de plonger dans la brique qu'est ce roman et de devoir faire sien, aimer ces personnages est totalement absente du film. Qui ne tombe pas sous le charme des yeux doux de Canet? Je ne cite même pas les qualités attractives de Tautou. Le film était gagnant avant le départ. Le choix des acteurs...  
Stephen King. Nombreux seront ceux qui ne le qualifient pas d'écrivain et parleront de ses romans comme du papier chiotte. Ok, c'est affaire de goût personnel (cf paragraphe précédent). Je reste une fan de "Ça", "Shining", "La ligne Verte", "Shawshank Redemption", "Dolores Claiborne", "Le fléau", "Sac d'os" , "Misery", "Marche ou crève", "Coeurs perdus en Atlantide" et "Simetierre" (qui m'a fait faire un des pires cauchemars de ma vie, alors que j'avais pourtant dans la vingtaine...). J'assume. J'adore lire ses romans et je me ch*** dessus avec certains. Au point de sauter quelques passages (dans Shining je fais systématiquement l'impasse sur la chambre 217) et depuis "Ça" je ne me penche plus au-dessus des lavabos. A part une ou deux adaptations (je dirais dans les plus récentes), les versions cinématographiques sont épouvantables et en deviennent comiques, voire pathétiques. 
J'ai beaucoup aimé "La nostalgie de l'ange" d'Alice Sebold, pellicule et papier. Le tour de force de mettre en scène sans ringardise le monde de Susie est un exploit. Merci Peter Jackson! 
"Il faut qu'on parle de Kevin" de Lionel Shriver est un exemple parfait de réussite - si on n'a pas lu le livre. Bon film. Puis on lit. Et là c'est vraiment trop bon! L'écriture, le suspens, la profondeur des personnages, la complexité de l'âme humaine. 
Jane Austen ou William Shaekespeare échappent en général au massacre de la mise en image. La clâââââsse Bristish je suppose... 
Je prie pour qu'on n'adapte jamais Donna Tartt, Armistead Maupin, Howard Buten ou David Lodge. Il y a des romans qui doivent le rester. Ces exemples sont loin d'être exhaustifs. Je ne lis pas que ces écrivains là et il y a de nombreuses adaptations de qualité. Comme tous les puristes de la page, finalement c'est toujours la même histoire, un sentiment de trop peu ou d'inexactitude. L'imaginaire des autres n'est pas le nôtre. Même devant Harry  Potter je fais de longues digressions à ma moitié pour qu'il comprenne "mieux" (et qui ne pige plus rien du tout à force de MES détails).

Tout cela m'est venu en regardant "Un secret" sur France3. Il y avait un petit quelque chose mais cela manquait d'autre chose. Débarquée de la lune récemment je découvre que c'est une adaptation. Et "on dit" que le livre est très bien. Bon, je le mets sur la liste des livres qu'il faut que je lise parce que j'ai envie d'en savoir plus, parce que je ne crois pas qu'on peut en rester là. Finalement oui, j'aime les allers-retours entre la page et la pellicule. Même décevants. Parfois c'est comme ça qu'on découvre un auteur, un nouveau genre littéraire. Ou pas. 

samedi 12 mai 2012

Sign & share

de l'art de s'engager - sur un mode moderne et virtuel. 

Les sarcastiques diront que c'est bien facile de cliquer derrière un écran pour se sentir actif. Ceux là sont ceux qui ne cliquent jamais et qui à part critiquer les agissements des autres ne font pas grand chose. En fait disons-le ils ne foutent rien d'utile. 

C'est vrai que l'engagement ce n'est pas obligatoire. Même si on peut se demander comment à notre époque il est encore admissible de rester impassible devant le rythme effréné du monde dans sa course à la connerie. Le retrait, le sans-avis, la pseudo prise de distance, la non position (différente de la réflexion ou de la difficulté à trouver la position qui nous parle) c'est une manière de ne rien faire. C'est une manière de laisser faire, parfois le pire. Et ça c'est irresponsable. 


