lundi 20 avril 2015

16/52



A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: my wildflower
Alma: my golden child

Elles franchissent des caps, moi aussi. 

Here's the link to Jodi's 52 Project of the week. Enjoy!

dimanche 19 avril 2015

changement de ligne

Demain ma petite, ma toute toute toute toute petite entre à la grande école. 

Demain avec l'entrée à l'école de ma grenouille je change de ligne. 

Pour la première fois depuis des années, je quitte une ligne de bus que j'ai pris matin et soir pendant 16 ans. 

Pendant mes études, avec mon premier boulot, mon deuxième boulot et mon troisième boulot. Je l'ai prise pour revenir chez moi seule, aller et venir enceinte, aller chercher mes enfants, aller à l'école, à la crèche. Je me suis disputée sur cette ligne, j'ai chialé, j'ai eu des altercations avec les commandos de contrôle des titres de transports, j'ai vomi, je me suis pris une amende, j'ai étudié en dernière minute, rêvassé, trop bu. J'ai papoté, fait des rencontres. Pendant presque 16 ans, le même bon vieil arrêt, la même bonne vieille ligne. 

Je change de ligne et je dis au revoir à un quartier qui m'a abritée pendant 24 ans. Je l'aime ce quartier mais ce n'est plus le mien. Ce n'est plus là que je vis.

Demain matin je conduis ma petite, ma toute toute toute petite, pas si petite, à l'école et je partirai en métro. Je reviendrai en métro pour la reprendre. Tous les jours. Ce seront d'autres magasins, d'autres plaines de jeux, d'autres voisins.

Je change de ligne, je quitte un quartier. 

Ce n'est pas grave. Je dirais même c'est tout bête. Mais au détour de mon shampoing sous la douche, je me suis dit "bye bye Ixelles". Cette fois ci c'est la bonne. Cette fois on y est. Je ne serai pas loin, on reste copains (sauf avec le service des recettes communales).

Demain est un autre jour, pour de vrai. Et je me sens un peu excitée.

mercredi 15 avril 2015

Allo maman bobo

Oui, donc là je vais me plaindre - parce que c'est tout ce qui me reste. Ou comment pleurer m'a plus sûrement guérie que la visite chez le médecin.

Le drame médical qui m'occupe aujourd'hui prend sa source dans les 3 semaines qui l'ont précédé. Alors voilà, comme à mon habitude je me suis fait une bonne petite sinusite (à défaut d'une bonne petite cigarette). La doc - que j'adore, restons simple - m'a prescrit un poil de repos et de nettoyage nasal (soutenus par 600mg d'Ibuprophène). Surtout que ma tension était bien basse. Jusque là tout roule. On est le jeudi, j'ai déjà pris le mercredi. Je me dis qu'avec un bon vendredi et un sacré weekend l'affaire est pliée, la sinusite presque un mauvais souvenir. 

Oui mais. 

La ch'tiote gamine, ma grenouille, elle s'est dit que rien n'était trop beau pour sa mère et qu'une bonne petite gastro resserrerait les liens (pourtant pas du tout distendus) de notre amour et de ma machine à laver. Un p'tit 39°6 tout le weekend, des dodos avec maman pour mieux lui vomir dans le cou et des chiasses à gogo plus tard, elle va mieux, elle.

Oui mais.

La mère elle sent que ça ne va plus du tout. Alors retour chez la doc (toujours géniale, qui s'excuse de ne pas m'avoir remise sur pieds en une fois - je ris). Et là t'cheu dis, la tension continue de descendre, les sinus de se remplir et la mère de s'enfoncer. Je repars toujours plus pleine d'Ibuprophène, de certificat mais surtout d'injonctions massives de repos. Oui madame. Je repars chez moi où m'attend la ch'tiote à la chiasse. Et vlan que je te la mets à la crèche le lendemain, affamée de repos que je suis.

Oui mais. 

