samedi 19 mai 2012

V.O. sous titrée papier

Je me fais souvent la réflexion après un film, s'il est adapté d'un roman, que soit le roman doit être/est meilleur, soit l'adaptation est mauvaise. Si tous les livres ne sont pas bons - et dans ce cas cela laisse peu de chance au film de l'être - pas mal de bons livres finissent de manière désastreuse sur le grand et petit écran. C'est dommage. En même temps c'est peut-être ce mauvais film qui va me donner envie de lire le livre. Sans doute parce que j'aime lire. Sans doute parce que je ne peux pas croire que quelqu'un ait pris la peine de mettre en scène un roman qui ne vaudrait même pas sa lecture. 





Le film est souvent réducteur de ce qui fait le charme du livre, les détails. Ceux qui colorent l'imagination à la lecture, donnent le corps, le décor et qui sont sacrifiés à la réalisation. C'est vrai, ils sont "inspirés de...". Oui mais pourquoi  "s'inspirer de" si c'est pour ne pas retrouver ce qui fait l'essence et le sens même du livre? Sans cela même quelque chose d'inspiré sonne creux aux yeux, aux oreilles et aux tripes. Les messages sont souvent oubliés au profit de l'action dans les romans tirés de littérature de science-fiction ou les scènes gores sont multipliées au dépend de l'horreur la plus subtile qui vous remonte l'échine pendant la lecture à la seule force de l'imagination. Le sexe ou l'amour mielleux prend la place de la complexité et la nuance des sentiments. Ce qui est mis en avant est ce qui parlera au plus grand nombre ou ce que le scénariste a trouvé nécessaire ou indispensable. Ce n'est pas toujours ce qui m'a touché. Et c'est toujours ce qui me déçoit. Et pourtant, même en sachant cela, je désire parfois tellement que ces romans, ces essais, ces livres qui m'ont fait vibrer soient adaptés au grand écran. Que les images surgies dans ma tête prennent vie! Je ne suis pas difficile. Je lis à tous les râteliers, dédaignant peu de styles, certains étant plus appréciés que d'autres c'est vrai, je reste ouverte. Je suis bon public, le trop intellectuel m'ennuie, le cousu de fil blanc m'endort. J'ai à coeur de connaître mes classiques et de découvrir les nouveautés, le buzz littéraire de la rentrée. J'aime l'histoire, les sciences, les mystères, le romantisme. Et même la philosophie. J'ai peur à la lecture d'un thriller, je ne suis pas avare d'imagination. La littérature américaine contemporaine et les tranches de vie sont mes péchés mignons. 

Exemples! Pour les moins cinéphiles ou les moins lecteurs et pour laisser libre court à la critique de ceux qui diront toujours "oui mais si elle appelle ça de la littérature, alors forcement...". Je m'en fiche. Les livres c'est comme la musique, c'est une affaire de goûts personnels. Ce que je n'aime pas n'est pas forcement mauvais. Ce n'est simplement pas mon goût. J'essaie de vivre et laisser vivre la culture de chacun (dans ce contexte hein, il y a des exceptions à tout!). L'important à mes yeux étant plus la démarche de curiosité que le résultat lui-même. C'est un peu un principe d'éducation, tu n'es pas obligé de manger mais il faut goûter avant de dire qu'on n'aime pas. Bref, je m'égare, je reviens à mes tonnes de papiers et mes kilomètres de pellicules. 
J'ai un faible pour Michael Cunnigham. J'ai adoré "La maison du bout du monde". J'ai rêvé qu'il soit adapté et...mon rêve est devenu réalité. Le film sonnait creux et Colin Farell (que j'abhorre) interprétait le personnage phare. Une déception. Je regarde désormais mon livre avec pitié, je lui en veux un peu de ne pas avoir su transcender l'écran. Je lui pardonne aussi un peu quand je vois "Les heures", a contrario une très bonne adaptation (qui m'a amenée à découvrir la version papier de Cunningham). 
J'ai reçu il y a bien longtemps "Ensemble, c'est tout" d'Anna Gavalda. Magnifique. Depuis tout le monde l'a lu, parce qu'il est sorti au cinéma avec Tautou et Canet et bon, on ne peut pas faire l'impasse. C'est pas si mal adapté pour une fois mais la joie de plonger dans la brique qu'est ce roman et de devoir faire sien, aimer ces personnages est totalement absente du film. Qui ne tombe pas sous le charme des yeux doux de Canet? Je ne cite même pas les qualités attractives de Tautou. Le film était gagnant avant le départ. Le choix des acteurs...  
Stephen King. Nombreux seront ceux qui ne le qualifient pas d'écrivain et parleront de ses romans comme du papier chiotte. Ok, c'est affaire de goût personnel (cf paragraphe précédent). Je reste une fan de "Ça", "Shining", "La ligne Verte", "Shawshank Redemption", "Dolores Claiborne", "Le fléau", "Sac d'os" , "Misery", "Marche ou crève", "Coeurs perdus en Atlantide" et "Simetierre" (qui m'a fait faire un des pires cauchemars de ma vie, alors que j'avais pourtant dans la vingtaine...). J'assume. J'adore lire ses romans et je me ch*** dessus avec certains. Au point de sauter quelques passages (dans Shining je fais systématiquement l'impasse sur la chambre 217) et depuis "Ça" je ne me penche plus au-dessus des lavabos. A part une ou deux adaptations (je dirais dans les plus récentes), les versions cinématographiques sont épouvantables et en deviennent comiques, voire pathétiques. 
J'ai beaucoup aimé "La nostalgie de l'ange" d'Alice Sebold, pellicule et papier. Le tour de force de mettre en scène sans ringardise le monde de Susie est un exploit. Merci Peter Jackson! 
"Il faut qu'on parle de Kevin" de Lionel Shriver est un exemple parfait de réussite - si on n'a pas lu le livre. Bon film. Puis on lit. Et là c'est vraiment trop bon! L'écriture, le suspens, la profondeur des personnages, la complexité de l'âme humaine. 
Jane Austen ou William Shaekespeare échappent en général au massacre de la mise en image. La clâââââsse Bristish je suppose... 
Je prie pour qu'on n'adapte jamais Donna Tartt, Armistead Maupin, Howard Buten ou David Lodge. Il y a des romans qui doivent le rester. Ces exemples sont loin d'être exhaustifs. Je ne lis pas que ces écrivains là et il y a de nombreuses adaptations de qualité. Comme tous les puristes de la page, finalement c'est toujours la même histoire, un sentiment de trop peu ou d'inexactitude. L'imaginaire des autres n'est pas le nôtre. Même devant Harry  Potter je fais de longues digressions à ma moitié pour qu'il comprenne "mieux" (et qui ne pige plus rien du tout à force de MES détails).

Tout cela m'est venu en regardant "Un secret" sur France3. Il y avait un petit quelque chose mais cela manquait d'autre chose. Débarquée de la lune récemment je découvre que c'est une adaptation. Et "on dit" que le livre est très bien. Bon, je le mets sur la liste des livres qu'il faut que je lise parce que j'ai envie d'en savoir plus, parce que je ne crois pas qu'on peut en rester là. Finalement oui, j'aime les allers-retours entre la page et la pellicule. Même décevants. Parfois c'est comme ça qu'on découvre un auteur, un nouveau genre littéraire. Ou pas. 

samedi 12 mai 2012

Sign & share

de l'art de s'engager - sur un mode moderne et virtuel. 