Le temps pris pour lire les quelques lignes explicatives d'une pétition (pour ceux qui n'ont pas le courage de lire plus avant des articles de fonds) est court, il ne coûte rien et peut pourtant y faire beaucoup. Les adeptes de nombreux mouvements d'action sur la toile sauront qu'il y a des suites aux (sérieuses) pétitions. Bon pas toujours, c'est vrai, mais qui ne tente rien est sûr de ne rien avoir, pas vrai? Et à défaut de résultats concrets rien n'est perdu car c'est aussi une  manière de diffuser de l'information et d'en apprendre plus.  

Parfois quelques clics font plus que lorsqu'on marche en silence dans la rue. Je ne sais pas si c'est vraiment bien mais c'est un moyen. Et certains combats ou certaines idées valent bien de s'ouvrir à de nouvelles méthodes. 

Dans notre société où l'on veut toujours plus, les aficionados de la consommation se réjouiront que les pétitions on-line fourmillent des sujets les plus variés et rencontrent de nombreux intérêts (même si un grand nombre ne partage pas forcement chacun de ces intérêts et que toutes ne sont pas - bonnes - à signer). Chaque région du globe est couverte, des humains aux animaux en passant par les animaux utilisés par les humains et les humains utilisés par les humains. De l'écologie, du bio, du fair trade. De l'éducatif, de l'artistique. Des gays, des lesbiennes, des hétéros et des qui savent pas vraiment. Des guerres et des paix. Je ne suis pas exhaustive. Il y a donc toujours moyen de trouver clic à son doigt. 

Tout ça pour dire quoi? Et bien qu'à la prochaine pétition que je t'envoie, attends avant de nier l'affaire ou d'effacer mon message l'air de rien. Clique un coup ou deux et tu verras qu'il ne t'arrivera rien si ce n'est d'avoir bonne conscience. Un luxe aujourd'hui. Et puis diffuse (si tu as le temps). Fais partager tes idées, tes craintes, tes souhaits, tes passions aux autres. Ce sera toujours plus utile que la chaîne de l'amitié que tu ne peux briser sous peine de mourir dans d'atroces souffrances et avec laquelle tu brises par contre les c*** de tes contacts mails. Ce sera plus utile que de poster sur ton mur Facebook un avis disant que t'es fièr(e) de connaître un cancéreux, un moche, un handicapé et que TOI tu oses le dire. Ça leur fait une belle jambe tiens... Par contre les pétitions permettant de lutter contre la discrimination, pour permettre les soins accessibles à tous et j'en passe et des meilleures ça pourrait avoir un peu de sens pour tous ceux qui luttent face aux adversités physiques, sociales, politiques de la vie. Enfin je crois. 

Manifester même du bout des doigts est un droit que tous n'ont pas. C'est donc un devoir pour ceux qui l'ont. Il y a plus de force dans une pétition que dans un avis donné du fond de son canapé. Courage!

Le "clic" d'un jour ne dispense personne d'une petite manif live à l'occasion. Dis toi que c'est "vintage" s'il faut que ce soit un peu "lifestyle" pour te convaincre que l'engagement c'est pas ringard. 



vendredi 11 mai 2012

C'est tous les jours la fête des mères


A toutes les mères parfaites - dans la vraie vie.

Maintenant que me voilà allongée, contrainte plus ou moins volontairement au repos pour mieux couver ma seconde (future) progéniture, j'ai l'occasion de longuement méditer sur l'état de mère (combien d'entre vous ont pensé/lu l'état de merde) dans lequel je suis. 

