mardi 22 décembre 2015

51/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Elle s'accorde.
Alma: Elle aime la compagnie pour manger. 

Pre school morning routine.

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Et parce que c'est bientôt Noël, some director's cut!

lundi 14 décembre 2015

Comptine de la mère

Je suis la méchante maman.
(Alma et Anna Mahler)
Je suis la plus pire des mamans. 
Je suis moche. 
Je suis grosse.
On ne m'aime plus.

Je suis le roc contre lequel se jettent mes filles.
Pour s'assurer qu'on peut le faire.
Pour s'assurer que l'amour tiendra.
Pour s'assurer qu'on en vaut la peine. 

Je suis les mots qui font grandir.
Je suis les bras qui rassurent.
Je suis le doigt qui sèche les larmes. 
Je suis le baiser magique qui guérit toutes les peines. 

Je suis la plus gentille des mamans.
Je suis la plus belle maman du monde.

Je t'aime. Tu m'aimes.
Moi plus que toi.

*********

Aussi,
Je ramasse les chaussettes et les culottes.
Je lis et relis.
J'écoute à en perdre les oreilles.
Je lave, je frotte, j'essuie.
J'écoute encore.
Je déchiffre.
Je comprends.
J'ai la patience.
Je range.
Je re-range.
Je range encore.
Je réponds.
Je répète. 
J'endors le soir.
J'embrasse le matin.
Je ris (et tu ris avec moi)
Je cours.
Je tiens les petites mains sales au creux des miennes.
J'essuie les nez.
J'apaise la fièvre.
Je berce la nuit.

Et je recommence.

50/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Ma délicatesse.
Alma: Ma' Louis.

Elles se photobombent l'une et l'autre.

mardi 8 décembre 2015

49/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Elle ne veut plus être une fille-princesse. 
Alma: Sur tous les fronts.

Dancing Queens. 


dimanche 29 novembre 2015

48/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Trois points de suture, un diplôme de courage et toujours aussi belle. 
Alma: Elle est prudente, un lockdown de la ville niveau 4 quand même! 

Il y a des larmes que seule la grande soeur est habilitée à consoler.

mardi 24 novembre 2015

47/52


A portrait of my daughter, once a week, every week, in 2015

Lola: Cette enfant a soif d'apprendre. 
Alma: Inverted Johnny Cash (todi son père)

Ces deux mains enlacées c'est juste... c'est trop quoi!

dimanche 15 novembre 2015

46/52



A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: La classe de bébé. 
Alma: Plasticine, Scooby Doo, poupées et galettes de maïs - les basiques du samedi après-midi. 

Où qu'elles aillent mais dans un train d'enfer.

samedi 14 novembre 2015

#JeSuisPerdue

Après les attentats à Charlie Hebdo j'ai affiché que j'étais Charlie. A l'époque une amie m'a demandé  "et demain tu seras quoi?". C'était finalement une assez bonne question. 

Avant Charlie j'étais des tas de choses. Avant que l'indignation solidaire ne devienne une marque déposée, je me sentais libre d'être ce que je voulais. Je n'avais ni gradations dans mes indignations ni priorités. Après Charlie j'ai continué à être des tas de choses mais avec des nuances dans mes libertés. Avec cet organe de com' bien huilé qu'est devenu le #JeSuis, les convictions se sont diluées dans un phénomène de masse qui les a rendues aussi pauvres que ridicules. Les #JeNeSuisPas ont fleurit. Que dire quand aujourd'hui ce sont les #Prayers qui ont pris le pas.

#JeSuisPriseDeStupeur parce que Paris est ma voisine, parce que Paris me ressemble. #JeSuisProfondémentDésolée pour les familles endeuillées et touchée par le fracas intérieur dans lequel se sont réveillés les survivants.

Mais. 

Je ne suis pas Paris. Nous ne sommes pas tous Paris. Je n'ai pas besoin d'être Paris.

Nous ne sommes pas tous le Liban, ni les enfants Syriens, ni les réfugiés qui survivent ou meurent chaque jour sur les côtes de Lesbos, ni Gazaouis, ni Grecs, ni le Musée Juif de Bruxelles, ni homosexuels, ni condamnés à mort, ni Burundais. Ni eux, ni tous les autres. 