Les sarcastiques diront que c'est bien facile de cliquer derrière un écran pour se sentir actif. Ceux là sont ceux qui ne cliquent jamais et qui à part critiquer les agissements des autres ne font pas grand chose. En fait disons-le ils ne foutent rien d'utile. 

C'est vrai que l'engagement ce n'est pas obligatoire. Même si on peut se demander comment à notre époque il est encore admissible de rester impassible devant le rythme effréné du monde dans sa course à la connerie. Le retrait, le sans-avis, la pseudo prise de distance, la non position (différente de la réflexion ou de la difficulté à trouver la position qui nous parle) c'est une manière de ne rien faire. C'est une manière de laisser faire, parfois le pire. Et ça c'est irresponsable. 


Le temps pris pour lire les quelques lignes explicatives d'une pétition (pour ceux qui n'ont pas le courage de lire plus avant des articles de fonds) est court, il ne coûte rien et peut pourtant y faire beaucoup. Les adeptes de nombreux mouvements d'action sur la toile sauront qu'il y a des suites aux (sérieuses) pétitions. Bon pas toujours, c'est vrai, mais qui ne tente rien est sûr de ne rien avoir, pas vrai? Et à défaut de résultats concrets rien n'est perdu car c'est aussi une  manière de diffuser de l'information et d'en apprendre plus.  

Parfois quelques clics font plus que lorsqu'on marche en silence dans la rue. Je ne sais pas si c'est vraiment bien mais c'est un moyen. Et certains combats ou certaines idées valent bien de s'ouvrir à de nouvelles méthodes. 

Dans notre société où l'on veut toujours plus, les aficionados de la consommation se réjouiront que les pétitions on-line fourmillent des sujets les plus variés et rencontrent de nombreux intérêts (même si un grand nombre ne partage pas forcement chacun de ces intérêts et que toutes ne sont pas - bonnes - à signer). Chaque région du globe est couverte, des humains aux animaux en passant par les animaux utilisés par les humains et les humains utilisés par les humains. De l'écologie, du bio, du fair trade. De l'éducatif, de l'artistique. Des gays, des lesbiennes, des hétéros et des qui savent pas vraiment. Des guerres et des paix. Je ne suis pas exhaustive. Il y a donc toujours moyen de trouver clic à son doigt. 

Tout ça pour dire quoi? Et bien qu'à la prochaine pétition que je t'envoie, attends avant de nier l'affaire ou d'effacer mon message l'air de rien. Clique un coup ou deux et tu verras qu'il ne t'arrivera rien si ce n'est d'avoir bonne conscience. Un luxe aujourd'hui. Et puis diffuse (si tu as le temps). Fais partager tes idées, tes craintes, tes souhaits, tes passions aux autres. Ce sera toujours plus utile que la chaîne de l'amitié que tu ne peux briser sous peine de mourir dans d'atroces souffrances et avec laquelle tu brises par contre les c*** de tes contacts mails. Ce sera plus utile que de poster sur ton mur Facebook un avis disant que t'es fièr(e) de connaître un cancéreux, un moche, un handicapé et que TOI tu oses le dire. Ça leur fait une belle jambe tiens... Par contre les pétitions permettant de lutter contre la discrimination, pour permettre les soins accessibles à tous et j'en passe et des meilleures ça pourrait avoir un peu de sens pour tous ceux qui luttent face aux adversités physiques, sociales, politiques de la vie. Enfin je crois. 

Manifester même du bout des doigts est un droit que tous n'ont pas. C'est donc un devoir pour ceux qui l'ont. Il y a plus de force dans une pétition que dans un avis donné du fond de son canapé. Courage!

Le "clic" d'un jour ne dispense personne d'une petite manif live à l'occasion. Dis toi que c'est "vintage" s'il faut que ce soit un peu "lifestyle" pour te convaincre que l'engagement c'est pas ringard. 



vendredi 11 mai 2012

C'est tous les jours la fête des mères


A toutes les mères parfaites - dans la vraie vie.

Maintenant que me voilà allongée, contrainte plus ou moins volontairement au repos pour mieux couver ma seconde (future) progéniture, j'ai l'occasion de longuement méditer sur l'état de mère (combien d'entre vous ont pensé/lu l'état de merde) dans lequel je suis. 

Quand on parle maternité il y a l'avant, le pendant et l'après - l'A-P-A. Et il n'y a pas un état pour rattraper l'autre. Loin de moi (je dis souvent ça mais à vrai dire c'est peut-être plus près que prévu) l'idée de me joindre à cette nouvelle tendance des "mères indignes, ingrates ou insatisfaites et fières de l'être" mais tout de même, constat doit être fait que mère c'est un p*** de job. La partie la plus pénible étant cette obligation d'être soit 100% épanouie, soit 100% "j'assume que ça me gonfle". L'entre-deux plus nuancé, plus difficile à exprimer ou conjuguer c'est pourtant à peu de choses près l'état commun à la plupart des mères. J'énonce pas un truc délirant là, les forums de maternité (relativement ringards j'en conviens) et les blogs persos aussi fleurissent autour de ces questions. Et si c'est le cas c'est sans doute parce qu'un nombre croissant de mères commencent à se dire les mêmes trucs et se rassurent en faisant le constat qu'elles ne sont pas les seules et qu'elles ne doivent point culpabiliser. Vite dit ça. Malgré mes opinions relativement (bien) défendues et répandues (si t'as le malheur de me fréquenter dans le quotidien tu sais que je ne me prive pas pour donner mon avis) j'applique pas le quart du tiers de ce que je bave. Bref, après avoir claironné haut et fort que ma grossesse était prioritaire sur la performance professionnelle ou sociale, que les femmes ne sont pas égales entre elles et qu'on s'en fout, que blablabla et blablabli, il aura fallu qu'un boulon lâche pour que j'accepte de me trouver allongée au repos et que non je n'étais pas une femme - enceinte - moins que bien pour autant. Le "truc" avec l'A-P-A de la maternité c'est qu'on nous cache tout (on nous dit rien). Et ça c'est vache, parce qu'après on se met des pressions de dingues pour faire comme les autres, qui en fait ne font rien du tout sauf semblant, tout comme nous, d'assurer à mort. Alors à bas quelques contre-vérités. Et je me permets de les lâcher tranquille, en mère épanouie, aimant la grossesse, avec une super première grossesse, avec un accouchement de rêve, une gosse à tomber tellement qu'elle est géniale, avec un père présent et une deuxième grossesse tout aussi cool. Et pourtant si si si, on n'est à l'abri de rien. 