Quand on parle maternité il y a l'avant, le pendant et l'après - l'A-P-A. Et il n'y a pas un état pour rattraper l'autre. Loin de moi (je dis souvent ça mais à vrai dire c'est peut-être plus près que prévu) l'idée de me joindre à cette nouvelle tendance des "mères indignes, ingrates ou insatisfaites et fières de l'être" mais tout de même, constat doit être fait que mère c'est un p*** de job. La partie la plus pénible étant cette obligation d'être soit 100% épanouie, soit 100% "j'assume que ça me gonfle". L'entre-deux plus nuancé, plus difficile à exprimer ou conjuguer c'est pourtant à peu de choses près l'état commun à la plupart des mères. J'énonce pas un truc délirant là, les forums de maternité (relativement ringards j'en conviens) et les blogs persos aussi fleurissent autour de ces questions. Et si c'est le cas c'est sans doute parce qu'un nombre croissant de mères commencent à se dire les mêmes trucs et se rassurent en faisant le constat qu'elles ne sont pas les seules et qu'elles ne doivent point culpabiliser. Vite dit ça. Malgré mes opinions relativement (bien) défendues et répandues (si t'as le malheur de me fréquenter dans le quotidien tu sais que je ne me prive pas pour donner mon avis) j'applique pas le quart du tiers de ce que je bave. Bref, après avoir claironné haut et fort que ma grossesse était prioritaire sur la performance professionnelle ou sociale, que les femmes ne sont pas égales entre elles et qu'on s'en fout, que blablabla et blablabli, il aura fallu qu'un boulon lâche pour que j'accepte de me trouver allongée au repos et que non je n'étais pas une femme - enceinte - moins que bien pour autant. Le "truc" avec l'A-P-A de la maternité c'est qu'on nous cache tout (on nous dit rien). Et ça c'est vache, parce qu'après on se met des pressions de dingues pour faire comme les autres, qui en fait ne font rien du tout sauf semblant, tout comme nous, d'assurer à mort. Alors à bas quelques contre-vérités. Et je me permets de les lâcher tranquille, en mère épanouie, aimant la grossesse, avec une super première grossesse, avec un accouchement de rêve, une gosse à tomber tellement qu'elle est géniale, avec un père présent et une deuxième grossesse tout aussi cool. Et pourtant si si si, on n'est à l'abri de rien. 

Tabou 1 - la grossesse: 
En plein dedans je manque donc totalement d'objectivité mais je suis aussi très bien placée pour témoigner de ce vécu troublant. Pas d'analyse psy ici (on le sait merci que la grossesse est un état proche de la folie, qui remue des tas de boues) mais plutôt un peu de vécu. De la life quoi! Comme me disait une amie proche "avant je trouvais les femmes enceintes merveilleuses, maintenant (elle est enceinte) je trouve ça pénible et attends impatiemment la fin" (je paraphrase - tu m'excuseras chérie). Moi j'aime bien être enceinte. Mais c'est vrai aussi que les avantages de l'état de grâce continuent de m'échapper. Enceinte tu ne t'appartiens plus, tout le monde se sent autorisé à te toucher, à commenter ta prise de poids, ta (mauvaise) mine, te parle du bébé mais finalement jamais de toi, t'es la reine mais tu fais plus partie de la fête... Enfin parfois oui parce que t'as la chance de sauter comme un cabri jusqu'à la délivrance (le mot je te jure le mot...). Et moi évidemment je suis pas le cabri de service. Donc en totale contradiction avec mes propres propos je me trouve nulle de traîner la patte. On tolère tout de toi mais parce que t'es à moitié folle - hormones obligent. Toujours sympa d'être réduite à ça. Je t'épargne les plaintes de la femme enceinte, je suis en couple, j'ai déjà mon soulagicon à domicile qui n'en peut plus de joie de m'avoir mise dans un état lui permettant d'accéder à des connaissances sur mon anatomie qu'il n'avait jamais soupçonnées. Et ouais. La femme enceinte n'a pas un corps comme le tien et n'a pas de pudeur (sauf quand ça l'arrange). Je laisse la joie aux pères de se souvenir, aux futurs pères de découvrir par eux-mêmes et aux mères d'opiner de la tête. Même quand tout va bien, il y a des choses qu'on aurait préféré ignorer pour le reste de son existence. Le déni a parfois sa valeur.

Tabou 2 - l'after birth:
La naissance c'est le plus beau jour de ta vie ( parce que même un accouchement merdique te fait remercier le ciel de t'en être sortie vivante). Bon après ça se corse. On ne le dit jamais assez mais c'est le Sirocco de Walibi l'after birth. D'autant plus qu'on te parle toujours des émotions fortes que tu vas vivre (on t'avait bien sûr pas dit dans quel sens elles étaient fortes et que la pente pouvait être descendante). Mets ta ceinture et en route pour la privation de sommeil, les seins douloureux, le mal au cul, la pression sociale, la pression personnelle et la culpabilité. Faut pas s'y tromper, tu l'aimes ton moutard (à ce prix là tu peux bien!) mais quand t'en peux plus ben t'en peux plus. Et malheureusement personne ne peut se mettre à ta place. Ça m'arrache le coeur et la langue de dire ça mais si tu ne l'as pas vécu, tu ne peux MÊME PAS avoir une idée du brouillard dans lequel une jeune mère peut être. ET d'expérience personnelle, parfois tu te rends même pas compte que t'es dedans, c'est pour dire.