#JeSuisEnColère parce que j'aimerais que cette violence ne nous paraisse pas moindre quand elle est si loin de nous le reste du temps. La stupeur des parisiens est celle de millions de personnes au quotidien. 

#JeSuisInquiète. Le drame n'a qu'un temps et la réflexion sur ses causes est encore plus brève.

Ce matin j'ai perdu mon dièse et je ne suis plus solidaire d'un peuple. 

Ce matin je suis solidaire du genre humain.
Ce matin je ne suis personne à moins d'être chacun. 

dimanche 8 novembre 2015

45/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Dessiner, parler, penser, créer.
Alma: Sa fossette. Ma fossette.

Elles parlent le langage des soeurs.

lundi 2 novembre 2015

44/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: All Hallow Eve
Alma: Fièvreuse boudeuse

Elles étrennent les nouvelles peintures à doigts, aux pinceaux. Bien sûr.  



mardi 27 octobre 2015

The Peace of Wild Things

When despair for the world grows in me and I wake in the night at the least sound in fear of what my life and my children's life may be, I go and lie down where the wood drake rests in his beauty on the water, and the great heron feeds.
I come into the peace of wild things who do not tax their lives with forethought of grief.
I come into the presence of still water.
And I feel above me the day-blind stars waiting with their light.
For a time I rest in the grace of the world, and am free.

"The Peace of Wild Things" 
Wendell Berry

lundi 26 octobre 2015

D'une pièce à l'autre

Ce weekend j'ai été à la traditionnelle réunion d'automne. Celle où une de mes branches se réunit pour fleurir la tombe de nos aïeux et boire quelques bulles.

C'est un moment de douce amertume. Où la joie des retrouvailles se mêle à une certaine tristesse. De ces moments où la force de l'émotion a un goût de mélancolie. De ces moments où les absents, connus et moins connus, nous rappellent la finitude des choses. Mais aussi la force de la mémoire et du lien.

Dans La Maison Vide je racontais mon infinie tristesse de voir la porte se refermer sur la maison de mon enfance et le deuil de mes grands-parents. L'acceptation de la perte est un travail difficile, insupportable et sans doute impossible pour partie.

Pourtant.

Le temps s'écoule et cette maison dont le silence me faisait si peur fourmille maintenant de mille bruits. Ceux de ma famille. Cette maison, devenue mienne, bruisse d'une nouvelle histoire. 

Parce que la perte nous laisse avec un vide devant les yeux, il faut apprendre à regarder autrement. Je ne suis plus (que) la petite fille. Je suis l'adulte qui veille sur les enfants. Je suis l'adulte qui prépare l'apéro. Je suis l'adulte qui va chercher les pistolets du dimanche. Je suis l'adulte qui entrouvre la fenêtre. Je suis l'adulte qui prend le relais. Je suis l'adulte qui va fleurir les tombes et qui apprend les anecdotes pour à mon tour les transmettre.

Je suis de la filiation. Je suis de la transmission. Je pose la question du sens pour moi et ceux de demain. Le poids de la charge et la fierté apaisante d'être un passeur.

Je suis rentrée chez moi et j'ai respiré très profondément, le coeur gonflé d'émotions contradictoires et enivrantes. Puis j'ai dormi.


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Parfois, au détour d'une pièce, j'entends le bruit léger et cristallin de mes souvenirs d'enfance. Comme des rayons de soleil qui se reflètent sur la surface de l'eau, légèrement aveuglants. Puis ils disparaissent, emportés par les rires de mes enfants et le bruit d'une vie.

Dans la maison vide il y a l'écho du temps qui passe et qui ne se ressemble pas.

dimanche 25 octobre 2015

43/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Parfois éthérée.
Alma: Petite bouche à bisous.

D'elles je ne me lasse pas.

Enjoy Jodi's 52 Project of the week!

mardi 20 octobre 2015

Despicable me

Parfois on rencontre un cheval de Troie.

Celui qui est à l'intérieur sans qu'on l'ait invité ou parce qu'on a été assez curieux pour le laisser entrer.

Il faut savoir reconnaître son cheval de Troie. Et puis se demander.

Je fais quoi?
Pourquoi ce cheval là?

Se demander ce qui peut nous faire si peur chez l'autre et chez soi. Se demander si finalement on peut tenter la confiance. Avec le risque de perdre le pari. Et d'ériger des barrières toujours plus hautes. Parce que je ne sais toujours pas quand on peut dire que l'autre n'est plus un cheval de Troie mais simplement un autre.