Tabou 1 - la grossesse: 
En plein dedans je manque donc totalement d'objectivité mais je suis aussi très bien placée pour témoigner de ce vécu troublant. Pas d'analyse psy ici (on le sait merci que la grossesse est un état proche de la folie, qui remue des tas de boues) mais plutôt un peu de vécu. De la life quoi! Comme me disait une amie proche "avant je trouvais les femmes enceintes merveilleuses, maintenant (elle est enceinte) je trouve ça pénible et attends impatiemment la fin" (je paraphrase - tu m'excuseras chérie). Moi j'aime bien être enceinte. Mais c'est vrai aussi que les avantages de l'état de grâce continuent de m'échapper. Enceinte tu ne t'appartiens plus, tout le monde se sent autorisé à te toucher, à commenter ta prise de poids, ta (mauvaise) mine, te parle du bébé mais finalement jamais de toi, t'es la reine mais tu fais plus partie de la fête... Enfin parfois oui parce que t'as la chance de sauter comme un cabri jusqu'à la délivrance (le mot je te jure le mot...). Et moi évidemment je suis pas le cabri de service. Donc en totale contradiction avec mes propres propos je me trouve nulle de traîner la patte. On tolère tout de toi mais parce que t'es à moitié folle - hormones obligent. Toujours sympa d'être réduite à ça. Je t'épargne les plaintes de la femme enceinte, je suis en couple, j'ai déjà mon soulagicon à domicile qui n'en peut plus de joie de m'avoir mise dans un état lui permettant d'accéder à des connaissances sur mon anatomie qu'il n'avait jamais soupçonnées. Et ouais. La femme enceinte n'a pas un corps comme le tien et n'a pas de pudeur (sauf quand ça l'arrange). Je laisse la joie aux pères de se souvenir, aux futurs pères de découvrir par eux-mêmes et aux mères d'opiner de la tête. Même quand tout va bien, il y a des choses qu'on aurait préféré ignorer pour le reste de son existence. Le déni a parfois sa valeur.

Tabou 2 - l'after birth:
La naissance c'est le plus beau jour de ta vie ( parce que même un accouchement merdique te fait remercier le ciel de t'en être sortie vivante). Bon après ça se corse. On ne le dit jamais assez mais c'est le Sirocco de Walibi l'after birth. D'autant plus qu'on te parle toujours des émotions fortes que tu vas vivre (on t'avait bien sûr pas dit dans quel sens elles étaient fortes et que la pente pouvait être descendante). Mets ta ceinture et en route pour la privation de sommeil, les seins douloureux, le mal au cul, la pression sociale, la pression personnelle et la culpabilité. Faut pas s'y tromper, tu l'aimes ton moutard (à ce prix là tu peux bien!) mais quand t'en peux plus ben t'en peux plus. Et malheureusement personne ne peut se mettre à ta place. Ça m'arrache le coeur et la langue de dire ça mais si tu ne l'as pas vécu, tu ne peux MÊME PAS avoir une idée du brouillard dans lequel une jeune mère peut être. ET d'expérience personnelle, parfois tu te rends même pas compte que t'es dedans, c'est pour dire.

Tabou 3 - les pères présents:
Bien sûr si t'as de la chance comme moi t'as pas pris le pire des géniteurs pour faire ta petite merveille. Il est beau, il est malin, il est doux, il est compréhensif et il voulait autant que toi faire cet adorable bébé qui occupe désormais 110% de ton temps (je veux décourager personne alors j'ai pas dit 200% de ton temps). Mais bon, même en 2012 (à l'époque c'était 2009), les rôles sociaux - malgré tout notre bon vouloir - n'ont pas encore  radicalement changés et pour peu que tu pratiques l'allaitement à la demande, le père ne peut pas prendre le relais. Et puis il travaille LUI - alors que TOI, t'es jamais qu'une mère à la maison en congé de maternité, bref, t'as rien d'autre à foutre de tes journées que de glander avec ton nouveau-né... Cf tabou 2, personne, PAS MÊME LE PÈRE ne peut se mettre à ta place (malgré ton désir intense) et il arrive (si!) que ce père ne comprenne pas pourquoi tu chiales alors que t'es heureuse et que ce bébé tu le voulais ("JE? Pas ON?"). Les pères parfaits c'est comme les mères parfaites, ça n'existe pas, arrête d'y croire!

Tabou 4 - le quotidien: 
Tu auras beau t'émerveiller de ta progéniture (la nature est bien faite ils suscitent ça) faut bien le dire, il y a des jours où t'as le sentiment de faire double shift. Après ta journée de boulot t'attend ta journée de boulot mère. Parfois il fait beau,  la chose est bien lunée (toi aussi) et tu as le temps. Ça c'est parfois. Sinon tes copines vont boire un verre, faire une petite course (qui ne concerne pas des lingettes, des laits chocolatés ou du matériel scolaire) pendant que tu cours entre l'école, la machine à laver le linge, la vaisselle (tous les pères ne sont pas équipés de la fonction lavage) et le repas. Et réjouis toi qu'elle n'ait pas encore de devoirs. Bien entendu dans tes rêves les plus fous ta gosse n'est jamais fatiguée, triste, sale, malade ou pot-de-colle. Dans tes rêves tu commences le boulot à 10.00 et tu finis à 15.00, tout ça sans pression avec un salaire qui permet toutes les folies. Dans tes rêves tu ne culpabilises jamais d'avoir envie d'un ailleurs...

Tabou 5 - (Supplément gratuit) les conseils et jugements:
Merci beaucoup et oublie mon numéro. Si un conseil n'est jamais mal intentionné (enfin on peut l'espérer parce que parfois on peut se demander) il tombe souvent au mauvais moment. Les jugements sont toujours inutiles et ont dans la plupart des cas des effets désastreux sur les mères épuisées. Soit elle te bouffe la gueule telle une lionne en rage, soit elle s'écroule de désespoir parce que comme une idiote elle se remet en question. Bref, si t'as quelque chose  à dire, tais toi! Sauf si c'est pour énoncer une vérité du genre "oui oui, t'as pas fini d'en baver". Mais là, tu risques de glisser dans la catégorie "mauvais timing". On tire pas sur une mère à terre. Encore une fois tais-toi! Aucune leçon à tirer de tout ça, une fois mère on tombe soi-même dans le piège des bonnes intentions. L'enfer est en pavé. 

Oui, il y a peu de mères qui avoueront que malgré tout leur amour pour le père et l'enfant c'est trash la maternité. Ce serait comme un désaveu, une faiblesse, une erreur. Moi-même je trouve ça difficile, après autant de petits caractères sur le sujet, de reconnaître qu'on peut en avoir marre tout en étant madly-in-love de sa gosse. Une mère parfaite, c'est celle qui ne l'est pas parce que oui, arrête de rêver, jamais tu ne le seras et c'est très bien comme ça. Faut s'asseoir sur la perfectitude maternelle. Et tant pis si c'est dans l'après-coup que les copines, les mères, dans l'intimité discrète des boudoirs, autour d'une compotine, entre deux langes vous disent (avouent ?) "moi aussi j'en ai marre, t'inquiète, t'es pas la seule!". Le grand secret reste préservé par les femmes elles-mêmes. Et c'est peut-être pas si mal que ça sinon les enfants on n'en ferait plus. 

En surfant sur la toile des blogs dédiés partiellement ou entièrement à ces questions je suis tombée sur cet extrait du livre de Marie Darrieussecq, Le bébé, (édition P.O.L.) citée par une des blogueuses des "Vendredis Intellos" (http://lesvendredisintellos.com/).