Cette semaine c'était la dernière de la crèche, un gâteau maison était attendu au programme ainsi que 4 séances dans la future école pour imprégner positivement la boule d'opposition qu'est ma grenouille. Ainsi donc s'envolent mes heures de sommeil matinal (en vrai j'ai quand même dormi!). Mais tout est bien qui fini bien parce que le weekend arrive, que l'enfant est imprégnée, que le gâteau est cuit, que la mamy a dépanné et que j'y crois!

Oui mais. 

Il y a la grande qui renifle. Fort. Et moi qui dit "Mouche toi!". "Non (qu'elle me dit) je vais renifler un grand coup et ce sera fini". Et donc 2 séjours chez les grands-parents, 4 appels téléphoniques à la pédiatre et 14 jours plus tard, ça coule, ça purule et l'elfe se mouche enfin ("tu as compris maintenant?"). Mais il est trop tard. Alors je passe mes journées à lui fourguer des recettes de grand-mère et mes nuits à rêver d'un médoc qui règlerait ce m***f*** de rhume en une seconde. "Dors" me dit mon corps. 

Oui mais.

3 semaines plus tard la sinusite ne m'a pas encore lâchée et je n'entends rien (pas même le cri déchirant de mon p'tit corps). Les oreilles maladivement bouchées je pratique le déni.

Oui mais.

Hier matin, un coup d'oeil à droite de l'oreiller me laisse entrevoir mon mec. Il est beau certes. Mais il a aussi cette tête. Ouais. Celle du gars qui a passé le cap des 39°5. Celle qui fait que tu peux souffrir de la pire gangrène, tu n'auras pas l'occasion de t'amputer tant que sa gorge ne fera plus bobo (en vrai il est vraiment malade!). A ce stade, la pharmacienne est ma meilleure amie, elle sait tout de ma vie et sa seule question par-dessus ses lunettes est de savoir pour qui je viens cette fois.

Oui mais.

Ce matin c'était juste plus possible, moi aussi j'ai la fièvre (tu penses samedi soir, NTM et tout mais non, juste la fièvre). Lui il va mieux, il est juste faible. Faisons l'impasse sur la nécessité de faire quand même les photos d'identités des filles, de courir chercher un justaucorps de danse, se perdre dans Anderlecht, faire le plein de fournitures scolaires et manger chez Ikea. A 14h la mamy a pris la main et je rentre en rampant chez moi (avec le sac Ikea sur le dos, en tram bien sûr). Là m'attend l'homme qui m'annonce fièrement que c'est une angine blanche qu'il a. Et qu'il va aller voir le doc. Je discours sur les angines blanches que je connais sur le bout des doigts, j'en ai tellement eu, je reconnaîtrais les symptômes sur le bout des doigts, blablabla. D'ailleurs. D'ailleurs... Merte! Je cours vers le miroir et là, bardaf!

Tu sais ce qui va avec angine blanche? C'est antibiotique. C'est con mais je me suis presque sentie mieux. Je me suis dit, c'est ta chance ma fille, ça va irradier tout ton corps, cramer ces salopes de bactéries, assommée tu vas dormir (fantasmes simples d'une mère malade). 1000 appels téléphoniques plus tard (oui bien sûr, la doc géniale est en vacances, ce serait trop facile) on boucle un rendez-vous médical en amoureux. 

Et là. 

Oh putain là.

Le doc de service il a participé à la création du monde. Il est tellement vieux que je me demande s'il peut encore pratiquer. Mais bon, je ferais tout pour un diagnostique officiel et du repos. Il inspecte Monsieur, il inspecte Madame et oui, on est malades pareil. "Un couple fidèle ma foi" commente-t-il. 

Et là.

Oh putain là.

Monsieur il reçoit le plein d'antibiotique (j'en ai les yeux qui pétillent, limite je touche le graal). On lui propose un certificat (inutile) et de bons conseils sur la saison des allergies. Madame elle reçoit que dalle. Oui parce que Madame elle ne peut pas prendre certains types d'antibiotiques, Madame est allergique. Et le docteur il n'a pas fait ses mises à jour. Alors il ne sait pas trop quel antibiotique pourrait me guérir sans me tuer. Alors Madame reçoit des aspirines et un bon spray pour la gorge ("rouge madame, très rouge, enflée"). Pas de proposition de certificat - inutile certes mais, tout de même, depuis la création du monde on peut supposer que les femmes travaillent aussi, non? Je lui dit que ça existe ces antibiotiques pour les gens comme moi, que j'ai oublié le nom, que j'en ai déjà reçu. Implacable il me répond qu'il vaut mieux ne pas traiter que de traiter en sous-dosage.