Bref, j'en conclu que moi, je suis comme Gru (une suite logique du Grinch side of life).

Et si je dis que je suis moche et méchante, fais moi plaisir, crois moi. Fais semblant de me croire. Fais moi plaisir, ne sois pas mon cheval de Troie.

Je ne le supporterais pas, je ne saurais pas quoi faire de moi.

dimanche 18 octobre 2015

42/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Elle fait ses devoirs. 
Alma: Elle a toujours plus de sacs que de chaussettes. 

Elles prennent la pose. Ou pas. 

mardi 13 octobre 2015

41/52



A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: cette nuque si délicate
Alma: Little Miss Perfect

Elles papotent sur le chemin de la maison, Alma présente Jules - la mascotte en weekend chez nous - à Lola. De grandes responsabilités et de petites filles.

lundi 5 octobre 2015

40/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Une militante dans l'âme, sitting pour un Kinder Surprise. 
Alma: Fille à papa.

Elles ont fait une surprise à maman, elles lui ont fait "peur" (cris inclus).

Enjoy Jodi's 40/52 portrait!

mardi 29 septembre 2015

39/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: elle préfère les cheveux dans le vent.
Alma: Une poupée dans ma maison.

Tous les matins, une petite histoire avant de prendre le déjeuner et le chemin de l'école. 

mardi 22 septembre 2015

(pssst)

Je n'écris plus. Ce n'est pas une question cette fois (j'ai déjà répondu à ça ici). J'écris beaucoup dans ma tête mais je ne trouve jamais le temps de poser les mots sur le clavier. Je me trouve surtout des excuses. Ces derniers temps (jours? semaines? mois?) je me promène un peu trop dans des territoires inexplorés, loin, très loin, profond, très profond. Là où mes pensées s'égarent. C'est un voyage que je n'aime pas et dont je reviens épuisée. Alors tout me paraît vain. Vide de sens. Et je ne vois plus très bien comment ou pourquoi mettre des mots. Écrire me demande de traduire des émotions et prendre conscience. C'est comme inventer du réel. Alors je n'écris pas. Je me protège. (ça s'appelle la peur). Mais les mots continuent de venir et parfois ils s'échappent. Ils coulent de mes doigts. Comme des gouttes sur le clavier. J'aimerais que ce soient des perles. Venues de pays où il ne pleut pas.

38/52



A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: depuis la rentrée scolaire, même le monde imaginaire est prié de faire ses devoirs. 
Alma: Des papillons, des collages, des tatouages. 

Elles tissent leur complicité.

lundi 14 septembre 2015

37/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Elle est une parfaite petite ménagère - pour ses poupées.
Alma: Elle a eu 3 ans.

Elles font toujours la paix pour Scooby Doo.

mardi 8 septembre 2015

36/52


A portrait of my children, once a week, every week, in 2015

Lola: Première primaire
Alma: Motricité libre

Elles: Just a little bit closer

dimanche 6 septembre 2015

Tesa et moi

Alors voilà. Ma toute petite grande est entrée en première primaire. Et ma toute toute petite en
première maternelle. Et moi dans un autre monde. 

Ce matin du 1er septembre, ma grande m'a parue toute petite. La cour m'a parue très grande. J'ai vu dans les yeux de ma toute petite souffler un grand vent d'inquiétude. C'est que voilà, pour des raisons toutes plus raisonnables les unes que les autres elle a changé d'école. Et tout ce matin là était nouveau. Pour elle et pour moi. Quand elle a monté l'escalier pour rejoindre son groupe et sa titulaire, elle pleurait avant même la dernière marche. Elle m'a parue vraiment petite et son cartable vraiment grand. Et son institutrice vraiment gentille. Avec elle et avec moi.  J'ai eu le coeur tout serré. Et si je me répétais les mots que je lui avait dit ce matin là, je sentais aussi que ce ne serait pas suffisant. Là, je me suis dit que finalement elle n'irait pas à la garderie cette première semaine et que je serais devant la porte de l'école à 15h20 - non mais franchement je croyais quoi? C'est là que je me suis vue dans son ancienne école où elle ne m'aurait même pas calculée ce jour de rentrée, elle serait partie en courant avec ses copains de toujours et son amoureux. Je me suis dit que j'étais une mère de merde et ces raisons toutes plus raisonnables les unes que les autres m'ont parues superficielles et secondaires. J'ai serré très fort la main du père et j'ai fait de grands signes avec l'autre à ma chouquette qui avait sa tête de veau qui part à l'abattoir. On a un peu rit tous les deux mais c'était pour pas chialer. La pause tendresse c'est fini - range ton mouchoir.