« Vérifier pour la dixième fois que le biberon ne fuit pas, alors qu’il est déjà à demi fou de faim ; le savonner longuement, alors qu’il hurle ; le vaporiser d’eau fraîche quand il s’y attend le moins ; rire quand il s’exaspère ; le rajuster quand il s’endort ; le moucher quand il s’amuse ; remplacer le bouchon qui le fascine par un stupide hochet neuf ; le serrer dans des couches trop petites, parce qu’il faut bien finir le paquet ; lui mettre un bonnet ridicule.
Mais aussi : protéger ses yeux du soleil par de savantes rotations de la main, installer des architectures de linges sur sa poussette ; traquer le moustique, prévenir le courant d’air ; lui caresser le front en murmurant des chansons pour éloigner les cauchemars ; le faire rire en inventant des bruits, des grimaces et des danses ; arrêter de fumer ; lui faire sentir les roses ; le plonger dans des bains tièdes quand il faut chaud, des bains chauds quand il fait froid ; le masser à l’huile d’amande douce ; ne pas lui infliger le sirop qu’il déteste ; le bercer jusqu’à la crampe, l’endormir dans nos bras quand nous piquons du nez ; souhaiter la mort du pharmacien qui n’a pas commandé le bon lait ; trouver de la force quand nous n’en avons plus.
Le pire et le meilleur en nous, il le révèle. »

Ouaip, c'est un peu ça d'être une mère. Une mère(im)parfaite. 

J'écris tout ça avec mon poisson-pilote accrochée à mon cou, en mode câlin-maman-je-t'aime. Bon, j'ai peut-être pas tout faux.




lundi 19 mars 2012

Comment se dire adieu


Perdre un être cher n'est jamais facile. Un coeur pleure l'absent pour mille et une raisons, étonnantes et surprenantes, que seul le jour du véritable chagrin pourra révéler. Se préparer, savoir l'inévitable ne change rien à la peine que l'on ressent ni à la force de celle-ci. J'ai pleuré il y a quelques semaines un homme grand que j'avais pour habitude d'appeler Bon-papa.
Ce grand-père que je ne pensais qu'à nous - sa famille - m'a surpris au-delà de sa mort. Au travers des hommages rendus, fussent-ils académiques, engagés ou familiaux, une même esquisse. Celle d'un homme qui aimait sa famille, qui était fier de nous et qui a transmis à tous de véritables valeurs. Un homme qui était aimé par d'autres aussi, beaucoup d'autres. L'émotion et la chaleur des paroles de ce jour m'ont profondément touchées. Elles m'ont apaisée. J'ai découvert par les échos du monde la profondeur de son être et de ses convictions dont je n'avais étrangement entrevu qu'une partie (sa leçon d'humilité sans doute). Et j'ai aussi (re)découvert mon héritage, la lignée dans laquelle je m'inscris. Je n'ai pas su tout comprendre lorsqu'il était là. C'était mon grand-père après tout, ni un professeur, ni un Docteur, ni un maître. Mais je n'ai aucun regret. Ce qu'il devait transmettre l'a été, par son tendre et discret accompagnement. Par ses leçons parfois agaçantes mais qui ont porté leurs fruits. Et par mon propre père. Ainsi va la vie, de génération en génération. Depuis le départ de mon grand-père il faut se reconstruire, chacun reprendre sa place, s'en faire une nouvelle, avec l'absence et tout ce qu'elle nous rappelle. Cette perte de fin d'hiver entame son lent travail de  deuil avec l'arrivée du printemps. Le chagrin se fait doux amer. On rit plus souvent, on chérit ce lien qu'on ne savait pas si fort, on partage des petites histoires comiques, on ressent la joie de passer du temps avec sa grand-mère et de la voir si bien. On parle de l'enfant à venir. Les absents nous rapprochent, sans doute un dernier cadeau pour la route. La vie continue.

Mon grand-père a écrit "creuser la terre, trouver les hommes" (ou était-ce "creusez la terre, trouvez les hommes"?). Un humanisme à toute épreuve dont on ne peut faire l'économie. Merci, je ne l'oublierai pas. C'est cet homme là dont je veux me souvenir, c'est cet homme là qui est mon grand-père, c'est cet homme là qui, durant ma vie et avec sa mort, m'a renvoyée à ce que je suis et ce que je peux encore choisir d'être.



jeudi 2 février 2012

Féminisme, féminité et respect de soi

"Le féminisme est un ensemble d'idées politiques, philosophiques et sociales cherchant à promouvoir les droits des femmes et leurs intérêts dans la société civile. Il s'incarne dans des organisations dont les objectifs sont d'abolir les inégalités sociales, politiques, juridiques, économiques et culturelles dont les femmes sont victimes. Si le terme « féminisme » ne prend son sens actuel qu'à la fin du XIXe siècle, les idées de libération de la femme prennent leurs racines dans le siècle des Lumières et se réclament de mouvements plus anciens ou de combats menés dans d'autres contextes historiques. L’objectif principal de la « première vague du féminisme » est de réformer les institutions, de sorte que les hommes et les femmes deviennent égaux devant la loi : droit à l'éducation, droit au travail, droit à la maîtrise de leurs biens et droit de vote des femmes constituent les revendications principales de cette période. Le mouvement féministe a produit une grande diversité d'analyses sociologiques et philosophiques. La deuxième vague féministe, qui intervient à la fin des années 1960 avec la naissance du Mouvement de libération des femmes (MLF) et du Women's Lib, a ainsi élaboré plusieurs concepts qui entendent rendre compte de la spécificité du rapport de domination exercé sur les femmes. C'est à cette période qu'est reformulé le concept de patriarcat, élaboré celui de sexisme et que l'accent est mis sur le domaine privé comme lieu privilégié de la domination masculine : le « personnel est politique ». Les revendications touchant au contrôle de leur corps par les femmes (avortement, contraception) sont placées au premier plan mais, plus largement, c'est à la construction de nouveaux rapports sociaux de sexe qu'appellent les féministes de cette deuxième vague. Dans cette perspective, la notion de « genre » entend « dénaturaliser » les rapports entre les sexes. Sous le nom de troisième vague féministe, on désigne à partir des années 1990, un large ensemble de revendications exprimées par des militantes féministes issues de groupes minoritaires, dans le sillage du Black Feminism." Merci Wikipedia (et vive l'accès libre au net et à l'information!).

Je ne voudrais pas me lancer dans l'analyse de ce qu'est le féminisme et sa perception aujourd'hui (certaines le font déjà et bien mieux que moi, chapeau bas madame) mais j'ai envie de m'arrêter un instant sur ma propre conception du féminisme et de ses représentations.