Tabou 3 - les pères présents:
Bien sûr si t'as de la chance comme moi t'as pas pris le pire des géniteurs pour faire ta petite merveille. Il est beau, il est malin, il est doux, il est compréhensif et il voulait autant que toi faire cet adorable bébé qui occupe désormais 110% de ton temps (je veux décourager personne alors j'ai pas dit 200% de ton temps). Mais bon, même en 2012 (à l'époque c'était 2009), les rôles sociaux - malgré tout notre bon vouloir - n'ont pas encore  radicalement changés et pour peu que tu pratiques l'allaitement à la demande, le père ne peut pas prendre le relais. Et puis il travaille LUI - alors que TOI, t'es jamais qu'une mère à la maison en congé de maternité, bref, t'as rien d'autre à foutre de tes journées que de glander avec ton nouveau-né... Cf tabou 2, personne, PAS MÊME LE PÈRE ne peut se mettre à ta place (malgré ton désir intense) et il arrive (si!) que ce père ne comprenne pas pourquoi tu chiales alors que t'es heureuse et que ce bébé tu le voulais ("JE? Pas ON?"). Les pères parfaits c'est comme les mères parfaites, ça n'existe pas, arrête d'y croire!

Tabou 4 - le quotidien: 
Tu auras beau t'émerveiller de ta progéniture (la nature est bien faite ils suscitent ça) faut bien le dire, il y a des jours où t'as le sentiment de faire double shift. Après ta journée de boulot t'attend ta journée de boulot mère. Parfois il fait beau,  la chose est bien lunée (toi aussi) et tu as le temps. Ça c'est parfois. Sinon tes copines vont boire un verre, faire une petite course (qui ne concerne pas des lingettes, des laits chocolatés ou du matériel scolaire) pendant que tu cours entre l'école, la machine à laver le linge, la vaisselle (tous les pères ne sont pas équipés de la fonction lavage) et le repas. Et réjouis toi qu'elle n'ait pas encore de devoirs. Bien entendu dans tes rêves les plus fous ta gosse n'est jamais fatiguée, triste, sale, malade ou pot-de-colle. Dans tes rêves tu commences le boulot à 10.00 et tu finis à 15.00, tout ça sans pression avec un salaire qui permet toutes les folies. Dans tes rêves tu ne culpabilises jamais d'avoir envie d'un ailleurs...

Tabou 5 - (Supplément gratuit) les conseils et jugements:
Merci beaucoup et oublie mon numéro. Si un conseil n'est jamais mal intentionné (enfin on peut l'espérer parce que parfois on peut se demander) il tombe souvent au mauvais moment. Les jugements sont toujours inutiles et ont dans la plupart des cas des effets désastreux sur les mères épuisées. Soit elle te bouffe la gueule telle une lionne en rage, soit elle s'écroule de désespoir parce que comme une idiote elle se remet en question. Bref, si t'as quelque chose  à dire, tais toi! Sauf si c'est pour énoncer une vérité du genre "oui oui, t'as pas fini d'en baver". Mais là, tu risques de glisser dans la catégorie "mauvais timing". On tire pas sur une mère à terre. Encore une fois tais-toi! Aucune leçon à tirer de tout ça, une fois mère on tombe soi-même dans le piège des bonnes intentions. L'enfer est en pavé. 