Et là.

Oh putain là.

J'ai plus dit un mot. Je suis remontée dans la voiture et j'ai chialé ma race. J'ai chialé trois semaines de sinusite, de gastro, de rhume surinfecté, de fièvre du mari et de tension à 9. J'ai chialé ma fatigue de mère, ma frustration de voir mon mec recevoir la prescription (pendant 1 millième de seconde je l'ai même détesté et jalousé), j'ai chialé ma rage. J'ai chialé tellement fort que je me suis rappelée le nom de l'antibiotique que ma généraliste me prescrivait pour éviter la pénicilline et les sulfamides. Ce nom, qui me restait sur le bout de langue dans le cabinet, me venait très clairement. Aussi clairement que son dosage. Et ses effets. J'ai tellement chialé que mon nez s'est débouché. Tadaaaaa! Pour la première fois depuis 3 semaines, les torrents de larmes m'ont permis de respirer.

Mon mec était prêt à prendre un deuxième rendez-vous médical pour que j'ai une prescription. Moi j'étais fatiguée et je n'avais pas envie de prendre le risque de tomber sur le confrère de Mathusalem. Il m'a proposé d'y aller seul et de prétendre son allergie. Il est adorable. Mais il est malade aussi. Alors on est rentrés et j'ai fait un gros dodo avec mon nez débouché et mes yeux tout gonflés. 

Un final j'ai gagné un stylo-bille et une crème hydratante à la pharmacie. Il paraît que ma tension est remontée aussi (mais est-ce qu'on enseignait la prise de pouls avant Jésus-Christ?).

J'ai aussi repensé à cet article, lu ce matin, qui dit que nous sommes des menteuses de mères en filles et j'ai souri (ou alors c'était un rictus?).

Demain est un autre jour.


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Alors faut pas se tromper non plus. Il n'est nul question de faire ici l'apologie des antibiotiques mais quand c'est nécessaire ça me va tout à fait. Zéro complexe. Pasteur is my friend. Et quand c'est une petite dame qui est limitée dans ses choix sur la question qui le dit, ça vaut parole. 

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Oui, bien sûr que j'ai essayé les tisanes, les huiles essentielles, les inhalations, les cataplasmes, la gousse d'ail, la pensée positive, le déni, la prière. Oui, bien sûr. On me la fait pas à moi. Hypocondrie forever!

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Enfin, si tu as de la chance...

lundi 13 avril 2015

15/52





A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Printemps.
Alma: Escargot maniaque.

Elles: Blues Brothers Sisterhood

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lundi 6 avril 2015

mo tapaïlaï maya garçu

J'ai lu récemment une lettre ouverte d'une femme à l'homme qu'elle aime. Elle y dépeignait en 41 points pourquoi cet amour était si profond et ce que cet homme lui apportait chaque jour. Il y était question de compréhension, de se grandir l'un l'autre, de partage, de respect mutuel. C'était très beau. Et tout de suite j'ai imaginé la lettre que j'écrirais à l'homme que j'aime et qui partage ma vie. Et très vite j'ai compris que je n'écrirais pas une lettre comme la sienne.

Ce n'est pas nous ça. 

Tu ne me comprends pas à travers mes silences.
Tu n'aimes pas tout ce que je suis.
Tu n'acceptes pas que mes colères dévastent tout, y compris notre amour.
Tu ne me pardonnes rien.
Tu ne m'excuses pas non plus. 

Et quand j'ai besoin que tu me rassures, tu me dis "tu sais bien que je ne fais pas ça".

Non tu ne fais pas ça. Tout ça.
Et tu n'es jamais vraiment d'accord avec moi. 
Tu me le dis.
Et je grandis. 
C'est ton refus de ne pas me laisser faire que j'aime.
Qui me ramène à moi.