Un soir pas très lointain, autour d'un hamburger, entourée d'amies proches, le sujet surgit parmi d'autres, amené l'air de rien par la question de l'avortement (si si je me marre au resto avec les filles faut pas croire hein!). Je lâche "je ne suis pas féministe et les chiennes enragées qui défendent les femmes, très peu pour moi, je me passerai de leur soutien". C'est vrai quoi, ces féministes qui crient partout qu'on est l'égale de l'homme, qu'on vaut un homme, qu'il faudrait d'ailleurs en pendre quelques uns par les couilles pour mettre fin à l'oppression de la femme, ça me parle pas beaucoup. Si je peux entendre, croire, admirer les femmes qui ont eu le courage de faire entendre leurs voix il y a des décennies, je me dis (un peu endormie sans doute) que finalement ce n'est plus le même combat aujourd'hui et qu'il ne faut pas exagérer. Une petite claque mentale plus tard, je suis obligée de reconnaître que ce n'est pas vrai. Comme mon amie me le fait remarquer justement, je confonds être l'égale de l'homme et être son semblable. Je rejette souvent les "féministes" parce que je comprends mal le discours et que j'ai le sentiment qu'elles veulent que nous soyons semblables aux hommes. Moi je n'en ai pas envie. J'aime être une femme. Je ne suis pas comme un homme, j'aime que nous soyons différents et complémentaires (et franchement quand il faut faire les travaux dans l'appart' je me fais ardente défenderesse de la femme sans muscles qui ne peut porter des tas de gravas sur deux étages...). C'est clair, je défends ardemment l'idée de ne pas être semblable à l'homme et même les nombreux avantages que cela comporte (des aspirations aux attentes, de la mode aux obligations). Nous ne sommes pas semblables, c'est bien, mais nous ne sommes pas égaux, c'est mal. Je disais donc quelques lignes plus haut que je m'étais "un peu endormie" sans doute parce qu'il me vient parfois à l'idée que ma génération (les 70' et début 80') est  larguée en terme de combat. Beaucoup de grandes causes ont trouvé une apogée avant nous et si le combat n'est pas fini, l'enjeu est moins visible. Notre boulot aujourd'hui est d'enraciner ce qui a été gagné, d'éviter le recul des mentalités et d'engager les nouvelles générations vers de nouvelles perspectives de réflexion. Bref, as usual on laisse tomber avant la fin, on s'essouffle, on néglige le détail, on s'endort au moulin. On oublie. Mais la réalité est que les inégalités sont bien là, encore et toujours. Exemple? La protection de la maternité, le congé de maternité et son "salaire", les considérations de nos supérieurs hiérarchiques, nos collègues, ..., mince parfois je me dis que je suis la seule des deux sexes à pouvoir porter un enfant (pour le coup ce n'est pas un choix) mais à quel prix! Presque obligée de me justifier de cette grossesse (je la pique à une collègue - véridique). Et je me dis (idiote) "c'est vrai, c'est pas facile pour un service de gérer ces remplacements et ces écartements prophylactiques" - enfin là je rêve parce que chez nous ce n'est vraiment pas d'application. Bref, je me demande aussi, lorsque ces mêmes responsables engrossent leur femme, s'ils se demandent si cela va poser problème au chef de ladite femme? Sûrement pas. Et les pires ennemies des femmes enceintes sont elles-mêmes. Prises dans un fonctionnement de société où il nous faut être femme avant d'être mère, performante et rentable, nous marchons sur nos droits. Je ne cesse de marteler dans les couloirs du boulot que "je suis enceinte mais je ne suis pas malade, pourtant je veux être ménagée, pas parce que je suis une nouille mais parce que c'est mon droit". Remettons-nous en question le droit de vote de 1948? Non. Ne remettons pas le reste de nos droits sur la sellette. Bon là je suis un peu concernée par la thématique de la femme enceinte puisque je suis en mode poule couveuse pour les mois à venir. Est-ce cela qui m'a fait dresser le sourcil à la lecture de "ni maman, ni objet, ni putain". Mais c'est quoi ça? Qu'est-ce qu'elles veulent les femmes à la fin? Je suis une femme, je suis une mère, je me sens bien. Je ne suis pas objet, parfois ou si peu. Je ne suis pas putain (je suis déléguée...).

Mais les femmes sont bien d'autres choses que cela. Pourquoi se définir dans le rejet de catégories réductrices qui plus est. Coincées dans des carcans on ne sait plus ce qu'on est ou ce que l'on devrait être. Je me sens partagée entre statut et étiquette, sans savoir ce qu'il convient de respecter pour être fidèle à mon genre, sans être respectée moi-même par ces défenderesses des femmes. Perdues dans nos représentations, nous nous perdons nous mêmes. Ne faudrait-il pas accepter la multiplicité de ce qui nous fait? Les blagues sur les femmes ne sont-elles pas remplies de ces sous-entendus qu'il faudrait plus d'une vie pour lire le mode d'emploi d'une femme étant donné sa complexité (celui de l'homme ressemble plutôt au mode d'emploi Ikea - doit-on l'envier?). Je n'aime pas rejeter tous les modèles, je n'aime pas l'indépendance absolue. La femme est l'altérité de l'homme. Nous ne pouvons nous définir les uns sans les autres et nous avons besoin des uns et des autres. Je ne potasse pas tous mes sujets à fond (sinon je n'écrirais pas des petites pensées du jour mais une thèse). Toutefois je ne comprends pas (et j'espère très sincèrement avoir manqué le fond du discours) des affirmations comme le fait que de revenir à une maternité naturelle est un recul, que l'allaitement est un piège qui enferme la femme dans sa condition. Peut-être ai-je une chance folle mais dans mon nid, c'est moi  qui décide de cela. Mon homme il est d'accord...de me laisser décider. Si je le sens tant mieux, si je ne le sens pas c'est mon choix. Mon homme il dit que c'est mon corps et que je dois agir en fonction de ce que je me sens capable de faire. Il respecte mon choix. Et plus encore que cela il est prêt à en discuter si je le désire. N'est-ce pas là un véritable respect de mes choix et de ma condition comme de la sienne? Je remplis sans doute bien des stéréotypes de la femme et mon homme un paquet de ceux des hommes. Nous nous battons parfois sur ces questions mais ce qui nous tient fondamentalement à coeur c'est de permettre à l'autre de s'épanouir, de tendre au plus près de ses aspirations. Ce qui nous tient à coeur c'est le respect de ce que nous sommes.

Je ne serais pas juste de ne parler que de la femme mère (puisque je m'acharne à démontrer que nous sommes multiples) si je ne parlais pas des ces femmes sans enfants. Et c'est pour moi celles qui sont le plus à plaindre. Non parce qu'elles n'ont pas d'enfants, chacune ses choix, mais parce que cette société qui se veut tellement ouverte sur les droits de la femme ne peut concevoir qu'une femme ne remplisse pas son "devoir" (merde si t'as pas de gosse et que tu n'es pas carriériste c'est trash en soirée de justifier le sens de ta vie!). Et toujours de retomber dans le même paradoxe, on nous reproche d'être soumises à la maternité, on nous reproche de nous y refuser, ballottées d'une étiquette à l'autre,c'est toujours aussi difficile d'être femme. Les mentalités ont certes fait de grands progrès depuis des décennies mais comme toujours à vouloir trop en faire on ne sait plus où aller, quel dogme satisfaire ("dogme" car je ne pourrais pas qualifier ces théories de libres pensées). C'est toujours aussi difficile d'être femme après tout ce temps. Je ne sais plus de quoi je peux être fière. Et sincèrement je plains les mecs aussi. Dans cette société où nous devons être tout à la fois, nous ne pouvons que nous heurter, sexe opposé, pas semblables mais égaux. Avant de vouloir changer "l'homme", c'est aussi les femmes qu'il faut changer. Ce sont d'elles dont je me méfie le plus quand il faut parler féminisme. Si tu ne te respectes pas toi-même comment peux-tu attendre cela de l'autre?

Je ne remet aucun combat en cause (à peine le fond et la forme), les inégalités sont toujours bien réelles et la lutte continue. Serez-vous avec moi le 24 mars 2012 pour marcher pacifiquement au nom du droit à l'avortement? Vous m'y verrez enceinte de 4 mois, ma fille à la main, ma copine célibataire et sans enfant pas loin (c'est une fille bien quand même!). Les droits sont l'affaire de tous. Et je ne cesserai d'emmerder mon boulot avec mes droits de femme et de mère tout comme je ne cesserai de militer pour les droits de l'Homme, de la vie sauvage, des animaux, de la nature, de la liberté d'expression, pour l'abolition de la peine de mort. Mince le respect c'est un boulot à temps plein.