Oui, il y a peu de mères qui avoueront que malgré tout leur amour pour le père et l'enfant c'est trash la maternité. Ce serait comme un désaveu, une faiblesse, une erreur. Moi-même je trouve ça difficile, après autant de petits caractères sur le sujet, de reconnaître qu'on peut en avoir marre tout en étant madly-in-love de sa gosse. Une mère parfaite, c'est celle qui ne l'est pas parce que oui, arrête de rêver, jamais tu ne le seras et c'est très bien comme ça. Faut s'asseoir sur la perfectitude maternelle. Et tant pis si c'est dans l'après-coup que les copines, les mères, dans l'intimité discrète des boudoirs, autour d'une compotine, entre deux langes vous disent (avouent ?) "moi aussi j'en ai marre, t'inquiète, t'es pas la seule!". Le grand secret reste préservé par les femmes elles-mêmes. Et c'est peut-être pas si mal que ça sinon les enfants on n'en ferait plus. 

En surfant sur la toile des blogs dédiés partiellement ou entièrement à ces questions je suis tombée sur cet extrait du livre de Marie Darrieussecq, Le bébé, (édition P.O.L.) citée par une des blogueuses des "Vendredis Intellos" (http://lesvendredisintellos.com/).

« Vérifier pour la dixième fois que le biberon ne fuit pas, alors qu’il est déjà à demi fou de faim ; le savonner longuement, alors qu’il hurle ; le vaporiser d’eau fraîche quand il s’y attend le moins ; rire quand il s’exaspère ; le rajuster quand il s’endort ; le moucher quand il s’amuse ; remplacer le bouchon qui le fascine par un stupide hochet neuf ; le serrer dans des couches trop petites, parce qu’il faut bien finir le paquet ; lui mettre un bonnet ridicule.
Mais aussi : protéger ses yeux du soleil par de savantes rotations de la main, installer des architectures de linges sur sa poussette ; traquer le moustique, prévenir le courant d’air ; lui caresser le front en murmurant des chansons pour éloigner les cauchemars ; le faire rire en inventant des bruits, des grimaces et des danses ; arrêter de fumer ; lui faire sentir les roses ; le plonger dans des bains tièdes quand il faut chaud, des bains chauds quand il fait froid ; le masser à l’huile d’amande douce ; ne pas lui infliger le sirop qu’il déteste ; le bercer jusqu’à la crampe, l’endormir dans nos bras quand nous piquons du nez ; souhaiter la mort du pharmacien qui n’a pas commandé le bon lait ; trouver de la force quand nous n’en avons plus.
Le pire et le meilleur en nous, il le révèle. »

Ouaip, c'est un peu ça d'être une mère. Une mère(im)parfaite. 

J'écris tout ça avec mon poisson-pilote accrochée à mon cou, en mode câlin-maman-je-t'aime. Bon, j'ai peut-être pas tout faux.




lundi 19 mars 2012

Comment se dire adieu


Perdre un être cher n'est jamais facile. Un coeur pleure l'absent pour mille et une raisons, étonnantes et surprenantes, que seul le jour du véritable chagrin pourra révéler. Se préparer, savoir l'inévitable ne change rien à la peine que l'on ressent ni à la force de celle-ci. J'ai pleuré il y a quelques semaines un homme grand que j'avais pour habitude d'appeler Bon-papa.
Ce grand-père que je ne pensais qu'à nous - sa famille - m'a surpris au-delà de sa mort. Au travers des hommages rendus, fussent-ils académiques, engagés ou familiaux, une même esquisse. Celle d'un homme qui aimait sa famille, qui était fier de nous et qui a transmis à tous de véritables valeurs. Un homme qui était aimé par d'autres aussi, beaucoup d'autres. L'émotion et la chaleur des paroles de ce jour m'ont profondément touchées. Elles m'ont apaisée. J'ai découvert par les échos du monde la profondeur de son être et de ses convictions dont je n'avais étrangement entrevu qu'une partie (sa leçon d'humilité sans doute). Et j'ai aussi (re)découvert mon héritage, la lignée dans laquelle je m'inscris. Je n'ai pas su tout comprendre lorsqu'il était là. C'était mon grand-père après tout, ni un professeur, ni un Docteur, ni un maître. Mais je n'ai aucun regret. Ce qu'il devait transmettre l'a été, par son tendre et discret accompagnement. Par ses leçons parfois agaçantes mais qui ont porté leurs fruits. Et par mon propre père. Ainsi va la vie, de génération en génération. Depuis le départ de mon grand-père il faut se reconstruire, chacun reprendre sa place, s'en faire une nouvelle, avec l'absence et tout ce qu'elle nous rappelle. Cette perte de fin d'hiver entame son lent travail de  deuil avec l'arrivée du printemps. Le chagrin se fait doux amer. On rit plus souvent, on chérit ce lien qu'on ne savait pas si fort, on partage des petites histoires comiques, on ressent la joie de passer du temps avec sa grand-mère et de la voir si bien. On parle de l'enfant à venir. Les absents nous rapprochent, sans doute un dernier cadeau pour la route. La vie continue.