Nos différences nous animent.
Cette découverte perpétuelle d'un autre dans lequel se lover sans jamais s'endormir.
Se lier toujours plus fort, pour mieux se libérer. 

Depuis toi je sais que personne ne peut faire pour nous ce qu'on doit faire pour soi-même.
Depuis toi j'ai pris le risque de me perdre et d'être perdue.

Je prends même le risque que tu ne comprennes pas ces mots, le risque que tu ne me lises pas.
Mais sans ça ce ne serait pas vraiment toi.

Et je ne t'aimerais pas.

dimanche 5 avril 2015

14/52



 A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Réflexion Pascale sur l'oeuf.
Alma: dit "il est choli mon jadin".

Elle danse, elle campe, elles m'amusent. 

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dimanche 29 mars 2015

13/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Boule de Berlin.
Alma: Serge Lama saison 2015.

Elles se lèvent à l'aube pour mieux se recoucher dans le canapé.

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jeudi 26 mars 2015

12/52



A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: L'idée derrière la tête (mais je ne vois que ses yeux).
Alma: Un soleil sauvage (mais j'ai l'image d'une licorne).

Elles ne mangent pas le chat (on a blurry morning).

mardi 17 mars 2015

11/52

A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Elle est partie tout le weekend, elle est revenue, elle me raconte.
Alma: Elle est partie tout le weekend, elle est revenue, ses cheveux poussent. 

Elles sont parties tout le weekend chez les grands-parents. J'ai vite fait un portrait à leur retour, avant que la batterie de mon appareil ne me lâche, me signifiant peut-être que c'était tout pour aujourd'hui, que le reste ne devait pas se regarder au travers de la lentille, qu'elles devaient se contempler au travers de mes bras et mes baisers.

Here's the link to Jodi's 52 project of the week and let's welcome her precious newborn, Percy.



dimanche 8 mars 2015

10/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Elle plante des graines. 
Alma: Elle fait sa demoiselle ces derniers jours.

Elles prennent de la hauteur. 

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dimanche 1 mars 2015

9/52



A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Elle n'a qu'une fossette. 
Alma: Elle accepte le regard de l'objectif.

Elles sont mesmerisées par Scooby-Doo.

dimanche 22 février 2015

8/52



A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Elle aime que je photographie l'expression d'une émotion, aujourd'hui elle est 'contente'.
Alma: Prise la main dans le sac.

Elles adorent les oeufs surprise. Surtout les surprises. 

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dimanche 15 février 2015

7/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Elle est revenue et déjà repartie, elle m'a manqué et elle me manque déjà. 
Alma: "Petit chat perdu" la laisse pensive. 

Elles m'illusionnent.

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dimanche 8 février 2015

6/52



 A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Elle se prépare pour le voyage scolaire.
Alma: Mademoiselle Dali.

Elles sont des mangeuses de frites. 

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mardi 3 février 2015

5/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Elle sait rire.
Alma: Quelqu'un ne veut pas être prise en photo.

Elles apprennent à cuisiner en regardant leur père. 

vendredi 30 janvier 2015

L'histoire de Daa

Pour ma "soeur" qui m'a choisie et m'a reconnue dans ce qui fait toutes nos différences et ce qui nous unit.

Il y a quelques semaines je me rendue à une messe, veillée funèbre, à la mémoire de la grand-mère d'une amie. Elle m'avait invitée à rejoindre sa famille et ses proches pour prier et commémorer. Nous étions trois amies à nous y rendre ensemble. Il y avait beaucoup de monde.

Il y a eu de très beaux chants et de nombreuses interventions familiales et liturgiques. On nous a raconté l'histoire de Philomène dite Daa. C'était une femme de caractère. C'était une belle femme. Ouverte et généreuse, elle a élevé ses enfants et les enfants de ses enfants. Elle les a portés sur le dos, sous la chaleur, au marché. Elle a chanté pour eux, elle les a bercés. Elle a su les guider. Elle a partagé son foyer avec d'autres femmes. Elle était croyante, une fervente servante de Dieu. Elle était humble mais l'hommage qui lui a été rendu était vibrant et la peine à son départ est intense, immense. Dans un dernier souffle ses mots ont traversé les océans qui la séparaient de ces enfants devenus grands.