Ma fille, Lola chérie, je te souhaite d'être une femme accomplie. Tu devras définir toi-même le sens de cet accomplissement mais je te promet de t'y aider, de te guider sur le chemin de l'humanité et de la féminité. Je t'aime.

the secret life of my bag

Chloé Bingen


For Lucia - a true Lady...

L'accessoire mode indispensable, le fourre-tout traditionnel, le truc utile, des hommes aux femmes, le sac à main... Un petit tour, au petit jour dans mon sac à main (dans mon cas ce serait plutôt à épaules, façon besace).

Le sac: comme c'est l'hiver et qu'il pleut, il est imperméable, 2 tirettes sur 2 sont abîmées, le fond est usé, les poches secrètes sont pleines de tickets de caisses dont je ne fais rien si ce n'est des boulettes de papiers et de mouchoirs (de la serviette de snack aux feuilles de PQ, parfois de vrais mouchoirs aussi). "Le sac" change avec les saisons et avec les humeurs.

Les bases (de la vie moderne, capitaliste) : un porte-monnaie, un porte-cartes, un abonnement STIB et un porte-chèques repas.
Le beauty-case: chewing-gum menthe cerise (haleine fraîche), baume à lèvres hydratant bio, gouttes pour le nez à l'eucalyptus (il ne faut pas avoir le nez bouché pour les utiliser bien sûr), gel nettoyant sans eau ni savon pour les mains, pinces à cheveux de Lola.
Les techniques: iPod touch (Unplugged Nirvana - Lake of Fire), clé USB (pleine de biscuit écrasé, probablement inutilisable), un roman ("La route" pour la route car "La couleur des sentiments" - édition luxe - est trop encombrant).
Les utilitaires: para(la)pluie (dirait Lola), sac en tissu réutilisable pour le shopping du midi ou de 16h.
Les nouveautés: carnet ONE 2012 de la future mère et ses indigérables vitamines de grossesse...

L'accessoire mode raconte des histoires. Ma clé USB celle des biscuits qu'en bonne mère je balade toujours avec moi au cas où la demoiselle aurait un creux sur la route. Elle dit aussi qu'il serait temps de renouveller le stock vu qu'il n'en reste que des miettes. Mon iPod et mes chewings gum sont des éléments de survie indispensables dans la jungle des transports en commun où la promiscuité forcée ne peut être soulagée que par un isolement auditif et odorant (n'en déplaise aux distributeurs de sourires gratuits, ils n'ont visiblement pas les mêmes camarades de voyages que moi). Mon carnet ONE est le guide papier (rendez-vous, prises de poids, prises de sang, échographies) de cette nouvelle aventure parentale qui trouvera son aboutissement en septembre. Mon parapluie me rappelle le jour où Lola a voulu le tenir elle-même et mon sentiment de marcher à côté d'un mini champignon rouge à pois blancs. Mon sac est grand et peu rempli le matin parce qu'il se charge au fur et à mesure de la journée. D'une salade achetée pour midi et d'une bouteille de jus de citron-gingembre (pour les nausées), de papiers divers (ils se reproduisent dans mon sac...). Il se charge des mille et une choses que Lola ne voudra pas porter sur le chemin du retour de l'école et qu'il faudra bien mettre quelque part. Le week-end, il se remplit de culottes de rechange (pour Lola hein!), d'un doudou, d'un berlingot de lait de riz chocolaté, d'un article de journal que ma mère a gardé pour moi, des clés de mon homme (qui ne voit pas l'utilité d'avoir un sac puisque j'en ai un où déverser ce qui encombre ses poches), de photos de Lola a donner à mes grands-parents, d'une babiole glanée dans un magasin pour trois fois rien.

Mon sac est un objet qui m'énerve, dont je ne suis jamais satisfaite. Mon sac est plein de choses dont je ne me rappelle pas. Mon sac raconte des histoires à ceux et celles qui veulent bien les écouter. Mon sac est un sac de fille.

dimanche 22 janvier 2012

De l'art de cultiver les fleurs


                 © Chloé Bingen
The North is to South what the clock is to time
There's east and there's west and there's everywhere life 
I know I was born and I know that I'll die
The in between is mine
I am mine