Mon grand-père a écrit "creuser la terre, trouver les hommes" (ou était-ce "creusez la terre, trouvez les hommes"?). Un humanisme à toute épreuve dont on ne peut faire l'économie. Merci, je ne l'oublierai pas. C'est cet homme là dont je veux me souvenir, c'est cet homme là qui est mon grand-père, c'est cet homme là qui, durant ma vie et avec sa mort, m'a renvoyée à ce que je suis et ce que je peux encore choisir d'être.



jeudi 2 février 2012

Féminisme, féminité et respect de soi

"Le féminisme est un ensemble d'idées politiques, philosophiques et sociales cherchant à promouvoir les droits des femmes et leurs intérêts dans la société civile. Il s'incarne dans des organisations dont les objectifs sont d'abolir les inégalités sociales, politiques, juridiques, économiques et culturelles dont les femmes sont victimes. Si le terme « féminisme » ne prend son sens actuel qu'à la fin du XIXe siècle, les idées de libération de la femme prennent leurs racines dans le siècle des Lumières et se réclament de mouvements plus anciens ou de combats menés dans d'autres contextes historiques. L’objectif principal de la « première vague du féminisme » est de réformer les institutions, de sorte que les hommes et les femmes deviennent égaux devant la loi : droit à l'éducation, droit au travail, droit à la maîtrise de leurs biens et droit de vote des femmes constituent les revendications principales de cette période. Le mouvement féministe a produit une grande diversité d'analyses sociologiques et philosophiques. La deuxième vague féministe, qui intervient à la fin des années 1960 avec la naissance du Mouvement de libération des femmes (MLF) et du Women's Lib, a ainsi élaboré plusieurs concepts qui entendent rendre compte de la spécificité du rapport de domination exercé sur les femmes. C'est à cette période qu'est reformulé le concept de patriarcat, élaboré celui de sexisme et que l'accent est mis sur le domaine privé comme lieu privilégié de la domination masculine : le « personnel est politique ». Les revendications touchant au contrôle de leur corps par les femmes (avortement, contraception) sont placées au premier plan mais, plus largement, c'est à la construction de nouveaux rapports sociaux de sexe qu'appellent les féministes de cette deuxième vague. Dans cette perspective, la notion de « genre » entend « dénaturaliser » les rapports entre les sexes. Sous le nom de troisième vague féministe, on désigne à partir des années 1990, un large ensemble de revendications exprimées par des militantes féministes issues de groupes minoritaires, dans le sillage du Black Feminism." Merci Wikipedia (et vive l'accès libre au net et à l'information!).

Je ne voudrais pas me lancer dans l'analyse de ce qu'est le féminisme et sa perception aujourd'hui (certaines le font déjà et bien mieux que moi, chapeau bas madame) mais j'ai envie de m'arrêter un instant sur ma propre conception du féminisme et de ses représentations.