Après, on a bu des jus de fruits et du café. On a mangé des beignets salés et sucrés. On a dit bonjour un nombre incalculable de fois, serré des mains, baisé des joues et on a ri.

Est-ce que mon histoire serait différente si je dis que mon amie est togolaise? Que dans les veines de Daa coulait aussi du sang danois? Que je ne suis pas croyante, que j'étais accompagnée d'une belge de confession musulmane et d'une amie que je ne pourrais - même si je le voulais - faire entrer dans une case. Est-ce que l'émotion serait amoindrie si je dis que je ne connaissais pas Philomène, mamy, Daa, la belle femme à la forte croyance et au grand coeur? 

Ça n'a pas d'importance, pour moi. L'amitié n'a ni couleur, ni frontière, ni foi. N'en déplaise aux heures sombres. Belle Daa, merci à toi.


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Daa

lundi 26 janvier 2015

4/52

A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Reine des neiges
Alma: Bibendum des neiges

Elles sont pas peu fières. 

dimanche 18 janvier 2015

3/52



A portrait of my children, once a week, every week in 2015

Lola: mon adolescente de 5 ans et demi.
Alma: Chamois d'Or.

Elles font du pain perdu, avec plus ou moins d'enthousiasme. 

vendredi 16 janvier 2015

ceci n'est pas un débat

Pour une mouette qui ne cesse de rire avec moi

S'il y a un truc que je n'aime pas (trop souvent) faire sur mon coin de la toile c'est de réagir à l'actualité brûlante. Alors après le drame de "Charlie Hebdo" je me suis dit que je n'écrirais pas là-dessus. Non, je ne vais pas parler de Charlie Hebdo ici. Mais si tu es curieux je peux te raconter mes anecdotes sur ma relation avec Charlie et pourquoi je suis triste, ailleurs, une autre fois. Il y a des tas de gens qui écrivent sur Charlie, même si cette fois je n'ajouterai pas "beaucoup mieux que moi". Je ne le fais pas parce que ce n'est pas ce qui m'agite. Bon si ça m'agite en vrai mais ce n'est pas l'histoire que j'ai envie de conter. Cette histoire est celle  qui me tient éveillée la nuit et me donne parfois envie de pleurer sur le chemin du boulot (mon mec dit que ce sont les musiques déprimantes de mon iPhone, le doute est permis).

J'ai lu comme tout le monde la pléthore d'articles d'opinions, d'analyses, de critiques et de soutiens. J'en ai trouvé de fort intéressants que je me suis permis de partager via le réseau social. Je n'ai pas tranché ma position c'est vrai. J'ai trouvé que certaines critiques de Charlie avaient une place dans la réflexion tout comme les réflexions sur les racines socio-économiques amenant des jeunes, aujourd'hui adultes, à devenir des fanatiques meurtriers. Oui, je partage aussi l'idée que les politiques nationales et internationales ont une part de responsabilité. Le débat ouvert par ces meurtres est large et les angles d'analyse multiples. Je ne me cantonne pas aux appartenances religieuses, je parle aussi des classes sociales et des orientations philosophiques ou d'autres encore. La liste est longue. Oui bien sûr les communautés se sentent visées, les juifs, les musulmans et puis les libres penseurs qui défendent la liberté d'expression. Et aucune de ces communautés n'a vraiment tort (indice : si je faisais un débat ce serait un élément de réponse).

Là où le bât blesse, c'est que si l'échange est parfois resté stérile il a aussi parfois méchamment dérapé. Ce débat était entre amis et j'ai dû lire des choses qui m'ont atteinte au coeur. Parce que voyez-vous, je suis un peu antisémite semble-t-il. Un peu islamophobe. Un peu conne. Un peu trop engagée. Un peu trop à gauche. Un peu méchante. Un peu aveugle. Un peu intolérante. Un peu injuste. Bon. Moi je me sens  surtout énormément, profondément, durablement blessée et touchée dans mes convictions les plus intimes.  