Après 4 jours, je peux déjà tirer quelques conclusions trop hâtives et partiales (d'où leurs intérêt!). Les devoirs avec la grande, ça ne sera pas aisé, "Nan mais heuuuuh, je sais ça va hein! Si tu continues à me parler je fais plus jamais rien de ma vie!". A l'aise. Vivement l'étude!  Elle sera (évidemment) première de classe (première dans le rang, assise au premier rang, n'aime pas que sa copine bavarde trop en classe). C'est un prodige vous l'aurez compris. Psycho-rigide comme sa mère. La petite elle a progressé depuis la classe d'accueil, la première chose qu'elle me dit à 15h15 c'est "j'ai-pas-tapé-j'ai-pas-poussé". L'année passée c'était "j'ai-pas-pleuré". Forcé qu'elles étaient les plus belles dans la cour de récré (et ce 4 jours consécutifs - j'étends donc cette statistique directement à toute l'année scolaire pour ne pas perdre de temps). Malgré les commentaires avec les-yeux-qui-roulent d'autres parents sur la future institutrice maternelle de ma toute toute petite, toujours rien à signaler au J4. Voire même je suis contente. Est-ce que cela tient au fait que dans sa classe il y a le même poster que celui qui a trôné sur la cheminée de ma chambre d'enfant? Au fait que même les mamans avec une grande gueule apprennent à la fermer avec les personnes qui ont la charge et la responsabilité de la prunelle de leurs yeux?  Qui sait.

En vrai, mes préoccupations majeures concernant cette rentrée ont surtout pu se déployer ce matin quand je me suis lancée dans la couverture des cahiers. Mon premier taf officiel de mère-d'une-enfant-en-primaire. Armée de papier cadeau (choix de l'enfant) et de papier Tesa, j'étais hyper motivée! Spoiler Alert: C'EST UNE DISCIPLINE DE RECOUVRIR DES CAHIERS! J'ai sué. J'ai tout arraché pour tout recommencer. J'ai failli chialer de frustration. A un moment je me suis même demandée si je venais d'hypothéquer l'avenir en maths de ma fille en massacrant son manuel. Je me suis dis aussi que si la prof lui demandait si on avait des chats je me pendais. Oui, il y a des poils de chats collés sous le papier Tesa. Et il n'y a pas de bulles, il y a des lignes. Et les cahiers ne se ferment plus tout à fait comme avant. J'espère que les qualités de ma fille ne seront pas jaugées à la lumière des miennes. J'avais le hastag #MotherFails qui clignotait en lettres rouges dans la tête. Je suis épuisée (et ça n'a rien avoir avec cette excellente bouteille de 1er Côtes de Blaye d'hier soir). Dieu merci le père avait pris la précaution d'emmener les enfants faire la récolte au potager pendant cette épreuve de force. Pas de témoins, pas de crime.

Demain il y a l'étude pour la grande, dîner chaud et garderie pour tout le monde. Le rythme s'installe. Les filles aussi. Môman est au taquet (surtout sur le journal de classe, je ressens, je l'avoue, un plaisir coupable à signer les avis).

Je me réjouis en cette période troublée que mes filles aient la chance de pouvoir se rendre à l'école et d'avoir tout le matériel dont elles ont besoin. Je me réjouis qu'elles n'aient pas 2 jours de marche à faire mais juste 5 minutes. Je me réjouis de savoir qu'elles bénéficient de l'attention nécessaire pour déployer leurs qualités et découvrir de nouveaux savoirs sans avoir à se préoccuper de leur survie. Elles mangent chaud à midi et ont deux collations sur la journée. Elles sont portées par les bras de leur père et récupérées par ceux de leur mère. Tous les enfants du monde n'ont pas cette chance. L'école est un instrument pour la paix, je suis heureuse qu'elles puissent apprendre à en jouer.