Un soir pas très lointain, autour d'un hamburger, entourée d'amies proches, le sujet surgit parmi d'autres, amené l'air de rien par la question de l'avortement (si si je me marre au resto avec les filles faut pas croire hein!). Je lâche "je ne suis pas féministe et les chiennes enragées qui défendent les femmes, très peu pour moi, je me passerai de leur soutien". C'est vrai quoi, ces féministes qui crient partout qu'on est l'égale de l'homme, qu'on vaut un homme, qu'il faudrait d'ailleurs en pendre quelques uns par les couilles pour mettre fin à l'oppression de la femme, ça me parle pas beaucoup. Si je peux entendre, croire, admirer les femmes qui ont eu le courage de faire entendre leurs voix il y a des décennies, je me dis (un peu endormie sans doute) que finalement ce n'est plus le même combat aujourd'hui et qu'il ne faut pas exagérer. Une petite claque mentale plus tard, je suis obligée de reconnaître que ce n'est pas vrai. Comme mon amie me le fait remarquer justement, je confonds être l'égale de l'homme et être son semblable. Je rejette souvent les "féministes" parce que je comprends mal le discours et que j'ai le sentiment qu'elles veulent que nous soyons semblables aux hommes. Moi je n'en ai pas envie. J'aime être une femme. Je ne suis pas comme un homme, j'aime que nous soyons différents et complémentaires (et franchement quand il faut faire les travaux dans l'appart' je me fais ardente défenderesse de la femme sans muscles qui ne peut porter des tas de gravas sur deux étages...). C'est clair, je défends ardemment l'idée de ne pas être semblable à l'homme et même les nombreux avantages que cela comporte (des aspirations aux attentes, de la mode aux obligations). Nous ne sommes pas semblables, c'est bien, mais nous ne sommes pas égaux, c'est mal. Je disais donc quelques lignes plus haut que je m'étais "un peu endormie" sans doute parce qu'il me vient parfois à l'idée que ma génération (les 70' et début 80') est  larguée en terme de combat. Beaucoup de grandes causes ont trouvé une apogée avant nous et si le combat n'est pas fini, l'enjeu est moins visible. Notre boulot aujourd'hui est d'enraciner ce qui a été gagné, d'éviter le recul des mentalités et d'engager les nouvelles générations vers de nouvelles perspectives de réflexion. Bref, as usual on laisse tomber avant la fin, on s'essouffle, on néglige le détail, on s'endort au moulin. On oublie. Mais la réalité est que les inégalités sont bien là, encore et toujours. Exemple? La protection de la maternité, le congé de maternité et son "salaire", les considérations de nos supérieurs hiérarchiques, nos collègues, ..., mince parfois je me dis que je suis la seule des deux sexes à pouvoir porter un enfant (pour le coup ce n'est pas un choix) mais à quel prix! Presque obligée de me justifier de cette grossesse (je la pique à une collègue - véridique). Et je me dis (idiote) "c'est vrai, c'est pas facile pour un service de gérer ces remplacements et ces écartements prophylactiques" - enfin là je rêve parce que chez nous ce n'est vraiment pas d'application. Bref, je me demande aussi, lorsque ces mêmes responsables engrossent leur femme, s'ils se demandent si cela va poser problème au chef de ladite femme? Sûrement pas. Et les pires ennemies des femmes enceintes sont elles-mêmes. Prises dans un fonctionnement de société où il nous faut être femme avant d'être mère, performante et rentable, nous marchons sur nos droits. Je ne cesse de marteler dans les couloirs du boulot que "je suis enceinte mais je ne suis pas malade, pourtant je veux être ménagée, pas parce que je suis une nouille mais parce que c'est mon droit". Remettons-nous en question le droit de vote de 1948? Non. Ne remettons pas le reste de nos droits sur la sellette. Bon là je suis un peu concernée par la thématique de la femme enceinte puisque je suis en mode poule couveuse pour les mois à venir. Est-ce cela qui m'a fait dresser le sourcil à la lecture de "ni maman, ni objet, ni putain". Mais c'est quoi ça? Qu'est-ce qu'elles veulent les femmes à la fin? Je suis une femme, je suis une mère, je me sens bien. Je ne suis pas objet, parfois ou si peu. Je ne suis pas putain (je suis déléguée...).