Moi je croyais que les gens qui m'entouraient étaient avant tout des amis. Mais voilà depuis quelques jours je prends conscience que je ne suis pas juive, je ne suis pas musulmane, je ne suis pas française ni arabe, je ne suis pas croyante. Je croyais que j'étais Charlie, avec des tas de Charlie comme moi. Mais non. Je suis peut-être l'amie mais pas tout le temps, pas en temps de crise. Là, chacun rentre dans sa petite case. Les portes claquent, les amis FB sont supprimés, les articles et les commentaires effacés. Et je reste toute seule avec ce profond désir de dire et redire que nous sommes tous frères. Que les croyances n'importent pas, ni la couleur ni l'origine. Je suis Charlie mais je suis aussi naïve dirait mon mec.

Alors en lieu et place d'arriver à faire entendre mon insignifiante voix, de faire entendre qu'il faut refuser les stigmatisations et le jeu politique, qu'il faut refuser de fermer nos portes et nos coeurs, j'ai passé un temps infini à écrire une longue liste des "non je...". Je ne sais plus ce que je veux dire parce que je ne suis finalement jamais arrivée à le dire. Je me suis fait tirer dessus de toutes parts (symboliquement, j'ai eu de la chance). Je crois que c'était un truc du genre "je ne partage pas vos croyances mais je les respecte, tâchez de faire de même avec ma liberté et mes valeurs" ou "je partage vos peurs mais je ne veux pas nourrir la psychose ambiante, terreau fertile aux abus". "Je veux comprendre". Je n'ai jamais voulu convaincre ceux qui m'entouraient du bien fondé de ma position mais plutôt tenter d'offrir des pistes de dialogues. On ne peut réclamer le droit de se faire respecter si on ne laisse pas ce droit à l'autre. Enfin comme on dit, ma liberté s'arrête... et tout ça quoi. Une nouvelle fois j'ai goûté à l'amertume de ne pas faire partie d'une communauté, d'une religion, d'une case prédéfinie. Moi je trouvais ça pourtant formidable d'être libre.

On ne sera pas sous le feu nourri des kalachnikovs ni des médias en continu et ces amis redeviendront mes interlocuteurs du quotidien mais la trace reste. La tache. Ce moment où j'ai entrevu que les liens ne résistent souvent pas à la peur et au communautarisme de tous poils. Je peux sans doute aimer tout le monde mais tout le monde ne veut pas de mon amour inconditionnel. Et beaucoup me demande de choisir. Pas en ces termes bien sûr, en voulant plutôt me faire entendre raison, à tout prix. Et j'entends et je lis. Et je tente de comprendre, de faire du lien et mettre du sens, pour eux et pour moi.

Mais je ne choisis pas. Mon coeur est fidèle à mes principes. Je continue d'aimer et de militer, même si mes positions m'opposent parfois à certains qui seront aussi ceux que je voudrai protéger demain. Je ne veux pas choisir. Choisir c'est renoncer. Je m'y refuse parce que je crois en un idéal d'égalité et de fraternité. Certains diront que c'est une utopie, moi je dis que sans projet on ne va nul part. Refuser de participer à l'érosion de l'union c'est un début.
 
Bon demain je vais m'acheter un grand drap de lit blanc et une paire de sandales. Ou alors je m'isole sur une île pendant 27 ans et quand je reviens je tends la main à ceux qui m'ont offensée (j'ai pas dit pardonner hein). Je vais pas me voiler la face, je ne suis ni Gandhi ni Mandela. Est-ce que je peux encore dire que je suis Charlie? Charlie il se cherche. Et quelqu'un m'a dit (non pas Carla) que se chercher, se trouver, se connaître c'est le travail d'une vie. Je me demande pourquoi il y a tant de chômeurs alors.

lundi 12 janvier 2015

2/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: la goutte qui fait parfois déborder le vase, malgré elle. 
Alma: elle ne perd jamais une miette de la goutte.

Elles sont les héroïnes de mes chroniques de salle de bain.