Pearl Jeam - I am Mine

2012. Bonne année. Le moment des (bonnes) résolutions s'il en faut. A cette occasion je me suis offert le luxe d'un petit cadeau à moi-même en guise de bonne résolution. Cette année je me dis que je suis quelqu'un de bien, j'y crois et j'assume. Difficile exercice. Mais si ce n'est pas à mon âge (pas si avancé mais plus si jeune) que je m'y mets, quand alors? Faire sa propre éloge ou du moins s'envoyer quelques compliments est un art difficile.
Le premier écueil en ce qui me concerne (et la première réflexion qui me vient) c'est que c'est d'une prétention sans fin. D'avance je pense à tous mes défauts. Quel dommage. Pourquoi devrais-je justifier mes qualités en les assortissant d'un bon nombre de défauts. Pourquoi n'est-il pas possible ou si mal aisé de se dire "mais oui j'en vaux la peine". Si une grande marque de cosmétiques sans éthique peut s'offrir ce slogan, ma petite personne engagée n'a pas de raison de s'en priver. Et puis en toute mesquinerie et suffisance, si des tas de cons se permettent le luxe de se trouver bien... Allez, je me lance... Pendant mes études mon maître de stage me disait souvent que si j'étais capable de faire d'excellentes critiques et remises en question, il fallait que je travaille l'acceptation de mes qualités. Quelle idée me disais-je à l'époque! Pourquoi perdre son temps à travailler cela? Qu'importe ce qui est bien fait, ce qui compte c'est ce qu'il faut encore changer, améliorer. Elle m'avait pourtant prévenue que cela me causerait du tort. Et elle n'avait pas tort. Progresser, s'éveiller, grandir, c'est aussi partir de ce que nous sommes, de ce qui est bien acquis et sur lequel nous pouvons compter. Pour 2012 (mais j'avoue j'avais entamé l'exercice en 2011) je me suis mise à l'écoute des compliments (tadaaaaa). Et je vous livre quelques perles sur "mon engagement, mes qualités professionnelles, ma fidélité en amitié comme en famille, l'excellent chef que je ferais, mes analyses fines et justes, mon écriture de qualité (nous ferons l'impasse sur l'orthographe), ... Et d'autres encore toutes aussi douces à mon coeur. Bref, ce ne sont pas les compliments eux-mêmes qui comptent mais, d'une part me rendre compte qu'il y en a, et d'autre part les entendre. Je suis contente d'avoir fait ce pas. La reconnaissance de nos qualités ne vient pas toujours de là où nous le souhaiterions et c'est d'autant plus rare qu'elle vienne de nous mêmes. J'insiste sur le côté altruiste (mais oui) de ma démarche aussi paradoxal que cela puisse paraître. Si tu ne commences pas par t'aimer toi-même, comment être aimé de l'autre? Est-ce si mal de se faire un peu de bien et d'être fier de soi? On ne peut pas tous être des héros de la sphère publique. Mais on peut tous se dire que finalement, quelque part, on est quelqu'un de bien. Et on peut être fier de soi. Parce qu'on est un bon cuisinier (sans être chef étoilé), parce qu'on peut bien écrire (sans être le Goncourt de l'année), parce qu'on joue bien de la guitare (sans être un artiste connu), parce qu'on est de bonne écoute (sans être un psy), parce qu'on peut diriger une équipe efficacement (sans être un dictateur). Je termine intentionnellement mes exemples en citant les qualités de chef parce que c'est une petite anecdote professionnelle qui m'a donné envie d'écrire ce billet d'humeur. Et qui m'a piquée suffisamment au vif pour me sortir de ma léthargie d'employée de niveau 2+ (j'avoue, je me mets à nu). Passons les détails mais disons que dans une réflexion sur un plan de carrière (chose dont je ne suis pas fan mais sur laquelle il faut à un moment s'arrêter ne fusse que pour remarquer que l'on n'en a pas) je me suis heurtée à la hiérarchie. Plus précisément à ce que certains supérieurs hiérarchiques pouvaient penser de ceux occupant les postes "d'en bas", nous les sous-fifres... Il leur semblait invraisemblable que nous puissions un jour occuper leurs postes et plus encore même que nous imaginions pouvoir le faire. Mince, la claque. C'est donc ça que "là-haut" ceux qui nous dirigent pensent? Aïe. Je ne serais donc pas grand chose à leurs yeux? Juste une déléguée dans la masse, considérée comme une enfant plus ou moins sage. Mais qui n'en reste pas moins une enfant, une petite chose qui surtout ne doit pas s'imaginer être ailleurs que là où elle est. Aïe. Et là, au détour d'un couloir et d'un échange avec une amie pleine de sagesse (et d'humour) je me rappelle qui je suis, ce que je suis. Pour ma part, une fille de bonne famille, bonne éducation, bonne école, bonnes études, connaissances culturelles diverses et variées, avec des convictions assumées, des goûts aussi fins que surprenants, ayant voyagé, parlant plusieurs langues, avec de nombreux amis, un homme, une fille incroyable, des chats de cirque et quand je veux, j'ai même un langage châtié. Je ne suis pas cette fille déconsidérée par ces personnes déconnectées de la réalité que sont mes supérieurs hiérarchiques. Rappelle toi Chloé, tu te fiches de ce qu'ils pensent, tu vaux mieux que ça, tu es au dessus de cela. Tu es cette fille pleine de qualité qui peut être fière d'elle. Tu es entourée de personnes pleines de qualités qui peuvent être fières d'elles. Et puis de quelques tristes personnages aussi. Ne pas convenir à tous ne fait pas de moi quelqu'un de moins bien. Tout cela est peut-être limpide pour certains depuis longtemps mais je suis nouvelle ici. Il y a peu de temps que j'ai découvert que l'approbation de l'autre n'est pas tout, celle de soi-même et de notre propre équilibre est toute aussi importante, plus importante même. Et tant pis pour le grand équilibre cosmique (merde alors). C'est ça finalement l'histoire, c'est à moi de me définir. Je n'ai pas à rougir de qui je suis. Demain je ferai la liste de mes défauts (dont la prétention et l'arrogance seront les têtes de liste) pour compenser ce trop plein d'amour de moi-même et ce manque d'humilité. Je ne cache pas qu'écrire cette petite bafouille a été très difficile mais je veux aller jusqu'au bout de la démarche. Il le faut, je me le dois. Je m'assume comme personne terriblement chouette. Na!

J'ai connu un garçon dont le poisson rouge changeait de couleur quand il était amoureux et à qui j'ai offert un vase pour mettre les compliments dont il ne savait que faire. Ce billet est pour toi mon ami.


vendredi 23 décembre 2011

Me, Myself and I


                            © Thierry Bingen

En lisant le blog d'une amie je suis tombée sur ce petit jeu du "qui suis-je", elle-même l'ayant pêché chez une autre bloggeuse, faisant elle-même le relais de cette petite (presque) tradition (etc, etc, ...). Passé le premier moment d'hésitation (c'est comme même fort nombriliste comme activité), c'est assez drôle finalement. A la lecture, je ne sais pas mais à la rédaction sûrement. C'est réducteur, incomplet, suffisant et j'aime bien ça. En quelques questions superficielles et quelques réponses brèves c'est intéressant de voir ce que l'on projette de soi ou ce que l'on aimerait projeter. Un instantané d'ici et maintenant. J'aimerais retrouver ceux du même genre que j'ai fait par le passé, les comparer et découvrir quelle part de moi ne peut se travestir. 

Les bases...
Prénom : Chloé.
Surnoms : Clo, Clopi, Clopinette, Lou.
Jour de naissance : 3 septembre.
Lieu de naissance : Bruxelles
Signe du zodiaque : Vierge.
Profession : fait dans le social
Mes signes (pas si) distinctifs...
Couleurs des cheveux : 20 ans de teinture au Henné...peut-être sont-ils chatain clair en réalité? 
Longueur : courts avec une petite mèche rebelle.
Couleur des yeux : bruns quotidien - noirs colère.
Caractéristique à mon avantage : un certain sourire en coin?
Piercings : les oreilles. Nez et nombril dans ma jeunesse.
Tattoos : non.
Gauchère ou droitière : gauchère comme on n'en fait plus!
Mon premier...
Meilleur ami : Marc, toujours un ami, devenu parrain de ma fille.
Récompense : les applaudissements de mes parents après ma première cuillère de purée?
Sport: Je devrais recevoir le prix de l'enfant la plus douée pour éviter toute forme de sport.
Véritables vacances : dont je me souvienne, le Sud (très chaud) de la France, la Bretagne et l'Algérie.
Concert: Serge Reggiani (mes parents n'avaient visiblement pas de baby-sitter ce soir là).
Mon préféré c'est...
Le film: Princess Bride.
Le TV Show: Dawson's Creek.
La couleur : noir.
La chanson : Lullaby - Dixie Chicks.
Le restaurant : "Cantine-Vino-Schiavi" - Venise.
Le magasin : Les choux verts.
Le livre : Le coeur sous le rouleau compresseur - Howard Buten.
Les chaussures : Camper / Birkenstock / All Star (sont tolérées Havaïanas, Kickers et UN modèle de Mephisto).
A ce moment précis...
Je me sens: enrhumée.
Je suis en couple ou célibataire : en couple.
Je bois : un caffè latte macchiato.
J'écoute : Kozmic Blues - Janis Joplin.
Je pense :  que c'est le dernier jour de crèche de ma fille.
Je regarde : mon chat qui me regarde.
Je porte : un pantalon de pyjama beige à carreaux, un hoodie bleu marine, une paire de birkenstock.
Dans le futur...
J'aurai des enfants: Et de un! Deux?  
J'aimerais me marier :  "oui"
J'ai un plan de carrière : d'un poussin devenir une poule? 
J'aimerais vivre:  pas trop loin de ceux que j'aime.
Je crois...
En Dieu : non.
Aux miracles : oui mais sans jamais totalement les dissocier du hasard.
Au coup de foudre: oui (testé et approuvé).
Aux esprits : de la nature?
Aux aliens: sur le mode Roswell, non.
Aux âmes soeurs : oui...
Au ciel : s'il est bleu.
À l'enfer : au boulot.
À s'embrasser au premier rendez-vous : avec ou sans alcool? 
En moi-même : j'en prends tous les jours la résolution...