Mais les femmes sont bien d'autres choses que cela. Pourquoi se définir dans le rejet de catégories réductrices qui plus est. Coincées dans des carcans on ne sait plus ce qu'on est ou ce que l'on devrait être. Je me sens partagée entre statut et étiquette, sans savoir ce qu'il convient de respecter pour être fidèle à mon genre, sans être respectée moi-même par ces défenderesses des femmes. Perdues dans nos représentations, nous nous perdons nous mêmes. Ne faudrait-il pas accepter la multiplicité de ce qui nous fait? Les blagues sur les femmes ne sont-elles pas remplies de ces sous-entendus qu'il faudrait plus d'une vie pour lire le mode d'emploi d'une femme étant donné sa complexité (celui de l'homme ressemble plutôt au mode d'emploi Ikea - doit-on l'envier?). Je n'aime pas rejeter tous les modèles, je n'aime pas l'indépendance absolue. La femme est l'altérité de l'homme. Nous ne pouvons nous définir les uns sans les autres et nous avons besoin des uns et des autres. Je ne potasse pas tous mes sujets à fond (sinon je n'écrirais pas des petites pensées du jour mais une thèse). Toutefois je ne comprends pas (et j'espère très sincèrement avoir manqué le fond du discours) des affirmations comme le fait que de revenir à une maternité naturelle est un recul, que l'allaitement est un piège qui enferme la femme dans sa condition. Peut-être ai-je une chance folle mais dans mon nid, c'est moi  qui décide de cela. Mon homme il est d'accord...de me laisser décider. Si je le sens tant mieux, si je ne le sens pas c'est mon choix. Mon homme il dit que c'est mon corps et que je dois agir en fonction de ce que je me sens capable de faire. Il respecte mon choix. Et plus encore que cela il est prêt à en discuter si je le désire. N'est-ce pas là un véritable respect de mes choix et de ma condition comme de la sienne? Je remplis sans doute bien des stéréotypes de la femme et mon homme un paquet de ceux des hommes. Nous nous battons parfois sur ces questions mais ce qui nous tient fondamentalement à coeur c'est de permettre à l'autre de s'épanouir, de tendre au plus près de ses aspirations. Ce qui nous tient à coeur c'est le respect de ce que nous sommes.

Je ne serais pas juste de ne parler que de la femme mère (puisque je m'acharne à démontrer que nous sommes multiples) si je ne parlais pas des ces femmes sans enfants. Et c'est pour moi celles qui sont le plus à plaindre. Non parce qu'elles n'ont pas d'enfants, chacune ses choix, mais parce que cette société qui se veut tellement ouverte sur les droits de la femme ne peut concevoir qu'une femme ne remplisse pas son "devoir" (merde si t'as pas de gosse et que tu n'es pas carriériste c'est trash en soirée de justifier le sens de ta vie!). Et toujours de retomber dans le même paradoxe, on nous reproche d'être soumises à la maternité, on nous reproche de nous y refuser, ballottées d'une étiquette à l'autre,c'est toujours aussi difficile d'être femme. Les mentalités ont certes fait de grands progrès depuis des décennies mais comme toujours à vouloir trop en faire on ne sait plus où aller, quel dogme satisfaire ("dogme" car je ne pourrais pas qualifier ces théories de libres pensées). C'est toujours aussi difficile d'être femme après tout ce temps. Je ne sais plus de quoi je peux être fière. Et sincèrement je plains les mecs aussi. Dans cette société où nous devons être tout à la fois, nous ne pouvons que nous heurter, sexe opposé, pas semblables mais égaux. Avant de vouloir changer "l'homme", c'est aussi les femmes qu'il faut changer. Ce sont d'elles dont je me méfie le plus quand il faut parler féminisme. Si tu ne te respectes pas toi-même comment peux-tu attendre cela de l'autre?

Je ne remet aucun combat en cause (à peine le fond et la forme), les inégalités sont toujours bien réelles et la lutte continue. Serez-vous avec moi le 24 mars 2012 pour marcher pacifiquement au nom du droit à l'avortement? Vous m'y verrez enceinte de 4 mois, ma fille à la main, ma copine célibataire et sans enfant pas loin (c'est une fille bien quand même!). Les droits sont l'affaire de tous. Et je ne cesserai d'emmerder mon boulot avec mes droits de femme et de mère tout comme je ne cesserai de militer pour les droits de l'Homme, de la vie sauvage, des animaux, de la nature, de la liberté d'expression, pour l'abolition de la peine de mort. Mince le respect c'est un boulot à temps plein.

Ma fille, Lola chérie, je te souhaite d'être une femme accomplie. Tu devras définir toi-même le sens de cet accomplissement mais je te promet de t'y aider, de te guider sur le chemin de l'humanité et de la féminité. Je t'aime.