dimanche 4 décembre 2011

Le verre à moitié plein de maman d'amour

© Chloé Bingen
Il faut savoir aimer la vie (oufti le programme! oui, aujourd'hui je suis audacieuse, j'ai la gueule de bois). Malgré les jours à vide, ceux où il est difficile d'empêcher le décompte des merdes ennuis et de se demander "pourquoi moi?", ces jours où Calimero est ton maître à penser. Les jours vides sont ceux où tu te laisses aller à la mesquinerie. Tu te rappelles les paroles qui blessent, qui agacent, les choses que tu aurais aimé répondre ou dire, que tu aies tort au raison. Ces jours là tu regardes la vie des autres et tu te demandes pourquoi la chance leur sourit à eux - qui n'en touchent pas une. Tu t'en veux aussi parce que c'est un jugement et que finalement même les cons ont droit au bonheur (dure réalité mais qui t'amène à penser dans les bons jours qu'on est toujours le con d'un autre et que donc la chance devrait tourner). Tu te dis que ça aurait été bien quand même si t'avais reçu ta dose avant eux. Tu te les ramasses à la pelle ces contrariétés et si t'étais croyant tu te dirais que vraiment Dieu t'en veut. Dieu merci je ne suis pas croyante. Tu t'en veux aussi parce que parfois tu ne te donnes pas les moyens de faire ce que tu veux et tu en veux aux autres de l'avoir fait (ils m'éééééénerfent ceux là qui ont les c*** que je n'ai pas).
La somme des contrariétés a cela de magnifique c'est qu'elle n'est pas restrictive. Toutes les petites choses que tu n'aimes pas peuvent s'y glisser, du portefeuille volé à des amis qui ne te rappellent pas, de ton grand-père dont l'état de santé fait écho au fait que rien n'est éternel et que ceux que tu aimes te quitteront un jour, à ces amis prêts à accueillir un enfant mais qui ne vient pas, de ce boulot qui te bouffe mais où tu ne veux pas prendre du repos parce que le retour sera encore pire, à tes voisins que tu hais parce qu'ils éveillent le pire en toi, ... Parfois ça ne te concerne même pas mais tu en fais ton problème malgré tout. Ces jours là sont ceux où tu es envahi (tadaaa!). Et dans les méandres de ton cerveau tu ne trouves plus le chemin qui te mène à la légèreté et à la distance. Et puis boum! Tu te repasses le film et cette fois tu te dis que c'est ça la vie. Il y a du pain noir au menu mais il y a du dessert aussi (avec ou sans fromage). Est-ce l'effet des mantras que tu as récités à perte ? (j'ai une valise pleine de proverbes dont j'use et abuse pour contrer le pain noir) ou une relativisation miraculeuse qui te fait dire que tu as beaucoup comparé à d'autres et que la vraie sagesse est d'en prendre conscience. Donc Boum! Là, l'oeil neuf tu regardes ces peines/soucis/chagrins/colères et tu te sens bien. Finalement, est-ce bien nécessaire de sacrifier une amitié sur l'autel du combat quotidien pour se parquer dans ta rue? Est-ce bien nécessaire de te faire tant de mal à constater que l'autre te fait tant de mal? Après tout l'autre se fout de toi et le temps que tu sacrifies à y penser, il/elle le passe à bien d'autres activités sans se soucier de toi... Tu te dis  - magnanime - que dans ta grande bonté tu es au-dessus de la mêlée et que tu ne veux pas perdre une minute de ton temps à être mesquin, à être chagrin. Boum! T'es reparti dans l'autre sens. C'est bien tous ces sentiments dégoulinants et ce regard un brin condescendant sur l'autre mais finalement après 45 minutes à tourner pour chercher ta place de parking, tu l'encastrerais bien ton voisin. Et c'te c*** qui te fait c*** tu lui sortirais bien ses 4 vérités. T'as envie de mettre ta coquille sur la tête et de crier bien fort "c'est trop injuste!". Dans ces moments là (si t'as pas l'effet Boum! inverse), arrête toi. Ouvre par exemple un livre de Pancol qui finit bien (essaie avant de dire que tu n'aimes pas!). On a tellement pris l'habitude que tout finisse mal que ça paraît toujours fleur bleue quand ce n'est pas le cas. D'autant plus si le héros est de classe moyenne (une tranche anonyme sans problèmes percutants). Arrête toi et fais toi un tchaï au coin du feu. Arrête toi et mets le dernier album que tu as reçu d'un ami (un collector limited edition quand même!). Tu peux même lire ton livre en buvant un tchaï avec Wallis Bird en fond sonore. Si tu n'as pas tout ça, que tu n'aimes pas le tchaï, Katherine Pancol ou Wallis Bird tu peux quand même t'arrêter et prendre le temps d'une respiration pour regarder ce qui t'entoure. Moi je vois des livres, des dessins d'enfants, une guitare, une tasse de café, un chat qui ronronne (et qui perd ses poils), une boîte de Dafalgan. Et là je dois faire un choix. Râler parce que mon cher et tendre ne met pas sa tasse au lave vaisselle? Râler en regardant la couche de poils de chat à aspirer? Se dire qu'on n'a plus 20 ans et que hier au bar c'était marrant mais ce matin ça craint? Ou?... Me réjouir parce que mon grand-père va mieux et qu'il parle avec passion du fond de son lit d'hôpital des livres qu'il lui faut encore écrire (et tant pis pour ceux et celles qui l'enterraient déjà!). Me réjouir d'avoir retrouvé des amis, autour de mojitos en cascade ou derrière une guitare! Ecouter ma fille chanter à tue-tête et en boucle "La-mère-Michel-mon-petit-lapin-promenons-nous-dans-les-bois-petit-escargot-bateaux-sur-l'eau-un-petit-canard-au-bord-de-l'eau-..."! Et entendre cette même cantatrice coquine te dire un lundi matin "tu es ma maman d'amour". Parfois, je dis bien parfois, c'est une question de remplissage. Un verre à moitié vide ou un verre à moitié plein. Ni démago' ni idéaliste je m'arrête 5 minutes sur les petits plaisirs de la vie, version bonne cuvée. Ca ne sauve pas tout et faut-il encore les voir mais parfois quand la valse des sentiments à chier t'emporte dans le tourbillon magique du moral à zéro, faut bien s'accrocher à quelque chose. Les petits miracles, les petits mots, les petits hasards qui n'en sont pas. Et puis quand t'as fait une accroche il ne reste plus qu'à lâcher prise (ah ben oui sinon tu vires pathétique) et te laisser porter par cet indéfinissable sentiment de bien-être, le temps qu'il durera. Prends ce qu'il y a à prendre. Si tu t'assieds c'est pour mieux repartir, pas pour te contempler le nombril (sauf si tu te sens particulièrement bien). Le pain noir revient de temps en temps sur la table, les verres se vident et se remplissent. Tu bois seul ou accompagné. C'est comme ça la vie. Dans toute son éclatante banalité. Loin de faire la morale, la fleur aux dents et le sourire aux lèvres, j'avais envie de partager mon verre à moitié plein - aujourd'hui - avec ceux qui le veulent. Santé!